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01-11-2000

CANCER HORMONO-DEPENDANTS, L'INTERET DES EXTRAITS DE LEGUMES CRUCIFERES

Les cancers du sein, de l'utérus, de la prostate, des ovaires, sont dits hormono-dépendants parce que des hormones sexuelles pourraient augmenter leur incidence ou favoriser leur développement. Des études ont montré que la consommation de certains légumes pourrait réduire le risque de ces cancers de façon importante. Ainsi, une étude, récemment publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, indique que la consommation d'au moins 3 portions de légumes crucifères par semaine, autrement dit de trois portions de choux, de choux-fleurs, de choux de Bruxelles ou de brocolis, diminue le risque de cancer de la prostate de presque 50%. Ces légumes contiennent des phytonutriments, l'indole-3-carbinol (I3C) et le di-indolylméthane, qui semblent capables de modifier le métabolisme des œstrogènes et, ainsi, de réduire le risque de cancer.
Le rôle des Oestrogènes

Une des premières théories concernant les oestrogènes et le cancer a été avancée par Henry Lemon, M.D., de l'Université du Nebraska. Se concentrant sur l'œstriol, le principal œstrogène circulant, le Dr Lemon a d'abord pensé qu'une plus grande proportion d'œstriol était bonne et peut-être même anti-carcinogène. Il a observé que les femmes qui avaient plus de chance de survivre à un cancer du sein étaient celles qui avaient les plus grandes quantités d'œstriol.

Dans une petite étude non contrôlée, l'administration d'œstriol semblait provoquer une rémission dans une partie des cancers du sein qui avaient métastasés jusqu'à l'os.

D'autres chercheurs ont découvert que des femmes asiatiques, vivant en Asie, qui ont de plus faibles taux de cancer du sein, ont également une plus forte proportion d'œstriol circulant que des femmes américaines avec un plus fort ratio de cancer du sein. Des femmes asiatiques vivant à Hawaii, ayant un taux de cancer du sein à mi-chemin entre les femmes asiatiques vivant en Asie et les américaines, ont également des niveaux d'œstriol à mi-chemin des niveaux des deux autres.


Les sœurs et les filles de femmes qui ont eu un cancer du sein avaient de plus faibles proportions d'œstriol que les sœurs et les filles de femmes n'ayant pas eu de cancer du sein. D'importantes recherches animales semblent indiquer que l'œstriol a des propriétés anti-carcinogènes ou au moins non carcinogènes.

L'hypothèse du ratio 2/16a-hydroxyoestrone

Le 17b-oestradiol (habituellement appelé oestradiol) est souvent appelé l'œstrogène principal. Bien qu'il y ait normalement beaucoup plus d'œstriol que d'œstradiol, ce dernier est considérablement plus puissant et est connu depuis des décades pour être plus carcinogène.

H. Leon Bradlow, M.D. et un groupe de chercheurs du laboratoire de recherches sur le cancer Strang-Cornell, de la ville de New-York, aussi bien que d'autres chercheurs ont développé un grand nombre de preuves concernant deux métabolites de l'œstradiol et leurs tendances relatives à promouvoir ou à freiner la croissance du cancer.

Parmi d'autres choses, l'œstradiol est métabolisé en oestrone qui, a son tour, peut être métabolisé en 2-hydroxyoestrone ou en 16-alpha-hydroxyoestrone.

Une importante relation inverse est observée à ce niveau : lorsque davantage de 2-hydroxyoestrone est produit, il y a généralement moins de 16-alpha-hydroxyoestrone et réciproquement.

Dans l'une de ses publications, le Dr H.Leon Bradlow a appelé le 2-hydroxyoestrone “le bon œstrogène” et a donné des preuves que le 16a-hydroxyoestrone est le “mauvais œstrogène”.

Il avait observé que le 16a-hydroxy-oestrone était 4,56 fois plus élevé chez des patientes subissant une mastectomie pour un cancer que chez des patientes n'ayant pas de cancer.

Il écrit : “Des preuves provenant d'une longue série d'études ont démontré un rôle spécifique pour le 16a-hydroxyoestrone comme un œstrogène transformant, plus puissant que l'œstradiol lui-même”. (transformant fait référence à la tendance du 16a-hydroxyoestrone à augmenter la croissance et la prolifération cellulaire et même les transformations cancéreuses dans des tissus sensibles aux œstrogènes).

Il poursuit en notant la prépondérance des preuves montrant que, par contraste, le 2-hydroxyoestrone est non carcinogène et même anti-carcinogène. Il souligne que l'on a démontré qu'un traitement réduisant le rapport 2/16a-hydroxyoestrone, chez l'homme, renverse la croissance du papillome laryngé causé par la même famille de virus (VPH) impliquée dans les cancers de l'utérus.

D'autres chercheurs ont soulevé l'hypothèse que le cancer d'autres tissus, incluant l'utérus, la prostate, le foie et les reins, pourrait être affecté par le rapport 2/16a-hydroxyoestrone aussi bien que par d'autres métabolites des œstrogènes.

De nombreuses recherches sont en cours concernant le rapport 2/16a-hydroxy-oestrone avec une minorité habituelle de chercheurs discutant ses significations et sa validité.

Une étude sur l'homme très récente montre que les niveaux de 2-hydroxy-oestrone et les ratios 2/16a-hydroxy-oestrone étaient significativement plus faibles tandis que les niveaux de 16a-hydroxyoestrone étaient plus élevés chez des patientes atteintes d'un cancer du sein.

Le rapport 2/16a-hydroxyoestrone était le facteur prédictif le plus significatif de cancer du sein.

Zumoff résume ainsi les preuves qui soutiennent la théorie du ratio 2/16a-hydroxy-oestrone :

- chez les femmes ayant un cancer du sein, le 16a-hydroxyoestrone est augmenté,

- chez les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein, le 16a-hydroxyoestrone est augmenté,

- Chez des souris avec une forte incidence de cancer du sein, le 16-hydroxyoestrone est augmenté. Le degré d'augmentation du risque est parallèle au degré d'augmentation du 16-hydroxyoestrone,

- Le virus de cancer du sein chez la souris (MMVT) est associé à une augmentation du 16a-hydroxyoestrone. Quand on injecte le virus MMVT à des souris sans virus, le 16a-hydroxyoestrone augmente et après la suppression du virus des animaux, le 16a-hydroxyoestrone diminue.

- Le 16a-hydroxyoestrone est génotoxique (toxique pour l'ADN) pour les cellules épithéliales du sein dans des cultures cellulaires et induit une prolifération atypique.

- L'indole-3-carbinol diminue le 16a-hydroxyoestrone et prévient largement le cancer du sein chez des souris ayant une grande incidence de cette maladie.

Selon Zemoff “un ensemble d'études impressionnantes et consistantes, depuis 1966, a clairement établi que l'augmentation de la 16a-hydroxylation de l'œstradiol est associée au cancer du sein et au risque de cancer du sein chez les souris comme chez l'homme.”

En résumé, la théorie du ratio 2/16a-hydroxyoestrone maintient que ce ratio est un important marqueur du facteur de risque non seulement pour le cancer du sein mais, aussi, pour tous les cancers dépendant des oestrogènes (seins, ovaires, utérus et probablement la prostate) : un ratio 2/16a plus élevé est meilleur, un plus faible est plus mauvais.

Il faut souligner que la signification et l'utilité de ce rapport ne sont pas absolument établies. Cependant, puisque les preuves sont importantes et que les facteurs de modification provenant de l'alimentation ou de la supplémentation sont sans danger, il est conseillé de commencer dès maintenant à diminuer le risque de cancer.


DIM (di-indolylméthane)
et I3C (indole-3-carbinol)

Chaque molécule de DIM est formée par la combinaison de deux molécules d'I3C. Le DIM est naturellement formé à partir de l'I3C pendant la fermentation ou la digestion acide de végétaux crucifères. Comme l'I3C, le DIM est présent dans les brocolis, les choux, les choux-fleurs et les choux de Bruxelles. Le DIM est produit naturellement dans les légumes crucifères après qu'ils aient été concassés ou mâchés par l'action des enzymes de la plante sur des précurseurs appelés glucosinolates. Le DIM est également formé à partir de l'I3C sans enzyme, dans un environnement acide, comme celui de l'estomac, lorsqu'il est pris sous forme de supplément.

Dans certaines études, dans lesquelles de l'I3C synthétique avait été donné à des animaux, environ 4% de ce qui restait dans l'estomac se transformait en DIM. Plus intéressant était le fait qu'injecté à des animaux, l'I3C, évitant ainsi l'estomac et les digestions acides, n'avait pas le moindre effet sur la modification du métabolisme des œstrogènes. Le DIM, cependant, était aussi puissant à changer le métabolisme des œstrogènes, qu'il soit injecté ou donné oralement.

L'importance du DIM a été récemment mise en évidence dans une étude réalisée par des chercheurs de l'Institut de Recherche du Midwest, à Kansas City. Ils ont rapporté que, chez des sujets humains, lorsque l'on donnait 400 mg d'I3C en supplémentation orale, seul le DIM et non l'I3C était identifié dans le sang. Cela souligne l'importance du DIM comme principe actif dans les bénéfices attribués à l'I3C.

Dans une autre étude plus récente, utilisant des tranches de foie humain en culture d'organe, aucun changement de l'activité enzymatique n'était noté quand de l'I3C était ajouté directement sur les tranches de foie. Cependant une puissante action sur la régulation des enzymes était observée après l'addition de DIM. Ces enzymes étaient semblables à certaines enzymes responsables de modifications métaboliques bénéfiques sur les œstrogènes, observées avec de l'I3C ou du DIM.

Une étude a évalué les effets du DIM sur les événements régulés par les oestrogènes dans des cellules humaines de cancer du sein. Les résultats ont montré que le DIM peut activer de façon sélective la fonction des récepteurs d'œstrogènes.

Métabolisme des oestrogènes et cancer de la prostate

Comment ce métabolisme des œstrogènes peut-il affecter le cancer de la prostate ? On a observé que, chez l'homme, la testostérone peut être directement transformée en oestradiol.

C'est en fait la plus importante source d'œstrogènes de l'homme (les deux sexes ont normalement de petites
quantités d'hormones du sexe opposé).

Ensuite, un peu de cet oestradiol peut être converti en 16a-hydroxyestrone “le mauvais œstrogène”. Le 16a-hydroxy-oestrone ainsi ajouté va exercer la même influence négative dans la prostate qu'il peut le faire dans les seins et les autres tissus de la femme. Au pire, il induira un cancer de la prostate.

Des choux, des brocolis, des choux-fleurs,… pour diminuer le risque de cancers hormono-dépendants

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute montre que trois portions ou plus par semaine de légumes crucifères réduisent le risque de cancer de la prostate presque de moitié.

Cette étude qui concernait plus de 600 hommes avec un cancer de la prostate a été conduite dans la région de Seattle.

Elle confirme des données venant d'une étude canadienne montrant que les légumes crucifères, les tomates, les légumes verts tout comme les haricots, les lentilles ou les noix réduisent substantiellement le risque de cancer de la prostate.

La famille des crucifères inclut notamment les choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles et les brocolis. Tous ces légumes contiennent (parmi beaucoup d'autres susbtances) un phytonutriment appelé indole-3-carbinol (I3C) ainsi qu'un autre phytonutriment, beaucoup plus puissant, nommé di-indolyméthane (DIM). Le DIM est composé de deux molécules d'indole-3-carbinol chimiquement attachées ensemble.

Des chercheurs ont montré que la consommation de brocolis aussi bien qu'une supplémentation avec du di-indole-3carbinol améliore le ratio 2/16a-hydroxyoestrone induisant la production de davantage de 2 hydroxy-oestrone et, en conséquence, de moins de 16a-hydroxyoestrone.

On a montré que le di-indolylméthane est le plus puissant stimulant naturel de la production de 2-hydroxyoestrone et qu'il est approximativement dix fois plus puissant que l'indole-3-carbinol.

Une étude réalisée par le Dr Bell, (du Sioux Valley Hospital et du Centre Médical de l'université du Dakota Sud) a montré que l'utilisation d'une supplémentation en I3C semble inverser un cancer du col de l'utérus aussi bien que le ratio 2/16a-hydroxyoestrone. 30 femmes avec une néoplasie intra-épithéliale cervicale de stade 2 ou 3 furent enrôlées dans cette étude. L'étude n'a duré que 12 semaines. 10 femmes ont pris un placebo, 10, ont pris 200 mg quotidiens de I3C et 10, 400 mg d'I3C. Le ratio 2/16a-hydroxyoestrone a été mesuré au début de l'étude et à quatre semaines. (Il a augmenté quelques jours seulement après l'ingestion d'I3C).

Après 12 semaines, le cancer avait régressé chez 4 femmes sur 8 prenant 200 mg d'I3C et chez 4 femmes sur 9 prenant 400 mg.

Il n'existe actuellement pas d'autres études prospectives directes indiquant que les légumes crucifères, l'indole-3-carbinol ou le di-indolylméthane puissent réduire le risque de cancer du sein, des ovaires ou de l'utérus. Il existe cependant de nombreuses corrélations inverses entre les facteurs qui diminuent ou augmentent les risques de cancer du sein et augmentent ou abaissent le ratio 2/16a-hydroxyoestrone.

 






Jonathan Wright,
dans un article publié aux USA par “Smart Publications” écrit :


Pour réduire le risque de cancer de la prostate, du sein, de l'utérus des ovaires et d'autres cancers liés aux hormones sexuelles, mangez davantage de graines de lin (la graine elle-même et non l'huile) aussi bien que de choux, de choux-fleurs, de choux de Bruxelles, de brocolis et de soja.

Il existe également un certain nombre de suppléments naturels et, particulièrement, le di- indolylméthane. Il peut diminuer le risque de cancer lié aux hormones sexuelles en équilibrant le métabolisme des œstrogènes d'une manière très spécifique. Le lycopène peut également être très utile pour prévenir le cancer de la prostate et d'autres sites, même si la façon dont le lycopène diminue le risque de cancer n'est pas encore connue.

Et s'il est possible, comme le montre l'étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, de réduire le risque de cancer de la prostate de 41% en prenant chaque semaine trois portions de choux, de brocolis, de choux de Bruxelles ou de choux fleurs... Imaginez quelle réduction plus grande, nous pourrions obtenir avec des quantités plus importantes de ces légumes ou avec une supplémentation en di-indolylméthane !





Référence

Veggies may cut by half risk of prostate cancer, Seattle Times, Tuesday January 4, 2000, page1. Les recherches originales étant publiées dans The Journal of National Cancer Institute, January 5, 2000. Auteurs : Kristal A. Cohen J. Standford J.

Hormonal profiles in women with breast cancer, B. Zumoff, Obstet Gyn Clin North America, 1994;21(4):751-772.

2-Hydroxyoestrone : the “good” estrogen, J. Endocrinol. 1996;150:S259-S269.

Effects of dietary broccoli on human drug metabolising activity. Cancer letters, 1997;114:169-170.

Effects of dietary broccoli on human in vivo drug metabolising enzymes. Carcinogenosis, 1996;17:793-799.

Multifonctional aspects of the action of indole-3-carbinol as an antitumor agent, Ann N Y Acad Sci. 1999;889:204-213

Ligand-independent activation of estrogen receptor function by 3,3'-diindolymethane in human breast cancer cells. 2000; 60:167-177.

Indole-3carbinol : a novel approach of breast cancer prevention. Ann NY Acad Scien. 1996;768:180-200.

Ah receptor binding properties of indole carbinols and induction of hepatic estriol hydroxylation. Biochem. Pharmacol. 1993;45:1129-1136.
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