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Les enzymes digestives

01-11-2002

Notre organisme sécrète de moins en moins d'enzymes digestives au fur et à mesure que les années passent. Par ailleurs, notre alimentation, essentiellement composée d'aliments transformés, ne nous apporte pas les compléments nécessaires. Les études montrent que des déficiences en enzymes digestives participent activement à l'apparition de nombreuses maladies chroniques. Un apport en enzymes digestives, notamment par le biais de suppléments nutritionnels d'origine végétale, peut aider efficacement l'organisme à lutter contre ces pathologies.

Le Dr Edward Howell est le premier chercheur à reconnaître l'importance des enzymes alimentaires dans la nutrition humaine.
Dans son livre, «The status of food enzymes in digestion and metabolism» publié en 1946 et qui fait toujours référence aujourd'hui, il écrit : «Les enzymes sont des substances qui font que la vie est possible. Elles sont indispensables à chacune des réactions chimiques qui se produisent dans l'organisme. Sans enzymes, il n'y aurait aucune activité. On peut dire qu'elles sont les forces de travail qui construisent votre corps tout comme les ouvriers du bâtiment sont celles qui construisent votre maison. Vous pouvez avoir tous les matériaux de construction possible, pour bâtir une maison, il vous faut aussi des ouvriers qui représentent l'élément de vie essentiel.

De la même manière, vous pouvez avoir tous les nutriments, vitamines, protéines, minéraux, ... indispensables à votre corps mais vous aurez également besoin des enzymes, l'élément de vie, pour maintenir votre organisme vivant et en bonne santé ».

Deux catégories d'enzymes

On distingue deux catégories d'enzymes :
- Les enzymes métaboliques qui sont responsables de la réparation, de la formation et du fonctionnement de chaque cellule dans chaque tissu de notre organisme.
- Les enzymes digestives incluant les protéases, les lipases ou les amylases qui sont impliquées dans la décomposition des protéines, des hydrates de carbone et des graisses que nous ingérons.

Favoriser l'absorption des aliments

Le principal rôle des enzymes digestives est de favoriser l'absorption des nutriments en améliorant la digestion. Elles s'appellent protéase, lipase, amylase, amyloglucosidase, cellulase, hémicellulase ou lactase. Ce sont des protéines que l'on trouve dans la salive, les parois de l'estomac, le liquide pancréatique ou l'intestin.
Lorsque nous mangeons, l'activité enzymatique commence dans la bouche où l'amylase salivaire, la lipase et la ptyaline linguales initient la digestion des féculents et des graisses. Dans l'estomac, l'acide chlorhydrique active le pepsinogène pour former la pepsine qui décompose les protéines tandis que les lipases gastriques commencent l'hydrolyse des graisses. Sans une production adéquate d'enzymes, notre organisme, avec la digestion, vivrait un moment difficile, susceptible d'aboutir à différents désordres chroniques.

De mauvaises habitudes alimentaires, incluant une mastication insuffisante ou manger «sur le pouce» peuvent avoir comme résultat une production inadaptée d'enzymes et une augmentation de la malabsorption des aliments. Ces phénomènes sont encore exacerbés par le vieillissement, la production d'acide chlorhydrique diminuant en même temps que se produit un déclin général de la sécrétion d'enzymes digestives.

A la différence des êtres humains, les animaux qui mangent des aliments crus n'ont souvent aucune enzyme dans leur salive.
On a cependant montré que des chiens, nourris avec une alimentation riche en hydrates de carbones et tranformée par la chaleur, développent des enzymes dans leur salive en une semaine en réponse à la pauvreté en enzymes de cette nourriture.

Le Dr Edward Howell, dans son ouvrage, «Enzyme nutrition», cite ainsi de nombreuses études montrant que des animaux nourris avec une alimentation déficiente en enzymes souffrent d'une dilatation du pancréas. Pour faire face à une surcharge de travail, les organes se dilatent. C'est ce que fait le pancréas lorsque la digestion des aliments capte toute la capacité disponible de production d'enzymes, provoquant un déficit de la sécrétion d'enzymes métaboliques. L'impact très important que le gaspillage d'enzymes pancréatiques peut avoir sur la santé et sur la vie elle-même a été établi dans des études animales. La question est maintenant de savoir de quelle façon ces résultats s'appliquent à l'homme.

Une déficience en enzymes empêche l'organisme de digérer convenablement les aliments, inhibant l'absorption des nutriments et permettant aux graisses de s'accumuler et aux niveaux de cholestérol d'augmenter. Mais le rôle des enzymes, rappelons-le, est loin de se limiter à l'univers de la digestion. Les enzymes sont des agents très actifs du métabolisme. Elles agissent notamment dans les processus immunitaires mais aussi donnent pouvoir à notre pensée, à notre respiration, à notre activité sexuelle,… enfin, à tout ce qui fait la vie. Des milliers d'enzymes métaboliques différentes sont impliquées dans chaque élément du fonctionnement de notre cœur, de nos poumons, de notre foie, de nos artères, du sang, des muscles,…dans tous les organes et les tissus. Et, lorsque l'apport extérieur en enzymes digestives n'est pas adapté aux besoins de l'organisme, la production d'enzymes métaboliques est, elle aussi, perturbée.

Une partie des enzymes digestives est apportée par l'alimentation

Les organes digestifs comme le pancréas et le foie produisent une partie des enzymes digestives de l'organisme, le reste devant provenir d'aliments crus comme des fruits et des légumes, des germes de céréales ou des noix, des produits laitiers non pasteurisés et des suppléments nutritionnels.

Manger des aliments non transformés, dans leur forme naturelle, est donc vital. Ils occupent cependant une place insuffisante dans notre alimentation moderne.

Cuisiner les aliments, particulièrement si la cuisson est longue et à une température supérieure à 45°, détruit les enzymes. C'est ce qui fait que nous avons souvent, dès la cinquantaine, un déficit en enzymes.
Les glandes et la plupart des organes, y compris le cerveau, souffrent énormément de cette déficience. Ce dernier peut en effet s'atrophier à cause d'une alimentation essentiellement composée de produits transformés dépourvus de ces enzymes dont l'organisme a si désespérément besoin.

Comme nous l'avons vu précédemment, le pancréas se dilate, pour tenter de pallier cette déficience. Des souris de laboratoire nourries avec des aliments transformés par la chaleur, dépourvus d'enzymes, ont un pancréas deux à trois fois plus lourd que celui de souris sauvages qui absorbent des aliments crus, riches en enzymes naturelles.

Consommé cru, l'aliment demande peu d'enzymes à l'organisme pour que la digestion se fasse bien. Celui-ci s'adapte alors à cet apport extérieur, réservant la sécrétion de ses propres enzymes au soutien du fonctionnement métabolique cellulaire.

Il y a plus de 50 000 ans, l'homme de Neandertal utilisait le feu de manière intensive pour cuire ses aliments. Il vivait dans des cavernes et mangeait principalement de la viande, rôtie par le feu qui brûlait en permanence pour chauffer la caverne. Des fossiles nous montrent que l'homme de Neandertal souffrait d'arthrite invalidante. Les Esquimaux, eux, vivent dans un environnement aussi glacial que celui de l'homme de Neandertal, mais ils ne souffrent ni d'arthrite ni d'autres maladies dégénératives. Ils mangent de grandes quantités d'aliments crus et la viande qu'ils consomment est simplement légèrement chauffée, restant crue au milieu. Aussi les Esquimaux reçoivent-ils une grande quantité d'enzymes alimentaires à chacun de leurs repas.

Les enzymes peuvent également être gaspillées par des éléments du style de vie. Elles travaillent plus difficilement lorsque la température est élevée et s'usent alors aussi plus rapidement. Une fièvre, par exemple, entraîne une action plus rapide des enzymes et est ainsi défavorable à l'activité bactérienne. Après une fièvre on retrouve des enzymes dans les urines tout comme après une activité physique exténuante.

Le vieillissement diminue notre production d'enzymes...

Avec les années, le corps se bat de plus en plus durement pour décomposer les aliments et une sérieuse déficience en enzymes pancréatiques peut alors se produire. Avec l'âge, le pancréas ne sécrète plus toujours suffisamment d'enzymes digestives. Celles-ci étant indispensables au soutien du fonctionnement cellulaire, un déficit peut faire le lit de toute une armée de maladies dégénératives. De faibles niveaux d'enzymes sont en effet observés dans un certain nombre de maladies chroniques comme des allergies alimentaires, des maladies de peau, des maladies inflammatoires et même des maladies comme le cancer ou le diabète.
Des chercheurs ont montré que des niveaux excessivement élevés de cholestérol peuvent être modifiés par une supplémentation en enzymes. En 1962, trois chercheurs britanniques ont voulu comprendre pourquoi le cholestérol bouchait les artères dans le cas de maladies cardiovasculaires. Ils ont constaté que, au fur et à mesure que les sujets vieillissaient, toutes les enzymes étudiées devenaient progressivement plus faibles en même temps que le durcissement des artères s'aggravait. Ils ont suggéré qu'une pénurie d'enzymes prenait part au mécanisme permettant aux dépôts de cholestérol de s'accumuler dans la partie intérieure des parois artérielles. En 1958, des chercheurs de l'Université de Standford ont réalisé des tests sanguins et ont montré que la lipase diminuait progressivement dans le sang de patients âgés ou d'âge mûr atteints d'athérosclérose.

Dans le même temps, des chercheurs de l'Hôpital Michael Reese de Chicago ont trouvé que les enzymes dans la salive, le pancréas et le sang devenaient plus faibles avec l'avancée en âge et ils ont fait l'hypothèse que, dans les cas d'athérosclérose, les graisses pouvaient être absorbées à un stade non hydrolysé. Ils ont également constaté des améliorations sans équivoque dans la manière dont les graisses étaient utilisées après une supplémentation en enzymes digestives.

La prise de suppléments nutritionnels contenant des enzymes digestives peut aider le pancréas à digérer les aliments, à mieux absorber les nutriments ainsi qu'à diminuer le dépôt de graisses dans les artères. Une supplémentation peut également être nécessaire dans certaines conditions pathologiques causant des problèmes d'absorption, telles que l'insuffisance pancréatique ou la mucoviscidose. Elle aidera également l'organisme à lutter contre les maladies dégénératives qui apparaissent avec le vieillissement.

Se supplémenter en enzymes digestives

Les suppléments nutritionnels doivent être apportés en quantité suffisante pour maintenir une capacité de digestion adéquate et favoriser l'absorption des nutriments essentiels. Des études montrent qu'une supplémentation a également pour effet d'économiser les enzymes de l'organisme. Presque tout le monde peut tirer des bénéfices d'une supplémentation en enzymes digestives, même des personnes en bonne santé pour améliorer l'absorption et l'utilisation des nutriments. Les bénéfices différeront selon l'alimentation et l'état de santé. Des individus en bonne santé peuvent attendre d'une supplémentation moins de lourdeur après les repas, davantage d'énergie, moins de flatulences et de meilleures habitudes intestinales.

Efficacité des supplémentations

Selon le Dr Mark Percival, une supplémentation orale avec des enzymes digestives prises juste avant ou en même temps que le repas peut aider la digestion. Bien qu'un certain nombre de suppléments enzymatiques soient désactivés lorsqu'ils sont exposés aux acides stomacaux, le Dr Percival pense que certaines enzymes restent actives lorsqu'elles sont prises avec un repas ou juste avant de le commencer. Les enzymes qui vont jusque dans le petit intestin peuvent également faciliter la digestion à cet endroit.

Le pH, qui mesure l'acidité ou l'alcalinité d'un environnement, joue un rôle important dans l'activité enzymatique. On prescrit souvent des enzymes pancréatiques dérivées d'animaux, généralement de porcs, qui contiennent de la lipase, de l'amylase et de la protéase. Ces préparations sont souvent moins efficaces que celles d'origine végétale. Capables d'agir à des pH très différents, les enzymes végétales, peuvent stimuler la digestion aussi bien dans l'estomac où il est faible que dans l'environnement neutre des intestins.

Comme elles ne sont pas décomposées par les acides de l'estomac, les dosages nécessaires sont beaucoup plus faibles que lorsqu'il s'agit d'enzymes pancréatiques. Elles risquent également beaucoup moins de provoquer des allergies.
Le Dr Edward Howell avait coutume d'expliquer qu'il commençait à mâcher une capsule d'enzymes avec ses aliments dans le but de démarrer le processus de digestion le plus tôt possible. On a effectivement montré que l'activité enzymatique débute avant même que l'aliment ait été avalé. Elle commence dans la bouche, pour se poursuivre dans l'œsophage et l'estomac, diminuant la sécrétion enzymatique nécessaire à la digestion. Momentanément inactives dans la partie inférieure de l'estomac, les enzymes issues de plantes redeviennent actives dans les intestins où elles aident à terminer le processus de digestion.


Howell Edward, «Enzyme Nutrition, the food enzyme concept”, Aver Publishing Group, 1985 Percival M. Nutritional Perls, Vol 35.
Rachman Brad, «Unique features and application of non-animal derived enzymes», Clinical Nutrition Insights, 1997 Vol. 5 n° 10.
Lipase, bile salts and fat digestion :
New insights, Ital. J. Gastroenterol. (Italie), 1080,12/2 (140-145).
“Rat lingual lipase: effects of protease, bile and pH on enzyme stability”, Roberts IM, Am J Physiol, 1985, 12/4 (G496-G500).

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