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01-03-2005

Entretien avec Christophe de Jaeger Président de la Société française de médecine et de physiologie du vieillissement

À propos de : La 3e Journée nationale de la Société française de médecine et de physiologie du vieillissement
Samedi 18 juin 2005 - amphithéâtre Babinski, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, Paris 75013

Le stress oxydatif : mythes et réalités

Quel est l'objectif de la Société française de médecine et de physiologie du vieillissement ?

La Société française de médecine et de physiologie du vieillissement est une jeune société savante dont le but est de fédérer toutes les connaissances scientifiques et les bonnes volontés autour d'une meilleure connaissance des phénomènes qui favorisent le vieillissement, altèrent la santé et, donc, conduisent à la maladie, à la perte d'autonomie et à la mort.

Notre objectif n'est pas de traiter la maladie, il existe de multiples sociétés savantes dont c'est le rôle et la compétence, mais de nous intéresser et de mieux comprendre les mécanismes physiologiques en jeux. Nous avons des contacts dans tous les domaines, dans ceux de la physiologie pure, de la médecine ou, plus pointus, comme l'immunologie, la génétique. Nous travaillons également dans le cadre des techniques d'exploration des mécanismes physiologiques pour essayer de mieux comprendre et, surtout, de pouvoir évaluer ce qui se passe dans le corps d'un individu à partir de 18-20 ans. Mais notre objectif final n'est pas seulement théorique, il est également pratique. Ces connaissances doivent pouvoir être diffusées et appliquées pour le plus grand nombre de gens sensibles à leur santé.

Pourquoi choisir le thème du stress oxydatif ?

Le stress oxydatif est justement l'archétype des difficultés qui existent aujourd'hui dans le cadre de la santé et du vieillissement. On cite le stress oxydatif dans la grande presse (où parfois d'énormes contrevérités sont écrites) ainsi que dans le cadre d'explications partielles ou totales d'un certain nombre de maladies. Le stress oxydant est également une des principales théories destinées à expliquer tout ou partie du vieillissement physiologique.

Le stress oxydant est donc au cœur de notre vie, de notre santé et… de la qualité de notre vieillissement. Et malheureusement, nous entendons des informations extrêmement contradictoires sur cette thématique. Entre les discours des médias, de certains médecins, de certains laboratoires… il y a des fossés que même la meilleure volonté ne saurait combler. Dans ce congrès du 18 juin, notre objectif est de faire venir des professionnels d'horizons différents afin qu'ils nous donnent leur vision des radicaux libres et du stress oxydatif.
Les différents exposés théoriques et pratiques (méthodes de dosage) seront suivis d'une discussion qui devrait permettre de replacer l'ensemble des méthodes dans leur contexte, dans la réalité physiologique, et d'en tirer des conséquences pratiques pour les praticiens comme pour les « consommateurs ».

C'est typiquement le rôle d'une société telle que la nôtre d'essayer de rendre tout cela compréhensible pour, je dirais, toute personne de bonne volonté.

Des professionnels de santé, tout de même ?

Oui, mais pas seulement. Énormément de gens sont intéressés. Nutranews est un vecteur d'informations pour des gens qui ont envie d'être les acteurs de leur santé. Il nous paraît important que tous ceux qui le désirent puissent bénéficier de cette information. C'est pour cette raison que, cette année, nous ouvrons nos portes à tous ceux qui veulent venir et nous rencontrer.

Notre objectif n'est pas simplement la science, c'est également de rendre l'information disponible (et compréhensible) au plus grand nombre. Nous avons envie que des gens intéressés puissent bénéficier d'une information de haut niveau que l'on ne trouve pas toujours par ailleurs. Un laboratoire qui vend tel produit ou réalise tel type d'analyse organise une manifestation pour sensibiliser les gens à sa vision des choses. Je ne dis pas que c'est mal. Il faut le faire. Mais je pense qu'il est intéressant d'aller plus loin et de confronter tous ces points de vue différents.

Nous essaierons d'être très concrets pour donner des informations utilisables qui permettent à chacun de forger ses propres idées et de ne plus rester simplement passifs.

En effet, chaque fois que l'on ouvre un journal, que l'on regarde une publicité ou la devanture d'une pharmacie, on voit le stress oxydant, du sélénium, du zinc, de la CoQ10, de l'«antiâge»… et cela se vend très bien.

Mais les gens n'ont aucune idée de leur situation personnelle. Sont-ils carencés ? Ont-ils besoins de telle ou telle substance ? Ils ignorent le plus souvent qu'à l'inverse, un excès en certaines substances anti-radicalaires peut avoir un effet négatif sur le stress oxydant. La notion d'évaluation de la capacité antioxydante de notre corps est donc fondamentale et au cœur du débat. Et, aujourd'hui, nous sommes très inégaux face à ce problème.

Et pour vous, le stress oxydant doit être mesuré ?

Absolument. Toute prise de substance doit bénéficier d'une évaluation avant et après. Avant de se dire je vais prendre du sélénium, du zinc, de la vitamine C ou ce que vous voulez, il est très important de savoir où on en est et ensuite d'évaluer ce que l'on soigne. Cela pose tout le problème des méthodes. Il en existe aujourd'hui une dizaine pour évaluer le stress oxydant. Elles évaluent parfois des choses très différentes, parfois même des éléments qui n'ont rien à voir avec le stress oxydant ou qui n'en sont qu'une partie. Une terminologie bien définie est donc nécessaire pour savoir précisément ce que représentent ces différentes méthodes.

Le stress oxydant est-il différent selon les organes ou les tissus ou mesure-t-on un stress oxydant global ?

On est en droit de penser que notre capacité antioxydante varie selon les tissus. C'est-à-dire que dans certaines zones de notre corps, il y aura plus d'éléments antioxydants que dans d'autres qui en ont moins besoin. Il est clair que, s'il existe un foyer infectieux ou une maladie, par exemple au niveau du foie, du poumon ou de n'importe quel organe où un processus pathologique est en cours ou, encore, un processus plus marqué du vieillissement, la demande d'éléments antioxydants sera plus importante. Tout le problème est de savoir si le corps sera capable ou non de fournir ces antioxydants. On en aura une idée générale à travers une prise de sang ou l'étude des éléments plasmatiques.

Si l'on prend des suppléments nutritionnels, iront-ils là où l'organisme en a besoin ?

Il n'existe pas de barrière imperméable dans le corps. La barrière hémato-méningée, bien connue, est perméable à un certain nombre d'éléments. Aujourd'hui, dans le corps, la plupart des substances, sauf exceptions, sont diffusées normalement partout. Je ne vois pas ce qui pourrait faire qu'une vitamine ou un oligo-élément ne puisse pas l'être.

Prenons l'exemple de la lutéine et de la zéaxanthine. On les retrouve dans le sang et dans la macula et pas forcément dans tous les tissus.
La diffusion se fait à partir du système artérioveineux et la substance est disponible partout où on en a besoin. Maintenant, en fonction des métabolismes, elle sera plus ou moins bien représentée. Elle peut être utilisée ou pas. Pour reprendre votre exemple, si l'on a besoin de lutéine et de zéaxanthine dans l'œil, au niveau de la rétine, et s'il y en a beaucoup de disponible dans le corps et dans le sang, il y aura plus de chance de répondre à ce besoin local que s'il y a carence.

Le vrai problème est que les gens qui habitent en France ont, pour la plupart, de quoi vivre et de quoi manger. Ils ont accès à des nutriments de qualité, ils ont les moyens de les acheter et sont informés sur la nutrition. Et malgré cela, on rencontre d'authentiques carences chez bon nombre d'entre eux. On le constate tous les jours. Et je ne parle pas de pathologies.

Maintenant, si on prend le cas d'une pathologie déclarée aiguë ou chronique, articulaire ou cérébrale, on assistera à une forte augmentation endogène du stress oxydant. Dans la maladie d'Alzheimer par exemple, il y a une tempête radicalaire cérébrale qui contribue à l'évolution de la maladie. Il est donc logique de penser, même si ce n'est pas démontré de façon absolue, que l'on va donner de plus grandes chances au corps de lutter contre cette maladie cérébrale, s'il a à sa disposition les éléments nécessaires pour faire fonctionner correctement sa chaîne antioxydative.


Pour en savoir plus sur le stress oxydant et partager les dernières connaissances sur ce sujet, venez nous rejoindre nombreux le 18 juin 2005, à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Les projets et actions de la Société française de médecine et de physiologie du vieillissement

• Un livre blanc de la médecine antiâge pour expliquer sa réalité tangible, ses méthodes d'appréciation, ses thérapies, ses résultats.
• Une étude nutritionnelle sur la vitamine C.
• En tant que membre de la Société européenne de médecine antiâge,
participe à la mise en place d'un cycle d'enseignement européen.
• Participe à la rédaction d'une revue européenne, Le Journal de médecine préventive et antiâge, dont le premier numéro devrait être diffusé lors de l'Anti-aging Conference à Monaco en mars 2005.


Inscription à la 3e Journée nationale de la Société de médecine et physiologie du vieillissement : «Stress oxydant : mythes et réalités»


Société Santor - Monsieur Thierry Guedj
2 bis, avenue Desfeux - 92100 Boulogne
Tél. : +33 (0)1 58 17 17 17 - Fax. : +33 (0)1 58 17 17 10

DE JAEGER Christophe (Dr)
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