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01-09-2003

Comment la nutrition prévient et traite les problèmes de santé les plus courants


7ème partie

Alcoolisme, prévenir certains effets hépatiques néfastes

La consommation d'alcool, lorsqu'elle devient immodérée peut avoir de multiples effets néfastes d'abord sur le foie, puis sur l'ensemble de l'organisme.

La SAMe, S-adénosylméthionine, joue un rôle particulièrement important dans la biochimie du foie. La consommation d'alcool fait baisser les niveaux d'une enzyme nécessaire à la transformation de la méthionine en SAMe. L'alcool a également pour effet de diminuer brutalement les niveaux de glutathion. Celui-ci, au niveau du foie est l'antioxydant le plus important et est indispensable au bon déroulement des actions de détoxification effectuées par le foie. Une étude1 réalisée en 1991 par des chercheurs espagnols a confirmé la capacité de la SAMe à se convertir en glutathion. Elle a également montré que la prise de SAMe permet de maintenir les niveaux de glutathion, lorsqu'elle est concomitante à la prise d'alcool. Chez un alcoolique, une déficience en SAMe peut constituer une prédisposition à développer une cirrhose du foie. L'administration de SAMe permet de restaurer ses niveaux hépatiques et atténue les paramètres indicateurs de lésions du foie induites par l'alcool comme l'augmentation des transaminases circulantes ou des lésions mitochondriales.
Dans une étude contre placebo, 16 patients souffrant de maladies de foie, alcooliques et non alcooliques ont reçu 1200 mg de SAMe, quotidiennement, pendant six mois. Des biopsies du foie ont montré une augmentation significative des niveaux de glutathion, en même temps qu'une diminution du glutathion oxydé.

Quarante-cinq patients atteints de maladies alcooliques du foie ont vu leur fonctionnement hépatique nettement amélioré après une injection quotidienne de SAMe pendant quinze jours.

Une supplémentation en protéines de petit lait constitue un autre moyen d'augmenter les niveaux de glutathion. Dans l'organisme, le glutathion est synthétisé à partir de trois acides aminés, la cystéine, la glutamine et la glycine. La cystéine est la protéine formant les acides aminés que l'on trouve au plus faible niveau. C'est un facteur limitatif des niveaux de glutathion. Des études ont montré que les protéines de petit lait, agissant comme donneuses de cystéine, augmentent la production de glutathion intracellulaire.

La PPC ou polyénylphosphatidylcholine est extraite de germes de soja. Des études cellulaires et animales ont montré son intérêt dans la prévention et le traitement des lésions alcooliques.

La consommation d'alcool augmente l'apoptose (l'autodestruction) des hépatocytes. Vingt-huit rats mâles2 ont reçu pendant 28 jours une alimentation liquide contenant 36% de calories sous forme d'alcool ou d'hydrates de carbone. Une moitié des animaux a reçu 3g/l de PPC tandis que l'autre recevait une quantité similaire de linoléate et de bitartrate. Une dose supplémentaire d'alcool a été donnée 90 minutes avant que les foies ne soient enlevés. Les résultats ont montré que l'absorption d'alcool multipliait par cinq l'apoptose des cellules du foie par rapport aux témoins. La supplémentation en PPC divisait pratiquement par deux l'apoptose induite par l'alcool.

Dix-huit patients alcooliques ont reçu de la PPC ou un placebo. Sur les neuf patients prenant un placebo, cinq ont constaté deux années plus tard que leur fibrose avait progressé. Chez les neufs patients sous PPC la maladie est restée stationnaire ou a été légèrement améliorée.
La silymarine, extraite des graines du Chardon-Marie, est utilisée dans un grand nombre de désordres hépatiques incluant la cirrhose et des stéatoses alcooliques. Un essai clinique randomisé a été réalisé auprès de 106 soldats finlandais atteints d'une maladie alcoolique du foie modérée (ALAT et ASAT inférieurs à 200U/ml) et des anomalies du foie persistant malgré un arrêt total de la consommation d'alcool pendant un mois.

Les sujets ont reçu pendant quatre semaines 420mg/jour de silymarine ou un placebo. A la fin de cette période de traitement les niveaux moyens d'ALAT et d'ASAT avaient respectivement diminué de 30,1% et 40,8% chez les patients prenant de la silymarine contre une augmentation de 5,4% et 2,8% dans le groupe placebo (Scand J gastroenterol 1981 ; 17 : 517-21).
La silymarine a la capacité de bloquer la fibrose, un processus qui contribue au développement de la cirrhose chez des personnes ayant une inflammation du foie consécutive à une maladie, à un abus d'alcool ou à une hépatite. Dans une étude clinique, 170patients atteints de cirrhose alcoolique ou non-alcoolique ont été suivis pendant deux à six ans et reçu par voie orale 140 mg de silymarine ou un placebo trois fois par jour. Après quatre ans de traitement, le taux moyen de survie était nettement plus important parmi les patients prenant de la silymarine que dans le groupe témoin. Cependant aucune différence significative n'a été observée dans les marqueurs chimiques (J Hepatol, 1989 ; 8 :105-13).

De nombreux alcooliques sont déficients en vitaminesB y compris en vitamine B3. Cette situation est exacerbée par le fait que les alcooliques ont un besoin plus important que les autres en vitamines B.

Une des raisons pour lesquelles 30% des alcooliques développent une cirrhose pourrait être un mauvais fonctionnement du système gastro-intestinal ou l'existence d'endotoxine provenant de l'intestin. Cela semble suggérer que des probiotiques pourraient aider à prévenir le développement de cirrhoses ou d'autres lésions hépatiques.

La cataracte, prévenir et retarder son développement

La cataracte est une opacification du cristallin qui s'accompagne d'une baisse de l'acuité visuelle pouvant aller jusqu'à la cécité.

L'œil a un système de défense qui protège le cristallin des dommages oxydatifs. Des antioxydants comme les vitamines C et E, des caroténoïdes, le glutathion ou le sélénium sont présents dans l'humeur aqueuse. Avec les années, l'efficacité de ce système de défense diminue et des lésions oxydatives irréversibles se produisent.

On a montré que les niveaux de glutathion dans l'œil, diminuent en fonction de l'âge, chutant d'une concentration de 3,5 umol/g à l'âge de 20 ans à 1,8 umol/g à 65 ans. Des chercheurs ont démontré l'existence d'un manque de glutathion dans des cristallins atteints de cataracte3. Le glutathion et son enzyme, la glutathion peroxydase, agissent comme de puissants antioxydants pour protéger la transparence du cristallin en stoppant ou/et réparant les dommages cellulaires causés par les radicaux libres. Des données expérimentales montrent que la prise d'un concentré de protéines de petit lait contenant de fortes concentrations de cystéine/cystine peut apporter au cristallin un complément de glutathion et retarder le développement de la cataracte voire, même, le prévenir.4

Un certain nombre d'études épidémiologiques ont examiné le rôle de l'alimentation comme celui d'un certain nombre de nutriments comme les vitamines C et E et les caroténoïdes sur l'incidence de la cataracte.
Des chercheurs ont ainsi étudié les habitudes alimentaires et la consommation de suppléments de vitamine E de 764 sujets participants à la “Lens Opacities Case-Control Study”. Les résultats ont montré que les personnes supplémentées en vitamine E pendant 5 ans avaient 57% moins de risque de cataracte que celles qui n'en avaient pas consommée. Celles qui prenaient des multivitamines avaient 31% moins de risque de développer cette pathologie.

Dans l'étude sur l'œil de Beaver Dam, aux Etats-Unis (Beaver Dam Eye Study) les liens entre les taux sériques de vitamine E et de caroténoïdes et l'incidence de la cataracte ont été étudiés sur 252 sujets âgés de 50 à 86 ans. Ceux qui avaient les taux sériques de vitamine E les plus élevés avaient 60% moins de risque de développer une cataracte.

Une étude a observé pendant 8 ans plus de 36000 médecins hommes âgés de 45 ans et plus au moyen d'un questionnaire de suivi de leur alimentation. Les sujets consommant 6,9 mg par jour de lutéine et de zéaxanthine (deux caroténoïdes), avaient 19% moins de risque de cataracte que ceux qui n'en absorbaient que 1,3 mg. En consommant des épinards au moins deux fois par semaine, par rapport à une plus faible absorption, ils avaient un risque 30 à 50% moins élevé de se faire opérer de la cataracte5.

Dans une autre étude, les habitudes alimentaires de plus de 77000 infirmières ont été suivies pendant 12 ans. Celles qui ont consommé des épinards et d'autres légumes verts au moins cinq fois par semaine pendant 8 ans avaient un risque de cataracte 47% plus faible que celles qui n'en mangeaient pas. Les infirmières consommant de fortes quantités de lutéine et de zéaxanthine (11,7 mg quotidiens) avaient 19% moins de risque de subir une opération de la cataracte que celles qui n'en consommaient que 1,3 mg par jour6.

Quinze sujets avec une cataracte sénile ont reçu de façon aléatoire 15 mg de lutéine ou 100 UI de vitamine E ou un placebo trois fois par semaine pendant deux ans. L'acuité visuelle a été améliorée de façon significative dans le groupe lutéine tandis qu'aucun changement n'était observé dans ceux prenant de la vitamine E ou sous placebo. De même la sensibilité à la lumière a été améliorée dans le groupe prenant de la lutéine mais pas dans les deux autres. Par ailleurs, pendant la durée de l'étude, la cataracte n'a pas progressé chez quatre des cinq sujets prenant de la lutéine, chez trois des cinq supplémentés en vitamine E et chez l'un des cinq sous placebo7.

Des gouttes ophtalmiques contenant de la N-acétyl-L-carnosine ou NAC ont été utilisées dans une étude portant sur 96 patients âgés de 60 ans et plus. Tous étaient atteints d'une cataracte sénile à différents degrés d'avancement. Après leur avoir fait arrêter tous les médicaments qu'ils prenaient pour soigner leur cataracte, les chercheurs ont demandé aux patients de s'instiller une à deux gouttes de NAC dans chaque œil trois à quatre fois par jour pendant trois à six mois. La cataracte a été améliorée chez tous les patients, pour celles dont l'état était le plus avancé le niveau d'efficacité du traitement a atteint 80%8.

Une autre étude a été définie pour documenter et quantifier les changements provoqués dans l'opacité du cristallin par un tel traitement chez 49 volontaires sur une période de 6 à 24 mois. Les patients ont reçu dans chaque oeil, deux fois par jour, deux gouttes ophtalmiques contenant une solution à 1% de NAC ou un placebo. Ils ont ensuite été examinés au bout de deux et six mois. Après six mois de traitement, 88,9% des yeux traités avaient une plus grande sensibilité à la lumière vive et l'acuité visuelle de 41,5% d'entre eux a été améliorée. Dans le même temps, le groupe placebo a connu une dégradation progressive de la qualité de l'œil à 12 et 24 mois.

Au bout de 24 mois, le groupe traité par la NAC entretient les résultats obtenus en six mois en continuant à utiliser les gouttes de NAC9.


1.Inhibition of glutathion synthesis in the liver leads to S-adenosym-L-methionine synthetase reduction, hepatol, 1991; 14: 528-533.
2.Attenuation of alcool-induced apoptosis of hepatocytes in rat livers by polyenylphosphatidylcholine (PPC), Alcohol Clin
Exp res, 2000; 24: 207-12.
3.Rathburn WB, Glutathione in occular tissues.
194-206
4.Spector A et al, The prevention of cataract caused by oxidative stress in cultured rat lenses. 1994,
Curr Eye Res. 12:2:163-179
5.Brown L, et al. Am J Clin Nutr 70 (1999) 517-524.
6.Chasan-Traber et al. Am J Clin Nutr 70 (1999) 509-516.
7.Nutrition (2003 ;19 : 21-4).
8.N-acetyl-carnosine, a natural histidine containing dipeptide, as a potent ophtalmic drug in treatment of human cataract. Babizhayev MA, Peptides 2001; 22 (6): 979-94.
9.The natural histidine dipeptide N-acetyl-L-carnosine as an antioxidant for ophtalmic use. Babizhayev MA et al. Biochemistry 2000, 65 (5)
pp 588-598.
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