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01-11-2002

La Galantamine retarde le déclin cognitif

La Galantamine est un alcaloïde que l'on trouve dans certaines fleurs de la famille des amaryllacées et, notamment, dans le bulbe des perce-neige et des jonquilles. Elle a d'abord été découverte et utilisée dans les pays de l'Est. Depuis une dizaine d'années, elle suscite un grand intérêt dans le monde entier et de nombreuses études soulignent son utilité dans la maladie d'Alzheimer et autres démences.

Le perce-neige (Galanthus nivalis) et d'autres plantes voisines contenant de la Galantamine sont utilisés depuis de fort longues années en médecine traditionnelle. Leur usage pourrait remonter à l'Antiquité. Dans l'Iliade, Homère décrit une plante, Moly, identifiée comme Galanthus nivalis. Hermès la conseille à Odyssée comme antidote après qu'il ait pris part au banquet empoisonné de Circée.

Les mécanismes d'action de la Galantamine

Cet alcaloïde est isolé, en 1956, par une équipe de scientifiques bulgares et il sera rapidement utilisé dans des indications neurologiques et neuromusculaires.
En 1990, sa capacité à inhiber l'acétylcholinestérase est clairement identifiée. Cette enzyme, présente au niveau des synapses connectant les cellules du cerveau, détruit l'acétylcholine, jouant ainsi un rôle néfaste dans la maladie d'Alzheimer. A partir de ce moment, de nombreuses études et des essais cliniques sont réalisés pour évaluer son intérêt dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.

On sait également que la Galantamine module les récepteurs nicotiniques des cellules du cerveau qui sont des récepteurs particulièrement importants de l'acétylcholine. Cela explique aussi son action bénéfique sur les symptômes de la maladie d'Alzheimer.
Ces récepteurs sont notamment impliqués dans des fonctions cognitives complexes et variées telles que l'attention, l'apprentissage, la mémoire, la douleur ou le contrôle de l'activité locomotrice. Leur perte est corrélée à la sévérité de la maladie d'Alzheimer.

Des études cliniques confirment l'efficacité et la tolérance de la Galantamine

Un essai clinique randomisé1, conduit en double aveugle contrôlé contre placebo, a enrôlé 643 patients atteints de formes bénignes à modérées de la maladie d'Alzheimer. Sur une période de six mois, ils ont reçu quotidiennement, après que les doses aient été progressivement augmentées pendant quatre semaine, 24 à 32 mg de Galantamine. 80% des patients sont allés jusqu'au bout de cette étude qui a montré que la Galantamine est efficace et bien tolérée dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. Elle ralentit le déclin des capacités cognitives et fonctionnelles.

Une Meta-analyse2 incluant 7 études a confirmé l'efficacité de la Galantamine dans le traitement de formes modérées à légères de maladie d'Alzheimer. Elle a mis en valeur des effets positifs importants dans des études ayant duré 3, 5 et 6 mois. La Galantamine s'est montrée efficace sur les tests cognitifs d'ensemble, l'évaluation des activités de la vie quotidienne et le bien-être. Les dosages les plus utilisés dans ces études étaient 24 ou 32 mg quotidiens. Les auteurs ont cependant conclu qu'une dose quotidienne de 16 mg devait être suffisante, son efficacité étant égale à celle de doses supérieures et les effets secondaires pouvant être moins importants dans ce cas.

La Galantamine préserve les fonctions cognitives

Les études ont montré que, chez des patients atteints de maladie d'Alzheimer, un déclin net et important des fonctions cognitives se produit au cours d'une année. Pour être considéré comme efficace, il n'est pas nécessaire qu'un traitement soit capable d'inverser le cours de la maladie. Le succès est obtenu lorsque le traitement stoppe le déclin et maintient des niveaux de fonction cognitive de base.

Un récent article3 passant en revue les traitements actuels de la maladie d'Alzheimer, a cité des preuves de l'efficacité de la Galantamine après avoir examiné trois études randomisées, en double-aveugle et contrôlées contre placebo d'une durée de 6 mois. A la fin de ces études, dans la majorité des cas, la fonction cognitive restait inchangée. Avec la Galantamine, la fonction cognitive n'était pas seulement maintenue, elle était également nettement améliorée. Par contre, dans le groupe sous placebo, la fonction cognitive, comme on pouvait s'y attendre, avait diminué.

Galantamine et démence vasculaire

Démence vasculaire et maladie d'Alzheimer cohabitent fréquemment. La cause sous-jacente des démences vasculaires est souvent l'existence d'une maladie cérébro-vasculaire dans laquelle des artères sont encrassées et perturbent le flux sanguin. Cela favorise une pression sanguine élevée et rend le sujet vulnérable face aux congestions cérébrales.
592 patients4 âgés de 40 à 90 ans avec une maladie cérébro-vasculaire diagnostiquée coexistant probablement avec une possible démence vasculaire ou une maladie d'Alzheimer ont été répartis en deux groupes. L'un a reçu un placebo, l'autre 4 mg quotidiens de Galantamine par palier d'une semaine. Au bout de quatre semaines, ils prenaient donc une dose de 24 mg en deux prises quotidiennes.

Après six mois de traitement, la cognition a été améliorée, non seulement par rapport au groupe témoin mais aussi par rapport aux scores de ces mêmes patients six mois avant. L'autonomie fonctionnelle a progressé et les troubles du comportement ont régressé. Les améliorations de l'état des patients sont intervenues dans des proportions similaires à celles obtenues dans le cas de malades souffrant de maladie d'Alzheimer.

Cependant, probablement en raison d'une progression trop rapide des doses et, à un degré moindre, de la dose elle-même, les effets secondaires (principalement nausées et vomissements) ont été relativement importants.


1 Wilcock et coll. 2000 British Medical Journal.
2 Olin J et al. Galantamine for Alzheimer's disease (Cochrane review). In The Cochrane Library, Issue 2, 2001. Oxford: update software.
3 Tariot PN et al. Maintaining cognitive function in Alzheimer disease
4 Erkinjuntti T et all. Efficacy of galantamine in probable vascular dementia and Alzheimer's disease combined with cerebrovascular disease : a randomised trial. 2002 Lancet ; 13, 359 :1283-90.
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