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Le traitement de l'adénome prostatique


L'hypertrophie bénigne de la prostate, plus communément appelée adénome prostatique, est la plus fréquente des tumeurs de l'homme. Bénigne, elle se développe aux dépens de la zone de transition et des glandes péri-urétrales prostatiques. Cette tumeur progresse vers le haut et se transforme en un lobe médian qui peut devenir obstructif en faisant clapet au niveau du col de la vessie. Cela va entraîner des pollakiuries (mictions fréquentes) nocturnes et matinales, une miction douloureuse et/ou en deux temps. En Europe, les extraits de plantes médicinales comme le palmier de Floride, le prunier d'Afrique et la racine d'ortie sont utilisés depuis longtemps dans le traitement de l'adénome de la prostate. Le bêta-sitostérol est d'utilisation récente.

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L'extrait de palmier de Floride ou palmier scie

Dans les années 60, des chercheurs français ont commencé à examiner la composition chimique d'une plante, le palmier de Floride ou palmier scie (Serenoa repens).Au cours d'une étude de 28 jours sur 110 patients atteints d'adénome prostatique, la prise de 320 mg/j de palmier scie a réduit la dysurie (miction douloureuse), les pollakiuries nocturnes et amélioré le débit d'urine.47 des patients, suivis pendant 15 à 30 mois, ont continué à montrer une amélioration (Champault, 1984).

Une autre étude en double aveugle a été conduite sur 27 patients (de 49 à 81 ans) présentant un adénome prostatique. Les auteurs ont annoncé une augmentation de 43% du débit urinaire après seulement 60 jours de traitement avec 320 mg/j de palmier-scie, comparé à 15% dans le groupe placebo. (Tasca, 1985).

Dans un essai ouvert multicentrique de 3 mois, 305 patients, avec tous les symptômes modérés d'adénome prostatique, ont été traités avec le palmier scie (320 mg/j) (Braeckman, 1994). Le Score International de Symptômes de la Prostate (IPSS), les débits urinaires, le volume résiduel urinaire et la taille de prostate ont été améliorés chez les patients prenant le palmier scie seulement après 45 jours de traitement. Après 90 jours, 88% des patients et des médecins ont considéré la thérapie couronnée de succès.Trois études récentes ouvertes, (Redecker, 1998 ; Ziegler et Holscher, 1998 ; Gerber, 1998) sur des patients atteints d'adénome prostatique, ont confirmé l'amélioration des paramètres de la miction après 3 mois de traitement avec du palmier scie : l'IPSS a diminué de 35% (Gerber), le débit urinaire s'est élevé de 24% (Redecker), le volume résiduel d'urine post-mictionnel et la fréquence des mictions ont diminué.

Une meta-analyse d'études cliniques (Wilt, 1998) a passé en revue 18 études conduites en Allemagne, France et Italie. Elles ont impliqué 2.939 hommes présentant un adénome prostatique symptomatique et traité par un extrait de palmier scie (320-480 mg/j) seul ou avec d'autres plantes pendant au moins 30 jours versus placebo. Seize études ont été faîtes en double-aveugle. Les études se sont étendues sur 4 à 48 semaines. Comparé au placebo, le traitement par palmier scie a entraîné une baisse de l'IPSS, une réduction de la fréquence des mictions nocturnes et l'amélioration du flux d'urine maximal. Au niveau tissulaire, une étude récente a détecté le rétrécissement du tissu épithélial dans la zone de transition de la glande (Marks et Tyler, 1999).Sur le plan biologique, l'effet du palmier scie (320 mg/j) s'explique par son effet de réduction des niveaux de dihydrotestostérone prostatique, du facteur de croissance épidermique (EGF) et des taux élevés de testostérone (Di Silverio, 1998). Les taux plus abaissés dans la zone de peri-urétrale suggèrent l'effet inhibiteur du palmier scie sur la 5-alpha-reductase, l'enzyme convertissant la testostérone en dihydrotestostérone (Strauch, 1994).

Deux revues (Koch et Biber, 1994 ; Niederprum, 1994) ont exploré les propriétés inhibitrices sur la 5 alpha-reductase des acides gras libres du palmier scie. Ces acides gras inhibent in vitro la cyclooxygénase et la lipoxygénase, ce qui pourrait expliquer les effets anti-inflammatoires et anti-œdémateux attribués à l'extrait. De plus, en diminuant la liaison entre la dihydrotestostérone et ses récepteurs, l'extrait de palmier scie utilisé au long cours, entraînerait une diminution des récepteurs hormonaux prostatiques. Cette action pourrait expliquer l'effet inhibiteur vis-à-vis du cancer de la prostate.

L'extrait de prunier d'Afrique

L'extrait de prunier d'Afrique (Prunus africana ou Pygeum africanum), régénère l'épithélium prostatique et possède un effet anti-inflammatoire vis-à-vis de la prostate, en inhibant la 5-lipoxygénase des polynucléaires infiltrant le tissu prostatique. Il inhibe la prolifération cellulaire induite par les principaux facteurs de croissance responsables du développement normal et pathologique du tissu prostatique (Yablonsky, 1997). Il prévient les dysfonctionnements contractiles et métaboliques de la vessie induits par une obturation partielle de la vessie (Levin, 1996). Les études cliniques publiées sur l'extrait, font état d'une amélioration significative par rapport au placebo pour la pollakiurie nocturne, le volume résiduel post-mictionnel et le débit urinaire maximal ainsi que sur les symptômes subjectifs.

MictionIl faut noter que les études cliniques réalisées avec le prunier d'Afrique ont montré que le dosage effectif optimal est de l'ordre de 150 mg par jour et qu'il induit une réduction de volume de la prostate de l'ordre de 35% après 10 à 25 jours de traitement (G Mathé, M Hallard, CH Bourut, E Chenu « A Pygeum africanum extract with so-called phyto-estrogenic action markedly reduces the volume of true and large prostatic hypertrophy » Biomed & Pharmacother (1995) 49, 341-43). On peut donc légitimement se demander pourquoi le laboratoire pharmaceutique qui commercialise ce produit a choisi volontairement de recommander la dose sub-optimale de 100 mg par jour.

L'extrait de racine d'ortie

La racine d'ortie (Urtica dioica) est connue pour ses effets bénéfiques sur l'adénome prostatique. Elle est anti-inflammatoire (Chrubasik, 1997). Son activité pourrait passer par plusieurs mécanismes : inhibition très faible de l'aromatase, interaction avec la globuline sérique transportant la testostérone (Hryb, 1995), inhibition directe de la croissance du tissu prostatique et blocage de la fixation du facteur de croissance épidermique sécrété par les cellules prostatiques sur son récepteur (Wagner, 1994). Plusieurs essais cliniques soulignent un impact plutôt positif de l'extrait de racine d'ortie administré au long cours sur les symptômes urinaires associés à l'adénome prostatique (amélioration des troubles mictionnels, diminution du résidu post-mictionnel). Les extraits riches en bêta-sistostérol Des suppléments botaniques majoritairement constitués de bêta-sitostérol ont été testés chez des patients présentant un adénome prostatique par des essais randomisés, en double aveugle versus placebo (Berges, 1995 ; Klippel, 1997). Le traitement prolongé a induit une régression du score des symptômes (IPSS), une amélioration de la qualité de vie et une élévation du débit urinaire.

Un extrait standardisé de pollen riche en bêta sitostérol a été évalué (www.prostaphil.com), en traitement de l'adénome prostatique. Sur le plan biologique, il inhibe la croissance des cellules prostatiques épithéliales et stromales. Il présente un effet calmant sur la musculature vésicale et améliore la contractilité de la vessie. Il est anti-inflammatoire. Il réduit la formation de dihydrotestostérone via l'inhibition de la 5-alpha réductase, il inhibe la liaison de la dihydrotestostérone sur son récepteur prostatique.

volume prostatiqueSur le plan clinique, au cours d'études cliniques contrôlées en double aveugle versus placebo, 60% à 90% de sujets ont annoncé des améliorations après 1 à 3 mois, selon la sévérité de leurs conditions au début des études. Les résultats observés avec les extraits de pollen sont supérieurs à ceux annoncés avec le bêta-sitosterol seul. Dans une étude (Yasumoto, 1995), 79 patients (62-89 ans) présentant un adénome prostatique symptomatique ont reçu de l'extrait standardisé de Pollen à la dose de 126 mg trois fois par jour pendant 12 semaines. Tous les symptômes ont été améliorés : impériosités, dysurie, pollakiurie nocturne, sensation de miction incomplète, miction prolongée, miction retardée, miction intermittente et goutte à goutte post mictionnel [voir figure 1]. Après trois mois, l'efficacité clinique était de 85%.

Dans une autre étude (Yasumoto, 1995) sur 28 sujets traités pendant un an, utilisant de manière similaire le même extrait, le score de symptômes (IPSS), le volume prostatique (confirmé par échographie transrectale et examen digital) et le volume d'urine résiduel post mictionnel ont été très significativement réduits, tandis que le débit urinaire maximal a été très nettement amélioré.

L'utilisation concomitante d'extraits de plantes médicinales (palmier de Floride ou palmier-scie, prunier d'Afrique et ortie) et d'un extrait de pollen standardisé riche en bêta-sistostérol, permet d'assurer une régression optimale d'un adénome prostatique.
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