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Rééquilibrer le pH de l'organisme

01-08-2009

Un bon équilibre acido-basique de l'organisme est essentiel pour être en bonne santé. De multiples réactions enzymatiques dépendent du maintien dans une étroite limite du pH des milieux extra et intracellulaires. Une rupture de cet équilibre peut être à l'origine de nombreux troubles de la santé.
Les habitudes alimentaires actuelles font pencher la balance vers l'acidification. Une alimentation mieux équilibrée, la pratique de l'exercice physique et la prise de suppléments nutritionnels alcalinisants permettent souvent de rétablir un bon équilibre.

phLe concept de déséquilibre acide/base responsable de maladies n'est pas nouveau. En 1933, un médecin appelé William Howard May publie un livre, A New Health Era, dans lequel il soutient que toute maladie est causée par une auto-intoxication provoquée par une accumulation d'acide dans l'organisme. Au milieu du xxe siècle, le Français Louis-Claude Vincent invente la bioélectrique, une technique permettant de mesurer certaines caractéristiques du sang, dont son pH. Les travaux qu'il a menés en collaboration avec Jeanne Rousseau ont inspiré par la suite de nombreux auteurs.
Le pH mesure, sur une échelle de 0 à 14, l'acidité ou l'alcalinité d'une solution. Plus le pH est bas, plus la solution est acide ; plus il est élevé, plus elle est alcaline. Elle est neutre, ni acide ni alcaline, avec un pH de 7. L'eau est le composant le plus abondant dans l'organisme humain, dont elle représente 70 % du poids. L'équilibre acido-basique de l'organisme traduit par son pH est l'équilibre entre les ions chargés positivement (formant des acides) et les ions chargés négativement (formant des bases).
Dans la terminologie médicale, lorsque l'on parle de l'équilibre acide/base, on fait référence au pH (potentiel d'hydrogène) sanguin qui doit être maintenu proche de 7,4 (légèrement alcalin ou basique).

Régulation de l'équilibre acido-basique

Pour fonctionner correctement, l'organisme doit avoir un pH équilibré, ni trop acide ni trop basique. L'équilibre acido-basique dans le sang et les tissus revêt une telle importance que de nombreuses fonctions biologiques sont impliquées dans sa régulation, incluant la respiration, l'excrétion, la digestion et le métabolisme cellulaire. Dans la circulation sanguine, des substances tampons agissent chimiquement contre les modifications du pH. Dans le sang, les plus importants de ces composants sont le bicarbonate, l'albumine, la globuline et l'hémoglobine.
Les reins réagissent également au pH sanguin. Si le sang est trop acide, ils excrètent dans l'urine l'hydrogène excédentaire et retiennent un excès de sodium. Le phosphore, sous forme de phosphate, est indispensable à cet échange. L'organisme l'obtient des os, quand il n'est pas disponible autrement. Lorsque le sang est extrêmement acide, les reins utilisent une méthode différente et excrètent dans les urines des ions ammonium. Lorsque l'organisme est trop alcalin, le processus est inversé pour retenir les ions hydrogène.
Les poumons participent eux aussi à la régulation de l'équilibre acido-basique, en éliminant le dioxyde de carbone du sang. Celui-ci se combine dans le corps avec l'eau pour former l'acide carbonique, de telle sorte qu'éliminer le dioxyde de carbone équivaut à éliminer l'acide. Le rythme respiratoire peut varier en fonction de l'acidité du corps, s'accélérant dans des conditions acides pour éliminer le dioxyde de carbone, ralentissant dans des conditions alcalines pour retenir les acides et réduire l'alcalinité.

equilibre

Tout comme le pH de la circulation sanguine est maintenu sous un étroit contrôle, l'environnement acido-alcalin à l'intérieur des cellules est lui aussi régulé pour rester dans d'étroites limites. Cette régulation se fait grâce à des pompes dans les membranes cellulaires qui permettent à l'hydrogène d'entrer ou de sortir des cellules. Pour fonctionner, ces pompes ont pour la plupart besoin de phosphore et de magnésium. La régulation du pH à l'intérieur des cellules peut également se faire par des modifications des réactions chimiques produisant des quantités d'hydrogène plus ou moins importantes.

 

Évaluer l'acidité ou l'alcalinité de son corps

PHLe plus facile est de tester le pH de son urine avec des bandelettes de papier pH. Ce papier réactif change de couleur en fonction du pH des liquides dans lesquels ils sont trempés. Humidifiée avec de l'urine, la bandelette se colore immédiatement, chaque couleur correspondant à un pH. La première urine excrétée au réveil le matin peut avoir un pH de 5 ou même inférieur. Le corps se débarrasse de son acidité au cours du sommeil. Dans la journée, un pH sain doit être compris entre 7 et 7,5.

Réactions régulatrices à l'acidose ou à l'alcalose

En cas d'acidose, le pH de l'organisme est trop acide . Dans ce cas, les systèmes tampon du sang vont réagir pour faire évoluer le pH vers l'alcalin et le rythme de la respiration va augmenter pour éliminer l'acide carbonique par exhalation de dioxyde de carbone. Ensuite, les reins vont augmenter l'acidité des urines et l'équilibre sera rapidement rétabli.

acidose

L'acidose n'est pas provoquée par l'absorption d'aliments acides comme les citrons ou les oranges, mais résulte le plus souvent de troubles du métabolisme, comme le diabète ou la famine, des maladies rénales ou des troubles respiratoires limitant la libération du CO2 par les poumons. Elle est également le résultat de l'alimentation moderne qui comporte trop de céréales, de viande, de laitages et de sel.
L'alcalose, moins courante que l'acidose, peut résulter d'hyperventilation (une respiration trop rapide), d'une perte d'acide stomacal provoquée par des vomissements excessifs, de la surutilisation de médicaments antiacide ou antiulcère. Dans ce cas, le système tampon du sang va ajuster en direction de l'acide, la respiration va devenir moins profonde pour conserver le CO2 et augmenter les niveaux sanguins d'acide carbonique. Là encore, les reins contribuent à l'équilibre en excrétant moins d'urine alcaline.

Une balance qui penche vers l'acidité

Ces réactions de régulation fonctionnent lorsque l'organisme est dit en bonne santé. La tendance naturelle de notre corps est cependant de faire pencher la balance vers l'acidité, son propre métabolisme produisant sans cesse des déchets acides éliminés essentiellement par les reins et les poumons. Lorsque le fonctionnement de ces organes est perturbé, sous l'influence de facteurs acidifiants, la production d'acide devient trop importante et les déchets sont expulsés vers le tissu conjonctif pour que le pH sanguin conserve une valeur normale. Ce processus d'acidification peut avoir pour conséquence l'acidose tissulaire chronique qui accélère le processus de vieillissement et constitue un terrain propice à l'apparition de nombreuses maladies.

alimentationL'alimentation contemporaine favorise l'acidose

Des chercheurs ont souligné que l'alimentation contemporaine productrice d'acide produit une faible acidose métabolique générale chez des sujets adultes en bonne santé et que le degré de cette acidose augmente avec l'âge en relation avec la diminution de la capacité de la fonction rénale qui se produit avec le vieillissement1.

La chimie acide/base de la digestion

Les cellules de la paroi stomacale produisent de l'acide chlorhydrique, suffisamment fort pour causer une légère sensation de brûlure s'il est placé sur la peau. Mais l'estomac est protégé par le mucus sécrété par les autres cellules. L'acide chlorhydrique a deux fonctions importantes : il agit directement sur les aliments, essentiellement sur les protéines, amorçant le processus de dégradation appelé hydrolyse et facilitant le travail d'une enzyme, la pepsine. Lorsqu'il n'y a pas suffisamment d'acide chlorhydrique, la pepsine est inactive avec pour résultat une mauvaise digestion.
DigestionLe pH normal de l'estomac se situe entre 1,5 et 2,5 (très acide). Il est neutralisé, dans une certaine mesure, par les aliments absorbés. Mais l'estomac est capable, au cours du repas, de se réacidifier pour terminer la digestion. Pendant ce temps, nos aliments ont été réduits en une masse semi-liquide appelée chyme dont le pH, bien moins acide, se situe entre 3,5 et 5, prête à passer dans l'intestin grêle.
La digestion se poursuit dans l'intestin grêle sous l'action des enzymes sécrétées par le pancréas, la vésicule biliaire et la paroi intestinale. Mais il y a ici une différence fondamentale. Alors que l'étape initiale de la digestion dans l'estomac requiert un milieu fortement acide, les étapes ultérieures demandent un environnement alcalin. C'est la raison pour laquelle 90 % de l'absorption totale se produit dans l'intestin grêle et que le tissu absorbant est extrêmement sensible. Ce changement important et rapide en pH alcalin se produit dans le pancréas qui sécrète les quantités nécessaires de bicarbonate. En fait, sur une base quotidienne, le pancréas pourrait produire l'équivalent de six comprimés d'Alka-Seltzer®. La digestion est donc un processus complexe et délicat, impliquant des mécanismes de réaction entre l'estomac et le pancréas pour maintenir les niveaux optimaux acide/base. L'utilisation excessive de tout médicament qui altérerait cet équilibre est potentiellement nuisible.

Les aliments acidifiants et alcalinisants

L'acidité ou l'alcalinité d'un aliment dépend de plusieurs facteurs, incluant sa teneur en protéines et en minéraux, le taux d'absorption des nutriments qu'il contient et la nature des résidus qu'il laisse après avoir été métabolisé.
L'alimentation fournit des ions hydrogène (acides) ou bicarbonates (basiques). Selon que les ions hydrogène prédominent ou non, le sang est plus ou moins acide. Un excès d'acidité dans le sang peut augmenter le risque d'ostéoporose, de diabète, d'athérosclérose, d'hypertension ou de certains cancers.
Au stade final de la production d'énergie, le contenu minéral des aliments n'est pas oxydé. Il laisse donc un résidu alcalin, acide ou neutre selon le mélange de minéraux trouvé dans les aliments. Le soufre et le fer forment des ions acides dans l'organisme. On trouve principalement ces minéraux dans les protéines comme la viande, le poisson, les œufs, la volaille, les céréales ou les noix. Ces aliments sont donc des aliments acidifiants. Le potassium, le calcium et le magnésium forment dans le corps des réactions alcalines. On les trouve principalement dans les fruits et les légumes que l'on appelle donc les aliments alcalinisant ou générateurs de bases.
légumeLa viande et la plupart des aliments contenant beaucoup de protéines génèrent des acides lorsqu'ils sont dégradés par l'organisme et éliminés par les reins. En excès, les protéines mobilisent les réserves minérales capables de neutraliser ces acides. Les légumineuses, les produits laitiers ou les fruits oléagineux contiennent aussi des protéines mais ils sont moins acidifiants parce qu'ils renferment également des sels basiques comme les sels de potassium, de magnésium ou de calcium.
Tout cela est affaire d'équilibre. Ainsi, par exemple, le lait est riche en protéines, en soufre et en phosphore et vous pourriez penser que c'est un aliment qui forme des acides. Mais il contient suffisamment de calcium pour assurer l'équilibre et être quasiment neutre. Le métabolisme et la digestion de chacun jouent également un rôle déterminant dans le fait qu'un aliment laisse un résidu alcalin ou acide. Ainsi, par exemple, certains aliments contenant des acides organiques, tels les citrons ou les tomates, ne doivent normalement pas laisser de résidus acides. Mais chez certains individus, ils peuvent être incomplètement métabolisés et devenir chez eux des aliments acidifiants. C'est fréquemment le cas lorsque les niveaux d'acides stomacaux sont bas ou lorsque l'activité de la thyroïde est perturbée.

D'autres éléments influent également sur l'équilibre

fumeurDes facteurs métaboliques ou de style de vie affectent également l'acidité de notre corps et les réactions des aliments. Les infections, le fait de fumer, la consommation d'alcool ont ainsi tendance à rendre l'organisme plus acide. De plus, le contenu de l'alimentation en éléments traces affecte également l'équilibre acido-basique. Des quantités adéquates de magnésium et de phosphore sont nécessaires au bon fonctionnement des pompes cellulaires. Le zinc est indispensable à la sécrétion d'acide dans l'estomac et pour la rétention ou l'excrétion de l'acide par les reins. De plus, d'autres nutriments, telles les vitamines B, jouent un rôle crucial dans l'oxydation complète des hydrates de carbone et des graisses.

Des conséquences pour la santé

Pendant des décennies, on a pensé que les propriétés formatrices d'acides ou de bases de notre alimentation n'étaient importantes que pour les patients souffrant de calculs rénaux. Une alimentation alcaline, privilégiant les fruits et les légumes, produit davantage d'urine alcaline et était utilisée pour traiter les calculs d'acide urique. Une alimentation acidifiante riche en viande, poisson et céréales étant, elle, utilisée pour les calculs d'oxalate.
L'acidose chronique consomme du contenu minéral des os mais elle fait aussi fondre les muscles et endommage les reins. Pour neutraliser l'excès d'acide, le corps dissout des cristaux osseux contenant du citrate et du bicarbonate de calcium, le calcium étant éliminé dans les urines.
Une autre conséquence de l'acidose chronique est une accélération de la dégradation des protéines des muscles squelettiques. Une étude rapporte qu'une augmentation de l'excrétion urinaire du potassium (dérivé de sels de potassium apportés par les fruits et légumes de l'alimentation) est associée à une augmentation de la masse corporelle maigre chez 384 hommes et 65 femmes. Les auteurs de l'étude concluaient que les sujets avec une consommation de potassium de 134 mmol par jour (5,2 g par jour) pouvaient espérer avoir 1,64 kg de masse de tissu maigre de plus que ceux qui en absorbaient seulement la moitié.

Ostéoporose et équilibre acido-basique

Le meilleur exemple des effets néfastes sur la santé d'une alimentation trop acidifiante est probablement celui des facteurs acide/base sur la santé de l'os. L'acidose accélère les dommages cataboliques et perturbe les processus de réparation anabolique.
OstéoporoseDes études épidémiologiques ont suggéré qu'il existait un lien entre la consommation de protéines animales et l'ostéoporose. Certaines rapportent que ceux qui consomment plus de fruits et légumes ont une densité minérale osseuse plus élevée que ceux qui en consomment moins. On remarque également des études montrant une multiplication par trois à cinq des fractures chez les adolescentes qui consomment régulièrement des boissons acides (les soft drinks).
L'urine des populations végétariennes est plus alcaline que celle des populations carnivores. Chez ces dernières, l'acidité provient du métabolisme des acides aminés soufrés ; la consommation de fruits et de légumes associés à de la viande permet de rétablir le pH urinaire. Or l'ingestion d'aliments acidifiants ou alcalinisant a un effet sur l'os, car le squelette joue un rôle dans l'équilibre acido-basique en délivrant notamment du calcium chaque fois qu'il y a un excès d'acides disponibles.
Des expériences in vitro indiquent que l'acidose métabolique provoque une libération de calcium par les os qui, à l'origine, est simplement due à une dissolution physico-chimique du minéral. Sur une base plus chronique, l'acidose métabolique altère le fonctionnement des cellules osseuses : elle provoque une augmentation de la résorption osseuse ostéoclastique et une diminution de la formation osseuse ostéoblastique2.
Lorsque l'organisme ne produit pas d'acides éliminables (notamment par manque de vitamines et d'oligo-éléments) ou s'il existe une surcharge de l'acidité totale (acides d'origine alimentaire et métabolique), cet excès est stocké dans le tissu conjonctif, qui entrepose les déchets acides que les reins et les poumons n'ont pu éliminer. Si les acides en excès ne sont pas éliminés, ils s'accumulent année après année dans le tissu conjonctif : c'est l'acidose tissulaire chronique qui affecte le transport de l'oxygène et la nutrition des cellules, et prépare le lit du développement des maladies.
Une étude s'est posé la question de l'intérêt d'un traitement alcalinisant chez des sujets dont l'alimentation induit une acidose métabolique de faible degré. Des données expérimentales et épidémiologiques soutiennent l'influence bénéfique d'aliments alcalinisants sur la santé des os et l'influence néfaste d'une alimentation acidifiante sur le risque de fractures.
L'acidose renforce en effet l'activité des ostéoclastes responsables de la résorption osseuse et inhibe celle des ostéoblastes et, par suite, celle de la formation osseuse3. La réponse des cellules osseuses aux modifications de pH constitue un mécanisme homéostatique qui aide à maintenir l'équilibre général acide/base. En cas d'acidose, l'activité de résorption des ostéoclastes est accrue et le dépôt de minéraux alcalins dans les os par les ostéoblastes est réduit, pour maximiser la disponibilité des ions hydroxyls en solution pour tamponner les protons4.
Dans des études métaboliquement contrôlées chez des femmes ménopausées en bonne santé, une supplémentation avec du bicarbonate de potassium, qui augmente les niveaux de bicarbonate plasmatique seulement légèrement pour rester dans des valeurs normales, induit de façon immédiate et réversible un quasi-arrêt de l'excrétion urinaire d'acides5. Dans le même temps, l'équilibre calcium et phosphore est rétabli. Ces données incitent les chercheurs à penser qu'une augmentation de la consommation de fruits et légumes ou une supplémentation alcalinisante pourrait prévenir ou retarder l'expression de l'ostéoporose, la perte musculaire et les calculs rénaux contenant du calcium en prévenant ou corrigeant l'acidose de faible degré que l'on rencontre chez les personnes âgées.
Une étude prospective randomisée contrôlée contre placebo a porté sur 161 femmes ménopausées âgées en moyenne de 56,6 ans ayant une masse osseuse faible. Elles ont reçu de façon aléatoire quotidiennement du citrate ou du chlorure de potassium pendant 12 mois. Les résultats ont montré que la prise de citrate de potassium a provoqué une alcalinisation de l'organisme de même qu'une diminution de la résorption osseuse. La masse osseuse a été augmentée de façon significative chez les femmes ménopausées avec une ostéopénie par l'augmentation de leur apport quotidien alcalinisant sous forme de citrate6.

légumeRétablir l'équilibre acido-basique de l'organisme

Rétablir l'équilibre acido-basique de l'organisme passe par la mise en pratique de conseils diététiques adaptés, par l'oxygénation et par la prise de suppléments nutritionnels alcalinisants.
L'alimentation doit privilégier les aliments alcalinisants, comme les fruits et les légumes, et réduire la place faite aux aliments acidifiants, tels les viandes, le poisson ou les céréales.
L'exercice physique, surtout au grand air, accélérant le rythme respiratoire et stimulant la diurèse contribue également au rétablissement de l'équilibre.
Dans certains cas, la correction de l'alimentation et une meilleure hygiène de vie ne suffisent pas à compenser l'état d'acidose tissulaire, des suppléments nutritionnels sont alors indispensables.

Une supplémentation en minéraux alcalins

Des chercheurs ont montré qu'il est possible de neutraliser l'acidité produite par l'alimentation avec des suppléments alimentaires de bicarbonate de potassium. Cela améliore les équilibres du calcium et du phosphore, réduit les taux de résorption osseuse, améliore l'équilibre nitrique et atténue le déclin de la sécrétion d'hormone de croissance qui se produit avec le vieillissement, cela sans restriction du NaCl alimentaire. De plus, ils ont montré que l'administration d'un sel de potassium alcalinisant (citrate de potassium) en même temps que du NaCl empêchait ce dernier d'accroître l'excrétion urinaire de calcium et la résorption osseuse qui se produisent avec l'administration de NaCl seul7.

Les citrates

PotassiumLes citrates sont des sels basiques d'acides faibles qui sont rapidement éliminés sous forme d'acide carbonique. Les sels basiques restant permettent d'alimenter la réserve alcaline épuisée par l'acidose tissulaire chronique. La surcharge d'acide est alors remise en circulation, à partir du parenchyme où elle était stockée, puis est peu à peu éliminée par les reins.


Chez des animaux, on a montré qu'une supplémentation avec des minéraux alcalins neutralise l'acidose métabolique induite par l'alimentation et est associée à une masse osseuse plus importante. De plus, on a montré que le bicarbonate de potassium réduit l'excrétion de calcium chez des femmes ménopausées. Chez 18 femmes ménopausées, la résorption osseuse a été réduite et la formation osseuse accrue avec la prise de bicarbonate de potassium. Des résultats similaires ont été observés chez 161 femmes ménopausées avec une supplémentation en citrate de potassium. En dehors de la libération de calcium squelettique pour maintenir l'équilibre acide/base, on a également montré qu'un pH faible stimule les ostéoclastes et inhibe la minéralisation de la matrice osseuse.
Vingt-cinq sujets, 15 femmes et 10 hommes âgés d'environ 44 ans, ont été enrôlés dans une étude et ont reçu un supplément nutritionnel riche en minéraux alcalins8. Les résultats ont indiqué que la prise d'un supplément riche en minéraux alcalins est associée à une augmentation du pH sanguin et urinaire. Trente femmes âgées d'environ 58 ans ont été enrôlées dans un essai clinique et ont été supplémentées en citrate de potassium. La supplémentation a nettement diminué l'excrétion d'acide dans les urines et réduit la résorption osseuse9.
 
La glycine, un complément efficace du système protéique tampon

L'addition d'un petit acide aminé comme la glycine qui agira comme médiateur du système tampon protéique est un atout pour le maintien de l'équilibre acido-basique. De plus, la glycine se lie à la région du locus ceruleus du système nerveux central. La glycine tend à calmer les sensations de vigilance et ainsi réduit le niveau de stress que l'on peut ressentir comme résultat du style de vie. La glycine soulage le stress qui contribue à la constitution d'un environnement interne acide 10. La glycine a une valeur constante de dissociation de 2,3. Cela signifie qu'à n'importe quel pH supérieur à 2,3, la glycine contient au moins une portion de base conjuguée qui en fait une molécule relativement alcaline à un pH physiologique normal de 7,3 à 7,5 11. Cette portion de base conjuguée de la molécule est capable d'accepter des ions hydrogènes résiduels. Cependant, le second ion hydrogène supplémentaire n'est pas libéré de l'acide aminé tant que le pH n'a pas atteint 9,6. Avant que ce pH ne soit atteint, la glycine demeure un composant très stable avec un ion hydrogène supplémentaire donné à un pH physiologique normal. Ces propriétés de dissociation font de la glycine un bon complément pour le système protéique tampon de l'organisme.
L'extrait de racine de gingembre

gingembreLa racine de gingembre est l'un des remèdes les plus anciens pour traiter les troubles digestifs : on la retrouve dans des douzaines de prescriptions de la médecine traditionnelle chinoise. L'extrait de racine de gingembre contient différents ingrédients actifs qui ont été étudiés pour leurs effets sur la digestion et la santé gastrique. Il est traditionnellement utilisé pour ses propriétés antiulcère et antidyspepsie. Des études ont montré qu'il prévient les ulcères d'origine médicamenteuse ou causés par le stress.

L'extrait de racine de réglisse absorbe directement les acides

réglisseLa réglisse est une plante traditionnellement utilisée en médecine botanique dans presque toutes les anciennes cultures. Aujourd'hui, on connaît l'extrait de racine de réglisse pour sa capacité à guérir les ulcères et les gastrites liés à des conditions d'hyperacidité dans l'estomac et les intestins. Des études ont montré que l'extrait de racine de réglisse est aussi efficace que des médicaments comme le Tagamet® ou le Zantac® dans des traitements de courte ou de longue durée de l'ulcère gastrique12. L'extrait de racine de réglisse a également montré son efficacité dans le traitement d'ulcères duodénaux13. Des recherches ont par ailleurs indiqué que l'extrait de racine de réglisse absorbe directement les acides et augmente le pH dans les systèmes biologiques14.

Le persil et la camomille sont particulièrement alcalinisants

persilLe persil est particulièrement riche en potassium. Il agit comme un diurétique naturel et aide les reins à excréter le sodium et l'eau, et sa richesse en potassium contrecarre les effets négatifs du sodium. Il contribue à améliorer l'équilibre acide/base de l'organisme. Il a également un effet bénéfique sur la digestion. Administré à des rats, il réduit les changements dégénératifs dans leurs hépatocytes.
La camomille est utilisée depuis de nombreuses années en médecine traditionnelle pour traiter de nombreux problèmes de santé. Ses fleurs sont particulièrement alcalinisantes. Des chercheurs japonais ont montré qu'elle pouvait aider à maintenir l'équilibre acido-basique de l'organisme.

papayeLa papaïne, une enzyme qui favorise la digestion des protéines

La papaïne est une enzyme que l'on extrait de la papaye avec une activité proche de celle de la pepsine. Elle est utilisée pour faciliter la digestion des protéines, participant ainsi à l'équilibre acido-basique de l'organisme. Les protéines en excès mobilisent en effet les minéraux alcalinisants indispensables à la neutralisation des acides apportés par l'alimentation.
 
 
 

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Références :


1. Frassetto L. et al., Diet, evolution and aging - the pathophysiologic effects of the post-agricultural inversion of the potassium-to-sodium and base-to-chloride ratios in the human diet, Eur. J. Nutr., 2001 Oct, 40(5):200-13.
2. Bushinsky D.A., Acide-base imbalance and the skeleton, Eur. J. Nutr., 2001 Oct, 40(5):238-44.
3. Susan E. et al., Acid-alkaline balance and its effect on bone health, International Journal of Integrative Medicine, vol 2, n°6, Nov-Dec 2000.
4. Arnett T.R., Extracellular pH regulates bone cell function, J. Nutr., February 2008, 138:415S-418S.
5. Sebastian A. et al., Improved mineral balance and skeletal metabolism in postmenopausal women treated with potassium bicarbonate, New Engl. J. Med., 1994, 330:1976-81.
6. Jehle S. et al., Partial neutralization of the acidogenic western diet with potassium citrate increases bone mass in postmenopausal women with osteopenia, J. Am. Soc. Nephrol., 2006 Nov, 17(11):3213-22.
7. Frassetto L. et al., Diet, evolution and aging - the pathophysiologic effects of the post-agricultural inversion of the potassium-to-sodium and base-to-chloride ratios in the human diet, Eur. J. Nutr., 2001 Oct, 40(5):200-13.
8. König D. et al., Effect of a supplement rich in alkaline minerals on acid-base balance in humans, Nutrition Journal, 2009, 8:23 doi: 1186/1475-2891-8-23.
9. Marangella M. et al., Effects of potassium citrate supplementtaion on bone metabolism, Calcit. Tissu Int., 2004 Apr, 74(4):330-5.
10. Mitchell B., Foundation of Natural Therapeutics, Southwest College Press, Tempe, Ariz., 1997, 106.
11. Kuchel P. et al., Theory and Problems in Biochemistry, McGraw-Hill Inc., New York, 1988, 58.
12. Morgan A.G. et al., Comparison between cimetidine and caved-S in the treatment of gastric ulceration and subsequent maintenance therapy, Gut., 1982, 23:545-51.
13. Tewari S.N. et al., Deglycyrrhizinated liquorice in duodenal ulcer, Practitioner, 1972, 210:820-5.
14. Bensky D. et al., Chinese herbal medicine: Materia medica, Eastland Press, Seattle, Wash, 1993, 325.

 
 
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