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02-12-2014

La technologie de l'immortalité :

Une interview du Dr Michael West Par David Jay Brown

Dr Michael D. WestLe Dr Michael D. West, PhD, est généticien, pionnier des cellules souches et entrepreneur. Il a une vaste expérience universitaire et commerciale de la recherche sur les maladies dégénératives liées au vieillissement, la biologie moléculaire de la télomérase et les cellules souches embryonnaires (SE) humaines. Il a créé la première société de biotechnologie centrée sur le contrôle des processus du vieillissement dans les cellules de l'homme et a passé les 20 dernières années à étudier les mécanismes cellulaires et moléculaires du vieillissement. Il a fondé Geron Corporation, une société de biotechnologie, dans le Menlo Park, en Californie et est actuellement le président et directeur scientifique d'Advanced Cell Technology (ACT, technologie cellulaire avancée) à Alameda en Californie. Geron a créé la recherche qui a isolé les cellules SE humaines et ACT est à la pointe du clonage thérapeutique. ACT a cloné les premiers embryons humains dans l'objectif de faire avancer la recherche thérapeutique.
Les cellules SE humaines, les cellules primitives qui donnent naissance en fait à tous les types de cellules de l'organisme, sont maintenant développées en culture de façon routinière. Cette avancée technologique ouvre la porte à une étonnante gamme d'applications médicales possibles. Les cellules SE peuvent se différencier en tout type de tissus et être utilisées pour développer de nouveaux organes. Avec elles, les scientifiques peuvent littéralement faire croître de nouvelles cellules cardiaques ou rénales ou, peut-être bientôt, des organes entiers. Les cellules souches pouvant être fabriquées en utilisant son propre ADN, l'organisme acceptera le nouveau tissu comme le sien. Bien que la thérapie par les cellules SE soit encore à son balbutiement, notre compréhension des cellules SE progresse rapidement ; leur potentiel thérapeutique semble chaque jour plus prometteur.
Le Dr West a reçu son MS en biologie de l'université Andrews en 1982 et son PhD du collège de médecine Baylor en 1989, en se concentrant sur la biologie du vieillissement cellulaire. Les recherches du Dr West sur les mécanismes cellulaires et moléculaires du vieillissement au début des années 1990 ont conduit à la création de Geron. De 1990 à 1998, il a été directeur et vice-président de Geron où il a initié et dirigé des programmes de recherche sur le traitement de la télomérase. Celle-ci est une enzyme qui permet aux cellules de se diviser à l'infini. Inhiber la production de télomérase dans des cellules cancéreuses les tue, la déclencher dans des cellules saines les rend pratiquement immortelles.
Le Dr West a également organisé et géré le programme de Geron de 1995 à 1998 qui, en collaboration avec les Drs James Thomson et John Gearhart, a conduit au premier isolement de cellules SE humaines et de cellules germinales embryonnaires.

ACT applique la technologie des cellules SE humaines au domaine émergeant de la médecine régénératrice. Elle centre ses recherches sur l'utilisation de la thérapie des cellules souches pour traiter des maladies liées à l'âge et sur la technologie de transfert nucléaire permettant la production de cellules souches génétiquement assorties au patient. ACT possède ou exploite plus de 300 brevets et applications de brevets dans le champ de la thérapie des cellules souches et une bibliothèque de cellules souches pour des applications cliniques urgentes. En novembre 2001, des chercheurs d'ACT ont annoncé qu'ils avaient cloné le premier embryon humain dans l'objectif de recherches thérapeutiques avancées. Ces résultats ont eu un succès limité. Bien que ce processus ait été exécuté sur 8 œufs, seuls 3 ont commencé à se diviser et un seul a été capable de se diviser en 6 cellules avant de s'arrêter. Malgré tout, cela a démontré de façon spectaculaire que le clonage humain était effectivement possible.

Le Dr West est actuellement président du conseil d'administration, président et directeur scientifique d'ACT ainsi que professeur adjoint de bioingénierie à l'université de Californie à Berkeley. Il est l'auteur du livre The Immortal Cell (la cellule immortelle) et l'histoire de sa quête de la résolution du mystère du vieillissement humain est retracée dans le livre de Stephen Hall, Merchants of immortality (marchands d'immortalité).
Lorsque je me suis entretenu avec le Dr West, j'ai fortement ressenti son réel enthousiasme pour ses recherches. Nous avons parlé des usages thérapeutiques potentiels des cellules SE, de la thérapie de la télomérase et de l'avenir de la biotechnologie.

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David : Comment vous êtes-vous impliqué dans la recherche sur les cellules SE ?

Dr West : Cela remonte à l'intérêt fondamental que j'ai eu pour la base cellulaire de ce qui est appelé « l'immortalité des espèces ». Comme vous le savez, la vie continue, génération après génération, d'une manière apparemment immortelle. C'est parce que les cellules germinales (nos cellules sexuelles) proviennent de générations antérieures de cellules germinales. Il existe un lignage immortel de ces cellules qui connecte les générations de tous les êtres vivants de la planète. Il est immortel dans le sens où les cellules n'ont pas d'ancêtres morts et qu'elles ont survécus à toutes les injures de la vie - dommages radicalaires, rayons cosmiques et toutes les autres choses capables de blesser des choses vivantes.Dr West : Cela remonte à l'intérêt fondamental que j'ai eu pour la base cellulaire de ce qui est appelé « l'immortalité des espèces ». Comme vous le savez, la vie continue, génération après génération, d'une manière apparemment immortelle. C'est parce que les cellules germinales (nos cellules sexuelles) proviennent de générations antérieures de cellules germinales. Il existe un lignage immortel de ces cellules qui connecte les générations de tous les êtres vivants de la planète. Il est immortel dans le sens où les cellules n'ont pas d'ancêtres morts et qu'elles ont survécus à toutes les injures de la vie - dommages radicalaires, rayons cosmiques et toutes les autres choses capables de blesser des choses vivantes.
Ces cellules ont survécu à toutes ces sources de blessures et, selon certaines estimations, ont évolué pendant plus de 4 milliards d'années comme une forme de vie ininterrompue. Ce lignage immortel de cellules qui connecte les générations et fait que les bébés naissent jeunes est bien sûr d'un grand intérêt pour un gérontologue. C'est parce que les cellules qui composent le reste de notre corps - ce que l'on appelle les lignages somatiques de cellules - ne partagent manifestement pas l'immortalité des cellules germinales. Notre objectif a été de tirer la leçon de l'immortalité de la lignée germinale et de transférer ces caractéristiques aux cellules somatiques.
La télomérase a été la première tentative pour le faire. La télomérase est une enzyme, une pièce essentielle dont est faite une protéine par un gène communément appelé « gène de la télomérase ».
Son nom exact est transcriptase inverse de la télomérase humaine, ou hTERT. Mais ce gène particulier est « éteint » (inactivé) dans les cellules mortelles qui vieillissent et « allumé » (activé) dans les cellules immortelles. Le gène est allumé dans nos cellules germinales et éteint dans la plupart des cellules somatiques.

David : Et malheureusement, notre corps est fondamentalement constitué de cellules somatiques !

Dr West : Oui. Vous savez probablement que vers 1992, nous avons commencé à essayer de retrouver le gène de la télomérase et avons finalement réussi à le cloner. Ayant fait cela, nous avons trouvé que la télomérase est utile pour empêcher les cellules somatiques de vieillir. Il y a nettement des cellules de notre organisme qui ne vieillissent pas, simplement parce qu'elles ne se divisent pas. Les cellules du muscle cardiaque et les neurones du cerveau en sont deux illustrations. Elles pourraient vieillir en conséquence du vieillissement d'autres cellules.
Par exemple, les cellules du muscle cardiaque ne se divisent pas et donc ne vieillissent pas. Mais des lésions peuvent se produire à cause d'infarctus, d'arythmie ou d'autres maladies. Des lésions sur ce muscle pourraient aussi résulter du vieillissement de cellules d'autres structures biologiques, comme les cellules constituant les vaisseaux allant au cœur ou d'autres cellules ayant une durée de vie définie et dont il dépendrait pour fonctionner sainement.
Lorsque des tissus deviennent malades et que le vaisseau sanguin ne peut plus nourrir le muscle cardiaque, celui-ci est endommagé. Mais vous avez beau y penser, le point essentiel est qu'il existe dans notre corps des cellules et des tissus vieillissants ou endommagés qui doivent être remplacés.
La recherche sur les cellules SE est une tentative de trouver un nouveau moyen de traiter les maladies liées à l'âge. C'est avant tout une thérapie de transplantation, remplaçant les cellules et tissus endommagés, en revenant à la lignée immortelle de cellules germinales. Ces cellules SE sont tellement primitives qu'elles sont encore dans la lignée immortelle. Aussi, lorsque vous fabriquez une cellule somatique à partir d'une cellule SE, celles qui en résultent naissent jeunes tout comme un bébé. Nous sommes en train de créer, comme traitement du vieillissement, une technologie de remplacement des cellules et tissus endommagés par des cellules jeunes.

David : Les cellules SE sont-elles actuellement utilisées pour aider à réparer des tissus endommagés ?

Dr West : Non. C'est une technologie toute neuve. C'est tellement nouveau que le premier rapport sur l'isolation de cellules SE ne date que de quelques années.

David : Quelles applications futures prévoyez-vous ?

Dr West : La cellule SE, est dite « totipotente », ce qui littéralement signifie « toute puissante ». Ces cellules ont la capacité de devenir n'importe quelle autre cellule ou tissu dans le corps ; les applications sont infinies. Le Dr Harold Varmus, directeur de l'Institut national de santé, a dit qu'il n'existait pas un seul domaine de la médecine que ces nouvelles technologies ne toucheront pas. Je pense que c'est probablement une déclaration juste, car elles peuvent potentiellement être fabriquées dans n'importe quoi.

David : Combien de temps pensez-vous qu'il faudra avant que nous soyons capables d'utiliser les cellules SE pour cultiver n'importe quel tissu ou organe dont nous avons besoin ?

Dr West : Je pense que ce sera une gamme d'opportunités. Certaines choses seront relativement faciles à faire et d'autres plus difficiles. Je suppose que certaines des premières applications pourraient être des choses comme le cartilage pour l'arthrite et des cellules sanguines pour la leucémie ou d'autres troubles sanguins. Peut-être des neurones pour les troubles neurologiques.

David : Comme la maladie de Parkinson ?

Dr West : La maladie de Parkinson, certainement, c'est une maladie classique, dans laquelle nous avons simplement besoin du retour de cellules. Mais n'importe quelle maladie dans laquelle il y a une perte cellulaire ou de fonction tissulaire est une cible évidente. Il y a toutes sortes d'autres applications possibles. Dans les maladies cardiaques, lorsque vous perdez du muscle cardiaque, vous avez besoin de le remplacer. Beaucoup d'arythmies pourraient être traitées de cette façon. Avec juste un peu d'imagination, vous pouvez voir qu'il y a littéralement des milliers d'applications. Jusqu'à l'année dernière, nous n'avons jamais eu la capacité de fabriquer un tel type de cellule dans le laboratoire. C'est réellement un développement tout à fait passionnant.

David : La découverte que les extrémités de nos chromosomes, les télomères, deviennent plus courtes à chaque division d'une cellule somatique pourrait avoir d'importantes implications pour la compréhension de notre vieillissement. Quelle possibilité de prolonger la vie de l'homme pensez-vous possible en empêchant les télomères d'être raccourcis au cours de la division cellulaire ?

Dr West : Nous ne connaissons pas encore la véritable réponse à cette question. C'est amusant. Je pourrais accuser de notre manque de connaissance simplement l'insuffisance d'argent investi dans la recherche sur le vieillissement. Comme vous le savez, Geron a pu lever un capital important pour promouvoir la recherche sur le vieillissement.
Maintenant, à ACT, nous avons trouvé un peu d'argent. L'Institut national du vieillissement sponsorise certaines recherches sur le vieillissement. Mais si vous mettez ensemble toute la biotech, accompagnée par le gouvernement fédéral, ce n'est qu'une petite fraction de ce qui est dépensé pour le sida et, bien sûr, le budget du sida est trop petit. Nous dépensons probablement davantage en une semaine à bombarder des pays étrangers que nous n'avons jamais dépensé dans la recherche sur le vieillissement. C'est cela que je reproche. Nous ne savons pas, tout simplement. Ce que nous savons, c'est que la télomérase supprime le vieillissement au niveau cellulaire - ce que nous appelons le vieillissement cellulaire -, au moins pour des cellules, nous avons résolu le problème du vieillissement. L'absence de télomérase est ce qui fait vieillir les cellules. Lorsque le gène immortalisant de la télomérase (hTERT), directement synthétisé par la télomérase, est éteint, les cellules deviennent mortelles.
Nous sommes constitués de cellules. Cela devrait donc avoir une implication sur la médecine humaine. Je parierais que cela en a une.
Mais nous ne savons simplement pas quel pourcentage du vieillissement est causé par celui des cellules. Si vous m'obligez à m'engager là-dessus, je dirais qu'il se situe quelque part entre 5 et 100 %. Je ne sais pas si c'est plus proche de 5 que de 100, c'est quelque part entre les deux. De récentes études indiquent la limite la plus élevée.
Mais, même si ce n'est que 5, il est remarquable que nous ayons retrouvé la cause moléculaire fondamentale d'au moins une partie du vieillissement et un moyen d'intervenir et de le changer. Ainsi, même si ce n'est qu'une petite partie du vieillissement de l'homme, c'est déjà une avancée.

David : Avez-vous trouvé un gène qui déclenche la libération d'enzymes endogènes susceptibles d'être bénéfiques à travers certaine supplémentation ?

Dr West : Non, je n'en connais aucun. On a rapporté que certains gènes induisent la télomérase mais aucun d'eux ne nous donne d'indice sur une supplémentation utile - c'est peut-être ce que vous auriez espéré. Il y a des milliards de gens sur la planète mangeant différents types d'aliments et supplémentant leur alimentation de différentes manières. Jusqu'à présent, il n'existe aucun cas connu de quelqu'un ayant affecté de façon importante sa durée de vie - peut-être parce qu'il n'existe aucun moyen alimentaire d'altérer fondamentalement cette biologie.
La raison pour laquelle nous pensons que cette biologie est en place est qu'elle pourrait être un puissant mécanisme antitumoral. Le cancer est une cellule incontrôlée - une cellule qui croît sans limite de façon inadéquate, comme une voiture incontrôlée ne s'arrête pas à un stop. Mais toutes les cellules de notre corps ne peuvent se diviser qu'un nombre limité de fois. Ainsi, la « voiture » a seulement un huitième de réservoir d'essence. De cette façon, si elle devient incontrôlée, elle n'ira pas trop loin. Le corps est, en fait, jonché de cellules qui ont commencé à démarrer. Si vous regardez votre peau, vous allez voir de petits grains de beauté et des taches, représentant souvent des cellules pigmentées où vous pouvez observer des cellules commencer à partir dans une croissance incontrôlée. Mais le grain de beauté ou la tache pigmentée sur votre peau, vous vous apercevrez qu'elle croit jusqu'à une certaine taille puis s'arrête.

Nous pensons que c'est un reflet de la mortalité des cellules - elles ont une durée de vie limitée. S'il existait un simple moyen nutritionnel de libérer l'immortalité réplicative, il permettrait à ces cellules de continuer à croître. Ainsi, l'inhibition de la télomérase pourrait être un mécanisme antitumoral. Maintenant, ce n'est pas la même chose que de dire que la télomérase induirait le cancer. La capacité de ravitailler le réservoir d'essence d'une voiture ne va pas la rendre incontrôlable. Mais il se pourrait que permettre à toutes les cellules de notre corps d'être immortelles augmente le risque de cancer. Pendant des milliards d'années, la sélection naturelle a eu tendance à « mortaliser » notre corps et dans les temps anciens nous vivions rarement très longtemps. L'être humain moyen vivait peut-être 20 ans. Aussi, pourquoi auriez-vous besoin que vos cellules se divisent sans limite, si le risque de cancer ou d'être mangé par un lion était bien plus important ?

David : Pouvez-vous parler des recherches sur le clonage à ACT ?

Dr West : C'est sur le transfert nucléaire ou le clonage que nous avons travaillé ici le plus récemment. Avoir des cellules SE est important, mais elles ne sont pas « vous » - elles sont quelqu'un d'autre.

David : Je pensais que l'idée globale était d'utiliser votre propre ADN ?

Dr West : Exact, c'est l'idée du transfert nucléaire. Les cellules SE existant aujourd'hui proviennent d'embryons obtenus par fertilisation in vitro. C'est prendre un spermatozoïde et un ovule et fabriquer ensuite une microscopique balle de cellules appelée blastocyste qui contient les cellules SE pouvant devenir quelque chose. Elles sont, à certains égards, plutôt une matière première pour la vie. Elles peuvent être cultivées en boîtes de Pétri, puis introduites dans les cellules et les tissus. Mais ces cellules existant aujourd'hui, ce n'est pas vous. Votre organisme va les rejeter parce que ce ne sont pas les vôtres. Toutes les cellules et tissus fabriqués à partir d'une cellule SE qui n'est pas la vôtre seront rejetés par votre corps. Mais celui-ci n'a pas de cellule SE, elles sont parties depuis longtemps. Nous travaillons donc sur la technologie du clonage pour fabriquer des cellules SE pour vous. Nous raclons simplement des cellules de votre peau et les mettons dans une cellule d'œuf dont l'ADN a été enlevé. Vous obtenez ensuite cette petite balle de cellules - des cellules SE avec votre ADN. Cela, c'est du clonage, mais vous ne fabriquez pas un embryon que vous pourriez introduire dans une femme. Cela devrait conduire à cloner une copie de vous. Plutôt, nous proposons le clonage de cellules souches.
Vous faites des cellules, pas des êtres. Cela s'appelle le clonage thérapeutique, distinct du clonage reproductif. Nous essayons de faire ce travail. Ce qui est merveilleux - et qui n'est pas très connu - c'est que nous avons, en fait, montré que vous pouvez prendre une cellule âgée en fin de vie, la placer dans une cellule issue d'un œuf, et c'est comme la mettre dans une machine à remonter le temps. La cellule redevient jeune. Dolly, le mouton cloné, a été fait à partir d'un animal adulte mais est né jeune.
De la même manière, il n'a pas prématurément vieilli (bien que parti d'une cellule âgée). Nous avons montré que l'on peut prendre des cellules âgées et, avec cette technique de clonage, obtenir des cellules jeunes : elles ont à nouveau toute leur durée de vie devant elles. Nous pensons que, d'une manière ou d'une autre, cette étape de remettre une cellule dans celle d'un œuf remonte à nouveau la pendule et ramène la cellule au début de sa vie. Ainsi, théoriquement, cela donne l'impression que nous pourrions prendre une personne très âgée et fabriquer pour elle de nouveaux tissus, jeunes, transplantables, exactement comme ceux qu'elle avait à la naissance.

David : Et leur donner un nouveau cœur ?

Dr West : Potentiellement. Dans certaines conditions, nous avons observé des cellules SE formant des tissus complexes comme les intestins.

David : À quel rythme pensez-vous que progressera notre compréhension des cellules SE ?

Dr West : Je suis heureux de dire que ce domaine avance rapidement en dépit du peu de financement fédéral et c'est grandement un résultat de simple ingénuité scientifique. Je connais de nombreuses avancées remarquables dans ce domaine. Nous sommes, en fait, plus avancés, je dirais, que nous aurions pu le prévoir. Bien sûr, nous pourrions être beaucoup plus loin si le gouvernement fédéral avait financé cette recherche. Comme vous le savez, l'État de Californie a voté un crédit de 3 milliards de dollars - appelé la « proposition 71 » - pour la financer et l'on s'attend qu'il se matérialise finalement. Aussi, bien que nous n'ayons pas eu beaucoup de financements fédéraux, ce qui est la manière normale d'entreprendre des recherches médicales, je suis heureux de dire que nous avons plutôt fait de remarquables progrès.

David : Quelle est la principale cause du vieillissement ?

Dr West : Je pense depuis quelque temps que le vieillissement a de multiples facettes et composantes. Mais il n'est pas aussi complexe ni difficile à comprendre que de nombreuses personnes l'ont envisagé. Dans les premiers temps, pour beaucoup de gens, le diabète semblait une maladie très complexe. Vous avez du sucre dans les urines. Vous avez des problèmes aux yeux, une maladie rétinienne. Vous avez des ulcères cutanés, une maladie de cœur et vous avez toutes les complications associées à la maladie. Cela semble compliqué et difficile à résoudre. Bien, nous savons bien sûr maintenant que le diabète est causé par la simple perte d'une unique protéine - l'insuline - et sa régulation.
C'est la seule cause ; toutes les autres manifestations compliquées de la maladie sont largement explicables, reliées à cette simple cause.
Nous nous référons fréquemment à des maladies, telles la progérie ou le syndrome de Werner, comme syndromes d'un vieillissement précoce. Pas exactement similaires, ils ressemblent beaucoup par différents biais au vieillissement de l'homme.
Le grisonnement des cheveux, les rides de la peau, la cataracte, les maladies coronaires, l'ostéoporose… Nombre de ces manifestations du vieillissement sont causées par une seule mutation génétique. Ce que je crois dans ce cas, c'est que ce que nous appelons le vieillissement est dû à des lésions de l'ADN. En particulier, je défends l'idée que nombre de ces dommages sont dans la région télomérique de l'ADN. Je pense qu'à l'avenir nous reviendrons à ces temps-ci et verrons cela au moment où nous arriverons à comprendre qu'au moins une grande partie, un vaste pourcentage de ce que nous appelons le vieillissement de l'homme est dû à des lésions de l'ADN.
J'ai mentionné plus tôt que c'est quelque part entre 5 et 90 % du vieillissement de l'homme ; de récentes données suggèrent que les télomères sont plus proches de
95 %. Il y a maintenant des études dans lesquelles des télomères humains sont insérés dans des rongeurs. La mutation de Werner a été introduite chez ces animaux et, maintenant, pour la première fois, les rongeurs ont tendance à vieillir comme des êtres humains. Cela suggère fortement que nous commençons à comprendre une partie de la biologie fondamentale du vieillissement. Des scientifiques se dépêchent de souligner que je ne dis pas 100 % du vieillissement de l'homme mais une grande partie.

David : Quels sont les meilleurs moyens de ralentir le processus du vieillissement ?

Dr West : Je pense que le seul moyen important d'intervenir sur le vieillissement de l'homme sera une intervention fondée sur la biologie moléculaire, une approche d'ingénierie fortement scientifique. Je ne pense pas qu'un supplément, un exercice physique ni un cours de yoga ralentiront le processus de vieillissement.

David : Que pensez-vous de l'avenir de la médecine occidentale en général et quelle sorte d'avancée médicale voyez-vous poindre à l'horizon ?

Dr West : Je crois en la science et en la méthode scientifique. Je crois qu'en dépit de ce que je remarque comme une méfiance très répandue de la médecine traditionnelle, la médecine scientifique tiendra ses engagements au-delà des attentes de tout le monde dans la prochaine décennie. Je ne peux exprimer à quel point je suis enthousiasmé par ces nouveaux développements, comme les cellules souches embryonnaires, et par le rapide accroissement de notre capacité à travailler avec l'ADN et de voir toute la biologie moléculaire. Comme je viens juste de le dire, j'ai en face de moi un tableur avec 40 000 gènes sur l'axe vertical et, sur l'axe horizontal, un grand nombre des lignées cellulaires sur lesquelles nous travaillons. En quelques secondes, je peux vous donner le niveau d'expression de n'importe quel gène de n'importe laquelle de ces lignées cellulaires.
La capacité analytique que je possède maintenant me permet de faire des recherches cent à mille fois plus vite que je ne pouvais le faire dix ans plus tôt. Cela m'aide à répondre à des questions fondamentales. Je m'intéresse au gène du collagène qui fabrique la protéine à partir de laquelle un grand nombre de tissus cutanés est composé. Si je veux savoir ce que le gène du collagène fait lorsque des cellules souches embryonnaires se différencient, je peux avoir la réponse maintenant en 5 secondes. La rapidité avec laquelle nous répondons à des questions scientifiques fondamentales aujourd'hui est tellement grande que nous nous demandons comment nous y répondions dans le passé. Sans que le public le sache, la recherche médicale a changé de façon tellement importante en dix ans, qu'il est tout simplement difficile de faire une comparaison.

David : Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Dr West : La médecine régénératrice. Je suis intéressé par l'immortalité de la lignée des cellules germinales et j'en tire des leçons. Je m'intéresse également au transfert nucléaire et à d'autres techniques pour remonter l'horloge du vieillissement et fabriquer des cellules jeunes pour des personnes âgées. La boîte à outils que le gérontologue de demain apportera à ses patients et aux problèmes du vieillissement comportera plusieurs de ces outils. Il n'y aura pas un outil qui les réparera en entier. Dans certains cas, nous aurons besoin d'introduire des cellules jeunes dans des personnes âgées pour reconstruire des tissus et restaurer des fonctions perdues à cause de l'âge. Il y aura certaines approches dans lesquelles la médecine régénératrice, comme elle est surnommée, sera appliquée et probablement d'autres utilisant des médicaments traditionnels. Il y aura donc plusieurs outils dans la boîte à outils.

Cette interview est un extrait du livre de David Jay Brown intitulé Les Francs-Tireurs de la médecine (Mavericks of Medicine) publié par Smart publications. David Jay Brown a une maîtrise de psychobiologie de l'université de New York et est l'auteur de quatre volumes d'interviews de penseurs marginaux de premier plan.
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