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01-08-2000

Entretien avec le Dr Christophe de Jaeger

L'Institut Européen du Vieillissement vient d'ouvrir ses portes au 7, rue de l'Yvette dans le 16 ème arrondissement de Paris. Dirigé par le Dr Christophe de Jaeger, l'Institut à pour vocation d'aider les gens à prendre en charge leur vieillissement et à vivre plus longtemps en bonne santé. Le dépistage précoce de dysfonctionnements organiques permet de mettre en place une prise en charge adaptée, susceptible de retarder ou même, parfois, d'inverser certains processus pathologiques liés au vieillissement.
Quelles seront les activités de ce nouvel Institut ?

L'institut possède plusieurs unités. L'unité de dépistage et de prévention propose une évaluation de base, une prise en charge adaptée et un suivi personnalisé du vieillissement. L'institut n'intervient pas dans le cadre de la maladie, mais ans celui de la prévention et du dépistage. C'est une structure exploratoire. Cela veut dire que l'on va rechercher les moindres petits signes annonciateurs d'une maladie qui deviendra patente, voire invalidante après 15 ou 20 ans d'évolution à bas bruit. Pour dépister ces anomalies, il faudra soigneusement interroger et examiner le patient. Ce n'est qu'après, que toute une batterie d'examens et de tests pourront être réalisés en fonction de chaque cas. Cette phase d'évaluation peut permettre de mettre en évidence un certain nombre de dysfonctionnements comme une intolérance au glucose, une hyper-cholestérolémie, une arthrose débutante, une ostéoporose, les prémices d'une maladie de la mémoire, d'une insuffisance coronarienne ou encore d'une carence hormonale. Dans certain cas, l'état du patient demande simplement des conseils d'hygiène de vie (nutrition, activités sportives…) et il suffira simplement de le réévaluer après un temps donné pour juger de l'efficacité de la prise en charge.

En revanche, si une maladie est dépistée, le patient est orienté vers un spécialiste. Par exemple, dans le cas d'une maladie coronarienne ou d'une insuffisance cardiaque, le patient est adressé à un cardiologue. L'Institut n'est pas une structure de soins. A titre d'exemple, on a pu découvrir chez plusieurs personnes entre 50 et 60 ans, venant pour un bilan, des problèmes de mémoire. Ce sont des gens que l'on peut merveilleusement aider, car cela permet de prendre la maladie à son tout début. A ce moment là, soit des conseils sont suffisants et on les revoit dans quelques mois pour en évaluer l'efficacité, soit, ils ont seulement besoin de traitements simples qui peuvent être des antioxydants. Mais là encore, s'il s'agit d'une réelle atteinte neuronale, le patient sera orienté vers une structure de soins susceptible de le prendre en charge. Un autre exemple, lorsque l'on trouve une scoliose ou une rétroversion du bassin à 40 ou 50 ans. Quelques conseils de kinésithérapie peuvent suffire pour réapprendre au patient à bien se tenir. Un kinésithérapeute guidera la personne, l'aidera à renforcer sa sangle abdominale, à modifier un certain nombre de rapports anatomiques qui vont empêcher l'arthrose de se développer 5 ou 10 ans plus tard. Je crois qu'il faut insister sur le fait que parfois quelques conseils simples peuvent transformer l'évolution à terme d'un individu. Alors pourquoi s'en priver ?

A quel âge faut-il dépister les maladies du vieillissement ?

Je pense qu'il est important de commencer à dépister certaines maladies du vieillissement systé-matiquement dès 50 ans. Mais ceci est aussi fonction des individus. En fait, il convient de réagir et de se poser des questions dès que l'on commence à se sentir moins performant (psychiquement et/ou physique-ment) qu'avant. Pour certains cela sera à 40 ans, pour d'autres à 60. Le vieillissement, qu'on l'accepte ou non, commence très tôt. Nous sommes au maximum de nos capacités vers 25-30 ans. Le nec plus ultra étant vers les 25 ans (c'est l'âge qui correspond au maximum des capacités des sportifs). Mais généralement cela ne «va pas trop mal» jusqu'à 40/50 ans. Pour certains, c'est un peu plus tôt et pour d'autres, un peu plus tard. Et puis, doucement, les performances baissent. On s'enfonce doucement dans ce processus insidieux du vieillissement. La cinquantaine arrive, on fait moins de choses mais on préfère ne pas y penser. 50 ans, c'est un moment difficile. Les gens sentent le déclin mais ne savent pas vraiment à quoi l'attribuer. S'ils parlent de leurs pré-occupations à leur médecin, celui-ci répond qu'il n'y a pas de problème et qu'ils sont en bonne santé. Pourtant, si l'on se regarde dans une glace à 50 ans et que l'on se compare à ce que l'on était à l'âge de 20 ou 30 ans, on constate des différences. Et ces différences ne sont pas neutres. Elles sont le reflet d'un certain nombre de modifications qui se sont produites dans notre corps.

Qu'est-ce qui vous a amené à penser que le dépistage devait se faire de façon aussi précoce ?

J'ai une formation de médecin gériatre. J'ai donc été confronté à des gens qui vieillissent mal et qui finissent par perdre leur autonomie. En essayant de comprendre le pourquoi de cette évolution négative, je me suis rendu compte que c'était le résultat d'un processus commencé 10, 20 voire 30 ans auparavant. C'est à 50 ans que l'on peut prendre en charge et modifier le cours d'un processus dont les conséquences seront dramatiques à 80 ans. Les maladies ont généralement débuté bien des années avant que le premier symptôme n'apparaisse. Les prémices de ces processus sont souvent passées inaperçues ou ont été négligées. Et puis le processus s'est accentué et les problèmes ont réellement commencé. On passe alors du stade de la prévention à celui de la maladie. L'histoire la plus typique est celle des maladies de la mémoire. On voit en «consultation mémoire», des patients, souvent amenés par leur famille, qui ne savent plus combien ils ont d'enfants, ni en quelle année nous sommes. En interrogeant leur famille, on se rend compte que le problème ne date pas d'hier mais, souvent, depuis 3 ou 5 ans, et qu'il a été négligé. Ou alors, les gens ont bénéficié de pseudo «bons conseils» : «Ne vous inquiétez pas» ou «Il n'y a rien à faire, c'est l'âge», faisant ainsi perdre de nombreuses années aux traitements qui sont aujourd'hui efficaces.

Un autre exemple typique de cette latence est la maladie artérielle. Durant la guerre du Vietnam, les médecins américains ont autopsié des GI morts au combat. Ils ont constaté que ces jeunes gens avaient des artères déjà rongées par des dépôts de cholestérol (athérome). C'était des GI, donc des hommes en pleine force de l'âge, qui ne se plaignaient de rien, qui étaient tout sauf malades. Et, pourtant, une maladie grave évoluait déjà. Cela veut dire qu'une maladie aussi grave que l'athérosclérose commence très jeune. Lorsque l'on fait un infarctus du myocarde, à 55 ou à 65 ans ou, encore, un accident vasculaire cérébral à 75 ans, cela signifie la plupart du temps, que des lésions artérielles évoluaient depuis de très nombreuses années. Vous comprenez donc facilement l'intérêt du dépistage permettant de mettre en évidence des processus pathologiques latents et d'intervenir au plus tôt pour les corriger, avant qu'ils ne deviennent des maladies.

Est ce facile à 40/50 ans de venir parler de vieillissement à un médecin?

Oui ! De plus en plus de gens sentent bien qu'il est devenu nécessaire d'en parler. Ils sont sensibilisés au vieillissement par deux biais. Le premier vient du fait qu'ils se sentent moins performants (ils n'arrivent plus au bout de leur 5 ème set de tennis). Ils sentent que quelque chose est différent et commencent à s'interroger. Le second vient du fait qu'ils sont confrontés au vieillissement de leurs parents qui entrent dans la dépendance (vieillissement pathologique). Ils se disent qu'ils ne veulent pas vieillir comme eux et que c'est maintenant qu'ils doivent s'en préoccuper, se prendre en charge. Il devenait donc urgent de créer une structure susceptible de répondre aux attentes des gens souhaitant une prise en charge médicalisée de ce processus très spécifique et différent d'un individu à un autre, qu'est le vieillissement. C'est pour répondre à ce besoin que nous avons créé l'Institut Européen du Vieillissement. Cette structure qui est pourvu d'un important plateau technique d'exploration va permettre de donner une nouvelle arme aux patients qui souhaitent intervenir le mieux possible sur leur vieillissement, ainsi qu'à leurs médecins. Il s'agit d'un centre européen dans la mesure où plusieurs collaborations existent déjà avec des médecins de pays voisins.

Quels examens pratiquez-vous dans le Centre ?

Ma vision du dépistage et de la prévention du vieillissement est très médicale au sens où j'essaie toujours de mesurer ce que l'on fait. Il faut évaluer les gens à la base, avant de leur proposer quelque chose et, ensuite, il faut évaluer l'impact de ce que l'on fait et, surtout, permettre au patient d'évaluer les effets positifs des efforts qu'il a réalisés. Prenons l'exemple de quelqu'un qui a un diabète avec des glycémies élevées. S'il fait des efforts alimentaires, il verra sa glycémie se normaliser. Pour lui ce sera positif. Il mesure ses efforts et en voit l'intérêt. On retrouve cela dans le vieillissement mais en beaucoup plus complexe. L'évaluation des fonctions cardio-vasculaires, pulmonaires, les hormones, l'œil, l'audition, le cerveau, sont autant de fonctions que l'on peut évaluer et sur lesquelles on peut mesurer l'impact de nos prises en charge. Dès maintenant, on peut évaluer la VO 2 max (mesure de la consommation maximale d'oxygène à l'effort), le débit cardiaque, les fonctions pulmonaire, vasculaire et cérébrale, l'hormonologie et les phénomènes oxydatifs. Je crois personnellement beaucoup à la VO 2 max comme moyen d'évaluation. C'est un test dynamique qui permet d'évaluer les fonctions cardiaque, respiratoire, vasculaire et même cellulaire. En pratique, la personne va faire un effort contrôlé mesuré en watts, et durant cet effort, on va pouvoir suivre avec attention une multitude de paramètres sur le système cardiaque, le système vasculaire, le système pulmonaire qui forment un bloc fonctionnel au service du transport de l'oxygène. Et l'oxygène va aux cellules. Le test nous donne également une analyse de la capacité énergétique cellulaire. Obtenir toutes ces informations avec un seul test, certes de haute technologie -les gens sont équipés de tas d'électrodes, il y a des scopes partout- c'est formidable.

On est aussi capable d'analyser le fonctionnement cérébral. Il y existe plusieurs méthodes : Les tests fonctionnels mnésiques, la cartographie cérébrale, l'encéphaloscan, et, plus morphologique, le scanner ou l'IRM. A l'institut, on peut effectuer des cartographies cérébrales et on a un encéphaloscan qui mesure l'élasticité du tissu cérébral en fonction de chaque systole cardiaque. Cela donne une idée assez intéressante de l'état fonctionnel du cerveau et c'est particulièrement utile dans le cadre de l'exploration des troubles de la mémoire. A partir de la fin du mois de décembre nous allons acquérir des matériels d'enregistrement sur 24 heures (technologie Holter). Ce sont des appareils qui permettent de mesurer la tension, le rythme cardiaque sur 24 heures. Nous allons également acquérir du matériel d'exploration sensoriel très performant. Le visuel est un aspect très important sur lequel nous travaillerons avec un ophtalmologiste qui inter-viendra dans une approche vieillissement. Nous négocions aussi l'achat d'un appareil pour regarder la rétine et analyser la circulation rétinienne de façon très particulière. Ces examens donnent des informations sur la rigidité des artères, sur la circulation au niveau des artères et des veines de la rétine qui est le reflet de ce qui se passe dans le cerveau. La rétine est une excroissance neurologique du cerveau. Et le cerveau est le centre essentiel de l'être humain.

Pourquoi rassembler tous ces examens dans un seul centre ?

J'ai beaucoup de patients qui viennent me voir de province. Avant l'ouverture de l'Institut, lorsque j'avais besoin d'examens, ils les faisaient dans leur région. Je devais d'ailleurs les prévenir que certains médecins n'allaient pas comprendre pourquoi des personnes de 40/50 ans, apparemment en bonne santé, voulaient faire de tels examens, alors qu'ils n'étaient pas malades. Certains confrères ont même conseillé aux personnes de revenir seulement lorsqu'ils seraient malades. D'autre part, il existait d'énormes différences liées aux appareils parfois de technologies différentes, voire à des divergences d'interprétations. Et puis, il faut repositionner chaque examen en fonction de son intérêt. Plutôt que d'adresser des gens en consultations à droite à gauche, je préfère l'idée de les ramener en un lieu qui les centralise. Maintenant, la plupart des examens seront faits à l'Institut et c'est très important en terme d'homogénéité de résultats.

Quelle différence y-a-t-il entre des examens effectués dans un but de dépistage, de prévention du vieillissement et ceux pratiqués, disons, en médecine généraliste traditionnelle ?

Généralement, si vous allez voir un médecin, c'est parce que vous avez un problème aigu particulier comme une grippe, une angine ou une bronchite. En dehors de ce problème, vous êtes en pleine forme. Vous allez chez votre médecin, il fait un diagnostic, par exemple, une bronchite, et il vous donne votre traitement. N'étant pas formé à la prévention, il ne fait généralement pas d'autres examens. Mais il aura répondu à ce que l'on attendait de lui et traité la maladie. Et puis, une bronchite, c'est quelque chose de ponctuel dans le temps. Elle dure dix jours et le onzième, vous faites ce que vous voulez. Le proces-sus de vieillissement, lui, dure toute votre vie. Dans le cadre de la prévention et du dépistage, on ne doit pas considérer que tout va bien simplement parce que des résultats d'analyse sont conformes à des normes. Un exemple, avec le cholestérol. En pré-vention, nous regardons des gens de 50 ans qui ont un cholestérol limite, à 2,20 g, 2,30 g. Inférieurs à 2,50, les résultats sont généralement considérés comme normaux par la plupart des laboratoires de biologie. Alors les gens pensent qu'ils sont dans la norme et en pleine forme. Mais, en réalité qu'est-ce que cela veut dire ? Est-ce que ce cholestérol va se déposer dans les artères ? Si on regarde dans leurs artères, on va peut-être se rendre compte qu'il y a déjà des dépôts.

Cela nous amène à avoir une vision très différente du cho-lestérol. Certains, avec 3 g de cholestérol ont des artères parfaites et d'autres, avec seulement 2 g de cholestérol, voire moins, ont des artères qui commencent à se charger. Cela veut dire qu'il faut savoir relativiser tous les résultats. Il ne faut pas soigner une norme, mais un patient. Il faut aussi prendre le temps d'expliquer à quelqu'un qui a un cholestérol à deux grammes pourquoi il doit le faire descendre, alors que tout le monde lui dit que c'est parfait. Il faut aussi lui dire comment il doit le faire. Et là, on entre une médecine différente qui néces-site beaucoup de temps et demande des entretiens très longs où l'on pose énormément de questions mais, aussi et surtout, où l'on écoute beaucoup. Les gens oublient souvent beaucoup de choses dans leur cursus santé. Il faut ensuite essayer de refaire une éducation. C'est souvent toute une hygiène de vie qu'il faut rebâtir avec eux. Le vieillissement n'est pas considéré comme une maladie, mais comme un processus naturel. Ace titre, cette médecine est hors convention et n'est pas prise en charge par la sécurité sociale. Cela changera peut-être dans dix ou quinze ans. La caisse prend en charge la maladie. C'est d'ailleurs pour que tous soient égaux devant la maladie que la sécurité sociale a été créée. Mais la prévention est peut-être aussi quelque chose que les gens doivent eux-même prendre en charge.

Quelles méthodes utilisez-vous ?

Une idée très forte est d'essayer d'évaluer l'âge biologique des gens. Il est le reflet de l'état physiologique ou fonctionnel exact d'un individu alors que l'âge chronologique ne reflète qu'une partie du vieillissement personnel. Evaluer l'âge biologique permet à l'individu de se situer par rapport aux autres. On rencontre souvent des gens qui ne font pas du tout leur âge. Ils paraissent soit plus jeunes, soit plus vieux. L'âge biologique est aussi un bio-marqueur indispensable pour mesurer les effets à court ou moyen terme d'agents potentiellement efficaces sur le processus de vieillissement. Il s'évalue avec des tests comme la capacité vitale, le volume expiratoire forcé, l'acuité visuelle, le degré d'accommodation pupillaire, la pression artérielle systolique, la force de préhension, la vitesse de réaction nerveuse, la VO2 max…Grâce à un certain nombre de tests, on peut arriver à situer les gens à la fois fonctionnellement et biologiquement. La mesure de la consommation d'oxygène ou VO 2 max est un excellent reflet de l'état cardio-vasculaire et respiratoire du corps. C'est un examen extraordinaire parce que l'on voit la personne réagir à l'effort. Et l'effort, c'est le cœur, les vaisseaux, les poumons. On mesure la consommation d'oxygène du corps et, à un moment donné, le métabolisme passe à ce que l'on appelle l'anaérobiose. C'est-à-dire que le métabolisme change. Au-delà d'un certain degré d'effort, le corps, les muscles n'utilisent plus l'oxygène et passent dans un métabolisme différent qui utilise d'autres voies métaboliques dans la cellule. Et cela donne une idée précise de l'état fonctionnel de l'individu. L'important est que l'âge biologique que l'on peut déterminer grâce à ces tests peut évoluer de façon différente de l'âge chronologique.

Par exemple, si l'on examine quelqu'un et qu'on lui fait passer des tests on obtient un certain nombre de valeurs de référence. On peut ensuite lui expliquer où il se situe : votre capacité fonctionnelle est à X et votre taux d'infléchissement de la courbe est à Y. Il est alors possible de donner un certain nombre de conseils d'hygiène de vie, comme de faire tel type d'exercice, d'éviter tels écarts alimentaires,… En le revoyant un an plus tard, il est possible de regarder si les choses ont évolué. S'il a bien suivi les conseils qui lui ont été donnés, ses capacités fonctionnelles, au lieu de se détériorer, peuvent être stables ou avoir progressé. Et, ça, c'est formidable parce qu'alors les gens peuvent constater les progrès réalisés. Mais simplement parce qu'ils se prennent en charge, les gens se sentent déjà mieux. Ce sont des choses extrêmement simples mais que personne ne fait. Aujourd'hui toute personne souhaitant se prendre en charge au plan du vieillissement devrait bénéficier d'une mesure de son âge fonctionnel.

Que conseillez-vous à vos patients sur le plan nutritionnel ?

J'ai l'impression que les gens que je vois sont assez peu enclins à révolutionner leur alimentation. On peut les conseiller et leur faire éviter de grosses erreurs qu'ils faisaient sans le savoir, on peut les orienter un petit peu. Globalement, quand vous travaillez, vous n'avez pas toujours la capacité de choisir tel type d'aliment plutôt que tel autre, tel type d'huile etc. Donc, je pense qu'une approche nutritionnelle est fondamentalement bonne mais je crois aussi que, dans la réalité, les gens on du mal à la suivre. Il vaut mieux, dans ce cas, après le bilan adéquat, donner par exemples des antioxydants. Les antioxydants me paraissent très importants. C'est lié à notre métabolisme aérobie et à l'oxygène. Notre organisme produit des radicaux libres et a des mécanismes de défense anti-radicaux libres qui sont de moins en moins efficients avec le vieillissement. Il y des moyens plus ou moins naturels de lutter contre les radicaux libres comme, par exemple, la supplémentation en vitamines. On a des moyens d'évaluer notamment la charge oxydative. On peut mettre en place des thérapies avec des vitamines dont la toxicité est nulle et c'est important.

Vous travaillez depuis longtemps sur la prévention du vieillissement ?

J'ai choisi d'être gériatre parce que j'ai remarqué que les gens étaient très inégaux par rapport au vieillissement. Je voulais aussi cesser d'être un simple spectateur devant le vieillissement. Je voulais essayer de comprendre ce qui faisait que des gens vieillissaient bien et que d'autres vieillissaient mal. Pourquoi certaines personnes à 70 ans en font-elles 60 et d'autres 85 ? C'est très frappant. J'ai la chance d'avoir des parents qui ont travaillé très tard. Ma mère, qui a 85 ans, était maître de ballet. A 74 ans, elle donnait des cours de danse à des femmes de 30 ans. Quand ses élèves sortaient épuisées, ma mère commençait le cours suivant. C'est extraordinaire. Et cela a une signification. Comment en arrive-t-on là ? Vous imaginez ce que cela représente 15 ans de vie en bonne santé ? On vous dit aujourd'hui, vous avez 15 ans de vie valide supplémentaire, vous allez pouvoir voyager, faire des choses pendant que d'autres seront dans des fauteuils roulants ! C'est l'injustice face au vieillissement qui a été ma motivation. Et ensuite, forcément, avec cette logique, lorsque je me suis installé en gériatrie, je me suis demandé : Qu'est-ce qui va faire qu'une personne va vieillir différemment ? Je vais prendre un autre exemple.

Un patient est venu me voir il y a 5 ou 6 ans. Il m'a dit, j'ai 65 ans, mon père et mes deux frères ont fait une hémiplégie vers cet âge-là. Moi, je suis en bonne santé, mais j'ai peur. On a alors examiné ce patient et on a trouvé une plaque ulcérée sur sa carotide avec un fort risque d'embolie cérébrale. Je lui ai conseillé, compte tenu de son passé familial, de la faire retirer. En effet, le risque génétique était majeur. Je rappelle qu'il n'avait aucune symptomatologie. Il fallait donc opérer. Il me dit OK. Il avait compris et ne voulait pas finir comme son père ou ses frères. Il est allé voir un chirurgien qui a refusé de l'opérer. Le patient n'avait jamais eu d'accident cérébral auparavant et le chirurgien ne voulait pas prendre le risque d'opérer. Il a fallu consulter plusieurs chirurgiens avant d'en trouver un qui accepte de pratiquer l'intervention. Tout s'est bien passé mais cela a été un combat et c'est, je dirais, un triomphe de la médecine préventive. On était dans un contexte familial pathologique et on n'a pas attendu que la personne fasse une hémiplégie pour intervenir. Il s'agit là de médecine pure et dure mais conjuguée de façon différente. Je la conjugue de façon préventive mais en me basant toujours sur des examens bien connus.

La création de cet institut correspond à une demande de plus en plus importante de nos contemporains : Bien vieillir est le maître mot. Pourquoi continuer à être les victimes passives de processus sur lesquels nous pouvons intervenir ? Des prises en charges sont possibles, pourquoi ne pas en bénéficier ? Je crois qu'aujourd'hui, de plus en plus de personnes et de médecins sont sensibilisés à cette nouvelle médecine « anti-âge » qui a besoin d'un plateau technique de haute technologie pour mesurer son action et gagner enfin ses lettres de noblesse.

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