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01-11-2001

Mélatonine et cancer

La mélatonine est une hormone, produite par la glande pinéale, qui est présente dans toutes les formes de vie végétale ou animale de la planète. La supplémentation en mélatonine est utilisée pour réajuster ou stabiliser les habitudes de sommeil, notamment, en cas de voyages avec un décalage horaire important. En 1993, une étude du MIT révélait que la mélatonine était une aide efficace pour retrouver le sommeil et, à partir de 1994, elle a été largement utilisée par les voyageurs, les personnels navigants des compagnies aériennes et des personnes sujettes aux insomnies. Plus récemment, elle a été proposée pour améliorer la qualité du sommeil. La mélatonine a également été utilisée pour soutenir le système immunitaire dans sa lutte contre les infections bactériennes et virales, pour réduire le risque de maladie cardiovasculaire, réguler les biorythmes, prolonger la longévité, stimuler la sexualité et la libido et protéger contre les lésions de l'ADN susceptibles de conduire à un cancer. Une revue de la littérature a identifié un total de près de 100 études humaines. 50 d'entre elles évaluaient la mélatonine comme traitement additionnel du cancer, les autres comparant les niveaux endogènes de mélatonine chez des patients souffrant de cancer. Des résultats de recherches récemment publiés, certaines montrant un plus faible risque de cancer chez des femmes aveugles, d'autres un risque plus élevé chez des femmes travaillant la nuit, renforcent l'intérêt des scientifiques pour le rôle de la mélatonine dans le développement et le traitement du cancer.
Cécité et risque de cancer

Une récente étude montre que des femmes aveugles ont un plus faible risque de cancer du sein que des femmes ayant une vue normale. Cela pourrait être expliqué par le fait qu'elles ont des niveaux de mélatonine nettement plus élevés.

Des chercheurs du Registre des Cancers du Danemark ont suivi le cancer du sein chez plus de 15 000 femmes ayant des troubles de la vision, 400 d'entre elles étant complètement aveugles. L'analyse a montré que les femmes complètement aveugles avaient 36% moins de risque de cancer du sein que des femmes ayant une vision normale(1). Cependant, les femmes qui avaient une vue simplement altérée sans être totalement aveugles ne montraient pas de preuve d'effets protecteurs similaires. Le Dr J. Kliukiene a souligné que ces résultats apportaient un soutien à l'hypothèse d'un rôle joué par la mélatonine dans le développement du cancer.

Après avoir été sécrétée par la glande pinéale, située dans le cerveau, la mélatonine déclenche un vaste éventail de processus biochimiques. L'un des plus importants est une réduction de la production d'œstrogènes dans l'organisme. Indirectement, cela pourrait réduire le risque de malignité.

Au cours de ces vingt dernières années, des chercheurs ont exploré l'hypothèse selon laquelle l'exposition pendant la nuit à la lumière artificielle brisait l'équilibre naturel mélatonine/oestrogènes, résultant en moins de mélatonine qu'il ne devrait y avoir et davantage d'œstrogènes. L'effet évident est une augmentation du risque de tumeurs oestrogéno-dépendantes comme le cancer du sein. Par définition, les femmes aveugles, ne sont pas réceptives à la lumière. Dans les années 90, les chercheurs ont pensé que toute personne ayant des yeux incapables de détecter la lumière devrait être résistante aux cancers oestrogéno-dépendants. Le Dr Robert A. Hahn, du Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies d'Atlanta,
a combiné les statistiques d'une étude nationale sur les femmes hospitalisées entre 1979 et 1987., incluant 11 700 femmes avec un cancer du sein. Il a découvert que les femmes aveugles avaient moitié moins de risque de développer un cancer du sein que celles ayant une vision normale.

D'autres études, en Europe comme aux Etats-Unis ont amplifié le lien entre l'exposition à la lumière pendant la nuit et le déséquilibre de la mélatonine et des oestrogènes avec pour résultat une augmentation des cancer, spécialement des cancers du sein. Cette dernière étude du Danemark suggère que ces femmes maintiennent une production élevée de mélatonine pendant la nuit, sans lien avec les conditions extérieures de lumière, et sous-entend que c'est un mécanisme protecteur unique. Ces résultats suggèrent également qu'il pourrait être utile d'explorer si l'augmentation des niveaux de mélatonine par une supplémentation chez des individus ayant une vision normale pourraient apporter des effets bénéfiques.

Travail de nuit et risque de cancer

Selon deux études publiées dans le numéro d'octobre du Journal of the National Cancer Institute, le risque de cancer du sein, augmenterait de 8 à 60% chez les femmes travaillant la nuit depuis plusieurs années.
La première étude, réalisée à partir de questionnaires provenant de 78 562 femmes participant à la Nurses' Health Study rapporte que les femmes travaillant depuis 30 ans et plus en service de nuit, avec au moins trois nuits de travail par mois, avaient un risque pratiquement 40% plus important de développer un cancer du sein que des femmes travaillant dans des horaires normaux de 9 à 17 heures. Une augmentation du risque de cancer du sein de 8% était trouvée chez les femmes travaillant de nuit depuis moins de 30 ans.

La seconde étude a exploré le passé de travail de 763 femmes avec un cancer du sein et de 741 femmes sans la maladie. Les chercheurs ont trouvé que les femmes qui avaient travaillé régulièrement en service de nuit pendant trois ans ou moins avaient 40% plus de risque d'avoir un cancer du sein que celles qui n'avaient pas effectué de tels services. Pour les femmes travaillant de nuit depuis plus de trois ans, le risque relatif atteignait 60%.

Les raisons précises de l'augmentation du risque de cancer avec le travail de nuit ne sont pas vraiment comprises.

Des études ont montré que l'exposition durant la nuit à de la lumière vive diminue la production de mélatonine. Chez les femmes, cela conduirait à une augmentation de la production d'œstrogènes et une élévation des niveaux d'œstrogènes a été associée au risque de cancer du sein. L'un des chercheurs, Davis, suggère que chez les hommes travaillant de nuit, des changements dans les niveaux de mélatonine pourraient également augmenter les risque de certains cancers hormono-dépendants. Mais aucune étude n'a encore été réalisée sur ce sujet.


Références

- 1 Kliukiene J, et al, British Journal of Cancer, (2001) ;84 :397-399.

- 2 Lissoni P et al, Oncology, 1996, 53 :43-46

- 3 Lissoni P. et al, Supportive Care in Cancer, 1997 ;5 :126-129.

- 4 Lissoni et al, British Journal of Cancer, 1994 ;69 :196-9.

- 5 Lissoni et al Supportive care in cancer, 1995 ; 3 :194-7

- 6 Lissoni et al, Lissoni P et al, Tumori, 1994 ; 80 :464-7

- 7 Barni S et , Oncology, 1995 ; 52 : 243-245.
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