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01-06-2001

Le mercure : un tueur du 21ème siècle (2ème partie) Mitchell A. Fleisher, M.D., FAAFP, DcABCT

Dans la première partie de cet article, nous avons traité les questions physiopathologiques et politiques concernant la toxicité systémique du mercure, en particulier, lorsqu'elle se rapporte à un amalgame dentaire au mercure, principale source d'empoisonnement au mercure. Le choix des méthodes de détoxification du mercure de l'organisme humain dépend des formes spécifiques de mercure à éliminer, du système organique cible et/ou des tissus impliqués, de l'âge et de l'état de santé du patient.
Précautions environnementales et alimentaires

En premier lieu, il est prudent, lorsque cela est possible, d'éliminer les sources de contamination par le mercure. Une bonne première étape consiste à limiter (ou à éviter complètement) certains aliments à haut risque comme les crustacés, les poissons d'eau douce ainsi que des charognards des fonds de l'océan comme la raie et le flet.

Cependant, même les poissons des mers profondes comme le thon, l'espadon, le loup et le requin peuvent avoir des niveaux importants de contamination au mercure. Les poissons relativement moins contaminés par le mercure incluent la morue, le flétan, le lieu, le maquereau, les sardines, le rouget et le hareng. Le mercure étant essentiellement stocké dans les tissus graisseux, il est judicieux de griller le poisson et de jeter les jus de cuisson.

Les volailles élevées industriellement (et leurs œufs) qui sont nourris avec une alimentation à base de poissons et certains produits (particulièrement les fruits comme les pommes) qui peuvent avoir été aspergés de pesticides contenant du mercure doivent être soigneusement lavés ou éliminés de l'alimentation.

Il est prudent d'éviter le sucre blanc industriel dans les bonbons et les aliments transformés ; des bactéries buccales favorisées par ces non-aliments font fermenter le sucre en acides organiques. Cela augmente la libération de mercure et d'autres métaux lourds toxiques des amalgames. (1,2)

De plus, il est très important de boire quotidiennement au moins 15 ml par kilo de poids d'eau fraîche non-fluorée pour aider le corps à éliminer les toxines.

Une autre source possible de toxicité au mercure se trouve dans certains médicaments incluant des médicaments allopathiques conventionnels (comme le mercurochrome) et des vaccins contenant du thimérosal comme conservateur (sodium- éthyl-mercurithiosalicylate).

En outre, il est arrivé que certaines plantes médicinales chinoises et ayurvédiques se soient trouvées contaminées et/ou falsifiées. (3)

Cependant, la principale source de toxicité systémique au mercure chez l'homme (confirmée par l'OMS et les services de santé publique américains) est de loin l'amalgame dentaire au mercure. (4, 5)

Mesurer le mercure dans l'organisme

Le mercure et d'autres métaux lourds toxiques sont essentiellement mesurés dans les cheveux, les cellules sanguines et des prélèvements d'urine. L'analyse des cheveux est un outil d'examen excellent et peu onéreux, mais il ne donne pas d'informations sur la quantité réelle de mercure dans l'organisme ni sur la quantité mobilisée par l'intervention thérapeutique.

L'analyse des globules rouges donne un peu plus d'informations sur les niveaux tissulaires mais passe à côté des quantités de mercure dans le cerveau, les os et les tissus graisseux. De loin, la mesure clinique la plus exacte et la plus pratique de la charge totale relative de mercure dans l'organisme est obtenue par une analyse d'urine élémentaire sur 24 heures.

Dans cette procédure, une dose de DMSA et de glycine est prise le soir avant le début des tests. Le mercure et d'autres métaux lourds toxiques sont extraits de leurs profondes cachettes dans les tissus. Ces toxines sont ensuite recueillies dans les urines, donnant ainsi une mesure plus exacte de la charge totale dans l'organisme.

Un outil utile d'examen de l'histoire médicale, appelé le questionnaire de sensibilité au métal toxique/mercure (tableau 1) a été défini par le Dr Keith Sehnert et ses collaborateurs pour déterminer si d'autres évaluations de laboratoires sont recommandées. Si quelqu'un inscrit «oui» en réponse à 5 questions ou plus, cela devrait servir de signal d'alerte pour procéder à un test de métal lourd toxique.

Retirez le mercure de vos dents !

La désamalgamation, c'est-à-dire la suppression soigneuse et judicieuse des amalgames dentaires au mercure/argent par un chirurgien-dentiste spécialement formé et leur remplacement par des plombages dentaires composites, non métalliques et hypoallergéniques est la principale mesure que toute personne, avec des amalgames au mercure, doit prendre. La suppression de l'amalgame dentaire au mercure est un processus avec des étapes prudentes. Il nécessite de déterminer l'électroconductibilité des plombages qui doivent être enlevés dans l'ordre du plus électriquement chargé jusqu'au moins chargé. Cela permet de diminuer la sublimation quotidienne chronique du mercure dans les tissus de l'organisme entre les consultations dentaires.

Il existe un grand nombre de techniques admises pour protéger le patient des expositions toxiques aiguës aux vapeurs de mercure au cours de la désamalgamation. Ces techniques protectrices incluent : l'utilisation d'un masque nasal pour délivrer de l'air frais ; une fraise à haute vitesse et haute intensité ; un pulvérisateur d'eau froide ; deux canules ou plus à haute aspiration pour éliminer les déchets de fraise et les vapeurs ; rinçage fréquent de la bouche avec de l'eau.

Certains dentistes peuvent recommander une piqûre intraveineuse concomitante avec de l'acide ascorbique (vitamine C) pendant la procédure pour aider la chélation du mercure libéré. (5)

Des tests spéciaux de laboratoire, comme le test Clifford de réactivité des matériaux, (6) peuvent également être réalisés pour aider à sélectionner le composite sans mercure approprié qui sera utilisé pour remplacer le plombage au mercure.

Questionnaire de sensibilité au métal toxique/mercure
Détoxification homéopathique

Depuis le milieu du 19ème siècle, des praticiens qualifiés ont prétendu que les médecines homéopathiques aidaient à soulager les symptômes généraux et locaux de l'intoxication au mercure.

Une étude scientifique, par Cazin et al., en 1987, de l'Ecole de Médecine de l'Université de Paris, a démontré que le trioxyde d'arsenic (Arsenicum album) homéopathiquement potentialisé, dans différentes dilutions élevées, peut stimuler significativement l'élimination de l'arsenic chez des animaux de laboratoire volontairement empoisonnés avec des toxines de métaux lourds. (9)

Une autre étude par Fisher et al. du département de pharmacologie clinique de l'hôpital St Bartholomew de Londres, a révélé, également en 1987, que du plomb préparé homéopathiquement ne provoquait pas de changement significatif dans l'excrétion urinaire du plomb par rapport à de l'eau distillée.

D'autres études ont montré que le DMPS (Dimercaptopropane sulfonate) produisait une grande augmentation de l'excrétion urinaire de plomb. (10)

Cependant, aucune autre recherche semblable n'a montré que du mercure préparé homéopathiquement (Mercurius solubilis) augmentait l'excrétion du mercure de l'organisme.

L'efficacité de l'approche peu méthodique de type «livre de cuisine» consistant à prescrire une combinaison de remèdes homéopathiques, prétendument dans l'objectif d'une détoxification du mercure, n'a pas été démontrée par des études cliniques et n'est pas recommandée.

Ma plus forte recommandation, comme médecin homéopathe expérimenté, est d'éviter tout praticien de santé qui cherche à vous faire une telle prescription. Cela pourrait supprimer les symptômes plutôt que les guérir et affaiblir votre vitalité générale. Je recommande fortement que vous repériez un praticien homéopathe qui examinera holistiquement votre état de santé, prenant en compte toute votre symptomatologie physique, émotionnelle et mentale et par une analyse soigneuse, prescrira une médecine homéopathique spécifique, individualisée et unique qui servira à renforcer votre vitalité et à accélérer le processus de détoxification. (11)

Régime de doses de suppléments nutritionnels recommandé pour la détoxification du mercure
Retirez le mercure de votre organisme (et du cerveau)

Le glutathion (GSH) est l'un des nutriments les plus importants pour la détoxification du mercure. Le GSH est important pour la détoxification hépatique et pour l'élimination du mercure et d'autres métaux lourds toxiques liposolubles. Le GSH sert aussi d'antioxydant systémique. Cependant, le GSH est relativement cher et très instable. Par conséquent, un moyen plus économique d'augmenter les stocks de GSH dans le foie et l'organisme est d'utiliser l'acide aminé N-acétyl-L-Cystéine (NAC). La NAC est un acide aminé qui contient du soufre qui peut également chélater le mercure jusqu'à un certain degré. Certains pensent que la glycine, un autre acide aminé, peut augmenter l'excrétion du mercure.

Le MSM (méthylsulfonylméthane) est un composant naturel du soufre alimentaire qui peut fournir du soufre organique biodisponible pour la synthèse d'acides aminés contenant du soufre. Le MSM semble être inerte dans les tissus du corps, non allergique et pratiquement sans effet secondaire indésirable. Les minéraux comme le calcium, le magnésium, le fer, le zinc, le sélénium et le manganèse peuvent protéger contre l'empoisonnement au mercure organique et inorganique. (7)
La vitamine E travaille avec le sélénium pour aider à neutraliser le mercure. Le zinc est important pour la production de métallothionine, présente dans la L-cystéine, qui détoxifie le mercure. Le molybdène diminue l'accumulation de mercure dans les reins en augmentant l'excrétion urinaire.

L'exposition chronique aux vapeurs de mercure déprime les stocks d'acide ascorbique (vitamine C) dans les glandes surrénales, diminuant ainsi la réponse de l'organisme au stress et aux infections. Une supplémentation en vitamine C sous formes lipo et hydrosoluble est essentielle à une détoxification systémique du mercure.

L'acide alpha-lipoïque ou acide thioctique est un puissant antioxydant universel, à la fois hydro et liposoluble. Il régénère les antioxydants endogènes, les vitamines C et E et le glutathion et répare les lésions tissulaires provoquées par le stress oxydant. Le plus important est que l'acide alpha-lipoïque augmente substantiellement le GSH intracellulaire réduit.

La silymarine, un bioflavonoïde que l'on trouve dans l'extrait de chardon Marie (Silybum marianum) augmente la synthèse du GSH hépatique jusqu'à 35%. C'est également un puissant détoxifiant du foie ainsi qu'un puissant antioxydant. L'extrait d'ail, contenant de fortes quantités de composants de sulfure d'allyle, en particulier de l'allicine, est utile dans l'élimination
progressive de faibles niveaux de mercure dans l'organisme.

La Chlorella et la Spiruline, des algues contenant de la chlorophylle micro-activée peuvent également aider à détoxifier le mercure organique et inorganique. Des probiotiques comme Lactobacilli et bifidobactériae, sont utiles pour restaurer une flore intestinale normale et non nuisible, lésée par les composants au mercure et qui sert à réduire les symptômes gastro-intestinaux incluant flatulence, constipation, diarrhée et halitose.

Enfin, le charbon activé est souvent prescrit immédiatement avant et après la procédure d'élimination de l'amalgame pour aider à absorber le mercure libéré et à prévenir sa recirculation entéropatique. (8)

Le DMPS, acide 2,3-dimercapto-1-propane-sulfonique est un médicament utilisé depuis les années 50, en Europe et en Russie, comme chélateur du mercure. Il est disponible en Europe sous les noms Unithiol et Dimaval. Le DMPS, jusqu'à présent, n'a pas l'approbation de la FDA aux USA pour un usage thérapeutique général et fait actuellement l'objet d'essais cliniques sélectifs dans différents sites américains de recherche médicale pour déterminer son efficacité réelle et son innocuité.

Le DMSA, acide dimercaptosuccinique est un agent important, administré oralement, qui a été utilisé comme antidote dans les empoisonnements aux métaux lourds toxiques. Depuis les années 50 de vastes études cliniques chinoises, japonaises et russes ont démontré que le DMSA accélère l'élimination du mercure du cerveau et qu'il élimine efficacement le mercure du sang, du foie et des reins. Le DMPS, qui est généralement donné par voie intraveineuse, est considérablement moins efficace que le DMSA et a davantage d'effets secondaires. Aux Etats-Unis, l'utilisation du DMSA dans le traitement des intoxications au plomb chez l'enfant a été approuvée et il est commercialisé comme produit pharmaceutique sous les noms Chemet et Succimer.

En l'état actuel de nos connaissances, le DMSA semble être l'agent pharmaceutique favori pour la détoxification systémique du mercure. (12, 13, 14, 15). Il existe différents protocoles d'administration du DMSA. Le régime de dosage recommandé en médecine conventionnelle pour la toxicité du mercure est de 10 mg par kilo divisés en 5 à 10 doses ou plus en cycles de trois jours suivis de 15 jours d'arrêt du traitement. Il peut entraîner des effets secondaires inutiles.

Un autre protocole efficace qui minimise les effets secondaires consiste en 500 mg tous les deux jours pendant un minimum de 5 semaines. Si à cette dose, un sujet souffre d'effets secondaires, un autre dosage possible de 250 mg peut être essayé tous les deux jours pendant deux à trois semaines, suivi par 500 mg tous les deux jours pendant un total de cinq semaines.

Selon une communication personnelle avec Sir Arnold Takamoto, l'un des plus grands experts mondiaux sur l'influence du mercure sur les maladies chroniques et la promotion du cancer, une détoxification adéquate du mercure peut demander deux à trois ans ou plus, selon la charge globale de l'organisme et l'état de santé. De nombreux médecins expérimentés en chélation considèrent que le protocole, décrit dans le tableau ci-dessous, est bien toléré pour un traitement prolongé.

DMSA* (100 mg/capsule)

Pour des patients d'un poids inférieur à 16 kilos : 1 capsule tous les deux jours.

Pour les patients d'un poids inférieur à 35 kilos : 1 capsule deux fois par jour, tous les deux jours.

Pour les patients d'un poids inférieur à 50 kilos : 1 capsule le matin et 2 capsules le soir, données tous les deux jours.

Pour les patients de plus de 50 kilos :
2 capsules deux fois par jour, données un jour sur deux**

Ce régime est suivi pendant trois semaines et arrêté une semaine chaque mois. La durée du traitement doit être déterminée par votre médecin à travers des tests de laboratoire de la charge résiduelle totale de mercure dans votre organisme.

- Le DMSA devra être pris sous la surveillance d'un médecin formé au traitement de la chélation.

- Ne pas prendre de suppléments contenant des minéraux les jours de prise de DMSA et éviter l'usage concomitant de glutathion. La supplémentation avec de la glycine (500mg) avec chaque dose de DMSA peut renforcer son activité.


1. Pizzorno J and Murray M. Textbook of Natural Medicine. Churchill-Livingstone, 1993.
2. Ziff MF, Ziff S and Hanson M. Dental Mercury Detox. BioProbe, Inc., 1997.
3. Espinosa EC. Arsenic and Mercury in Traditional Chinese Herbal Balls. New Eng J of Med; 1995; 333: 803-804.
4. Lorscheider F, Vimy M, Summers AO et al. Mercury Exposure from "Silver" Tooth Fillings: Emerging Evidence Questions a Traditional Dental Paradigm. FASEB J; 1995; 9: 504-508.
5. Ziff MF, Ziff S and Hanson M. Dental Mercury Detox. BioProbe, Inc., 1997.
6. Clifford Consulting & Research, Inc. 2275-J Waynoka Rd., Colorado Springs, CO 80915; (719) 550-0008; Fax: (719) 550-0009; www.ccrlab.com.
7. Krohn J et al. The Whole Way to Natural Detoxification. Hartley & Marks, 1996.
8. Ziff MF, Ziff S and Hanson M. Dental Mercury Detox. BioProbe, Inc., 1997.
9. Bakshi JPS. Phoenix Repertory v1.01; Generalities chapter; MacRepertory v5.6.0, 2000.
10. Fisher P. et al. The Influence of the Homoeopathic Remedy Plumbum Metallicum on the Excretion Kinetics of Lead in Rats. Human Toxicol.; 1987; 6: 321-324.
11. National Center for Homeopathy Directory and American Institute of Homeopathy Directory, 2000. NCH, 801 North Fairfax St., Suite 306, Alexandria, VA 22314, (703) 548-7790, Fax: (703) 548-7792.
12. Klaassen CD. Heavy Metals and Heavy-Metal Antagonists; Chapter 69; pp. 1615-1637; in Goodman and Gilman's The Pharmacological Basis of Therapeutics (6th Ed.); 1980.
13. Aposhian HV. DMSA and DMPS - Water Soluble Antidotes for Heavy Metal Poisoning. Ann. Rev. Pharmacol. Toxicol.; 23: 193-215; 1983.
14. Pangborn JB. Mechanisms of Detoxification and Procedures for Detoxification. Doctor's Data, Inc., and Bionostics, Inc., Chicago, IL., (708) 231-3649.
15. Ziff MF, Ziff S and Hanson M. Dental Mercury Detox. BioProbe, Inc., 1997.
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