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01-12-2001

De nouvelles études confirment l'intérêt de la DHEA comme élément essentiel dans la lutte contre le vieillissement

La DHEA, déhydroépiandrostérone, est l'hormone stéroïde la plus abondante dans l'organisme humain. De faibles niveaux de DHEA sont associés au vieillissement et à certaines maladies. En particulier, des déficiences en DHEA ont été reliées à des dysfonctionnements immunitaires, des inflammations, un plus grand risque de certains cancers, des maladies cardiaques ou à l'ostéoporose.
DHEA et système cardiovasculaire

La chute importante des niveaux de DHEA qui se produit avec l'âge s'accompagne d'une augmentation tout aussi importante du risque de maladies cardiovasculaires. Des études épidémiologiques viennent confirmer la relation existant chez l'homme entre les niveaux de DHEA et le risque cardiovasculaire. Une étude (1) récente a suivi pendant 9 ans 1167 hommes âgés de 40 à 70 ans. Les hommes ayant les niveaux sanguins de DHEA et de sulfate de DHEA les plus faibles avaient un risque 60% supérieur de développer une maladie cardiaque ischémique. Une très importante étude (2) canadienne a en partie élucidé la façon dont la DHEA intervient pour protéger les vaisseaux sanguins de l'athérosclérose. Les chercheurs ont constaté que, chez des patients âgés, la vitamine E était incapable de restaurer la résistance des LDL à l'oxydation. Par contre, la DHEA augmentait cette résistance de façon dose dépendante. Cette étude a trouvé des preuves indiquant que la DHEA est incorporée dans les lipoprotéines de haute et basse densité et les protège de l'oxydation. Chez des sujets âgés, le cholestérol lié à la DHEA devient pratiquement indétectable et les molécules de cholestérol sont alors beaucoup plus vulnérables à l'oxydation que chez des sujets jeunes.

Chez des lapins nourris avec une alimentation riche en cholestérol, la DHEA réduit les plaques d'athéromes. Un indice concernant le mécanisme cardio-protecteur de la DHEA a été apportée par une récente étude japonaise comparant des animaux recevant de la DHEA à d'autres recevant de la DHEA accompagnée d'un inhibiteur de l'aromatase, un composé prévenant la conversion de la DHEA en oestrogènes. La quantité de plaque d'athérome diminuait de 60% chez les animaux ne recevant que de la DHEA mais seulement de 30% chez ceux recevant la DHEA associée à un inhibiteur de l'aromatase.

Les auteurs de l'étude en ont conclu que près de la moitié de l'effet anti-athérome de la DHEA était due à sa conversion en oestrogènes et à une augmentation de la libération d'axide nitrique. Une autre étude (3) utilisant des lapins mâles castrés nourris avec du cholestérol comme modèle d'athérosclérose a comparé l'effet de DHEA orale avec celui d'injections d'un énanthate de testostérone. Des lapins non castrés servaient de témoins. L'athérosclérose aortique était la plus importante dans le groupe témoin et la plus faible dans le groupe recevant des injections de testostérone. Le degré d'athérosclérose était intermédiaire dans le groupe sous DHEA. Cette étude montre que la testostérone et la DHEA aident à prévenir l'athérosclérose. Cet effet bénéfique ne peut être expliqué qu'en partie par un impact sur les lipides sériques. La DHEA semble également augmenter l'activité de la superoxyde dismutase (SOD), une des enzymes antioxydantes parmi les plus importantes. Une étude4 polonaise montre que la DHEA diminue les niveaux de peroxydes lipidiques sériques chez des lapins recevant une alimentation normale mais pas chez des lapins avec une sévère hypercholestérolémie induite. Cependant, les lapins en bonne santé comme ceux ayant un cholestérol extrêmement élevé montraient une augmentation de l'activité de la SOD. Cette augmentation de l'activité de la SOD pourrait en partie expliquer les effets antioxydants de la DHEA. Il semble exister un consensus sur le fait que si la DHEA n'a pas d'effet cardioprotecteur chez les femmes, les hommes ayant de faibles niveaux de DHEA ont un plus grand risque d'attaque cardiaque.

DHEA et protection du cerveau

La DHEA est particulièrement abondante dans le cerveau de l'homme. L'acétylcholine est un neurotransmetteur qui transmet les impulsions nerveuses d'une cellule du cerveau à une autre. L'acétylcholine est particulièrement important pour la mémoire à court terme et pour protéger les cellules du cerveau de l'atrophie associée au vieillissement. Ce dernier provoque une diminution de la libération de l'acétylcholine dans les régions du cerveau où elle est nécessaire à l'apprentissage et à la mémoire.

De la DHEA a été administrée à des rats pour mesurer l'effet qu'elle produisait sur la libération de l'acétylcholine dans la région cervicale de l'hippocampe. La DHEA augmentait nettement la libération d'acétylcholine par rapport aux quantités libérées avant le traitement. C'est la première étude (5) démontrant un effet direct de la DHEA sur la libération de l'acétylcholine des cellules du cerveau dans l'hippocampe, une région cervicale cruciale pour la mémoire. Des études ont montré un effet protecteur de la DHEA contre la détérioration des fonctions mentales avec l'âge et une relation inverse entre des maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer et les niveaux de DHEA.

La capacité de la DHEA (6) à protéger l'hippocampe et à stimuler son activité est importante dans le cas de la maladie d'Alzheimer. Des études ont généralement montré des niveaux de cortisol plus élevés et des niveaux de DHEA plus faibles chez des patients souffrant de maladie d'Alzheimer, en même temps qu'un faible rapport DHEA sur cortisol. Un excès de cortisol endommage l'hippocampe et renforce la toxicité du bêta-amyloïde. On pense que la DHEA est capable d'inhiber les effets destructeurs d'un excès de cortisol. Dans une récente étude, des chercheurs ont conclu que la démence était davantage liée à de faibles niveaux de DHEA qu'à des niveaux élevés de cortisol. Une autre étude a montré que si au cours du vieillissement le rapport DHEA sur cortisol diminuait chez les victimes de démences, ce rapport était nettement plus faible que chez des personnes âgées en bonne santé.

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DHEA et maladies chroniques inflammatoires

Dans une étude passant en revue le rôle de la DHEA dans la réduction des dommages produits par l'inflammation chronique, des chercheurs ont souligné que les patients souffrant de maladies chroniques inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde avaient un dysfonctionnement surrénal. Celui-ci se manifestait à la fois par des niveaux insuffisants de cortisol en réponse à l'hormone adrénocorticotropique (ACTH) et de faibles niveaux de DHEA. Le cortisol et la DHEA étant tous deux trop bas, l'inflammation progresse et conduit à des conséquences nuisibles. La DHEA joue un rôle important dans la prévention de l'inflammation par sa capacité à inhiber l'activité de cytokines pro-inflammatoires. On sait depuis longtemps que la DHEA peut abaisser les niveaux de l'interleukine-6 (IL-6), une cytokine pro-inflammatoire qui développe le processus inflammatoire, recrutant des cellules immunitaires qui finissent par détruire également les tissus sains.

Il est maintenant établi que la DHEA peut également affaiblir la production d'une autre cytokine inflammatoire appelée facteur alpha de nécrose tumorale (TNF-alpha). Les niveaux de ces deux cytokines augmentent avec l'âge, entraînant une augmentation des états inflammatoires et de possibles dysfonctionnements immunitaires. Maintenir les niveaux de jeunesse de la DHEA pourrait signifier moins de maladies inflammatoires chroniques. Il faut aussi souligner que l'inflammation joue un rôle important dans certaines pathologies du vieillissement comme les maladies cardio-vasculaires, la maladie d'Alzheimer ou certains cancers. Dans les maladies inflammatoires, la déficience en DHEA implique également des déficiences dans les tissus périphériques en différentes hormones sexuelles stéroïdes pou lesquelles la DHEA joue un rôle de précurseur. Ces hormones stéroïdes, oestrogènes et androgènes sont connues pour avoir des effets bénéfiques sur les muscles, les os et les vaisseaux sanguins.
On sait que les traitements avec des corticostéroïdes7 diminuent les niveaux d'androgènes. Le traitement hormonal substitutif de patients atteints de maladies inflammatoires devrait inclure également de la DHEA.

D'autres études ont montré que les hormones surrénales, y compris la DHEA, ont une importance particulière dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde. Un certain nombre de données soulignent un hypo-fonctionnement surrénal avant le début de la polyarthrite rhumatoïde, spécialement chez les patientes féminines qui constituent la grande majorité des victimes de cette maladie. Leurs niveaux de DHEA sont également bas. (Les hommes souffrant de polyarthrite rhumatoïde ont de faibles niveaux de testostérone dans le plasma et le liquide synovial). Les androgènes semblent généralement avoir un effet protecteur contre le développement de maladies auto-immunes et la DHEA est un précurseur important de différents androgènes. Une supplémentation8 en DHEA semble donc particulièrement importante chez des patientes atteintes de polyarthrite rhumatoïde.

DHEA et insuline

L'augmentation des niveaux d'insuline et l'insulino-résistance qui apparaissent avec les années sont au nombre des facteurs lourdement impliqués dans le vieillissement. Un certain nombre de données scientifiques indiquent que la DHEA jouerait un rôle important en s'opposant à l'augmentation liée au vieillissement des niveaux d'insuline, de l'insulino-résistance et des niveaux de sucre dans le sang.Une9 étude en double aveugle, contrôlée contre placebo a porté sur 22 hommes âgés en moyenne de 57 ans supplémentés avec 100 mg de DHEA pendant 30 jours. Dans le groupe supplémenté, les niveaux sériques d'insuline sont passés de 35,3 à 25,8m U/ml tandis que la glycémie passait de 93,4 à 88,9 mg/ml. Dans le groupe témoin, ces niveaux ne changeaient pas de façon significative. Une10 étude canadienne a suivi pendant 12 mois 15 femmes âgées de 60 à 70 ans utilisant une crème à 10% de DHEA. Au bout des douze mois d'étude, une augmentation de 3,8% de la graisse et de 3,5% des muscles dans la région fémorale ont été observées. Ces changements dans les masses graisseuses et musculaires s'accompagnaient à jeun d'une diminution de 11 % de la glycémie et 17% des niveaux d'insuline.

DHEA et ostéoporose

Avec le début de la ménopause, les niveaux sériques de DHEA diminuent de plus de 60%. On a montré que la perte minérale osseuse qui se produit à cette période est au moins en partie due au rapide déclin de la DHEA. Dans une étude11 portant sur 457 femmes et 534 hommes, l'association entre les hormones stéroïdes sexuelles endogènes et la densité minérale osseuse a été mesurée. Des niveaux plus élevés de DHEA circulante étaient associés de façon positive à la densité minérale osseuse du radius, de la colonne vertébrale et de la hanche chez les femmes mais pas chez les hommes. Le rôle de la DHEA dans la prévention de l'ostéoporose peut être attribué à trois mécanismes : l'inhibition de la résorption de l'os, la DHEA et la testostérone stimulent la formation de l'os et l'absorption du calcium et la conversion de la DHEA en oestrogènes ou en progestérone apporte une protection supplémentaire contre la perte osseuse.


1 Feldman HA et al, Low DHEA and ischemic heart disease n middle-aged men : prospective results from the Massachussetts Male Aging Study, Am. J/ Epidemiol 2001; 153:79-89.2 Khalil A et al., Age-related decrease of DHEA concentrations in low-density lipoproteins and its role in the susceptibility of low density lipoproteins to lipid peroxidation, J. Lipid Res. 2000;41: 1552-61.3 Alexandersen P et al, Natural androgens inhibit male atherosclerosis : a study in castrated, cholesterol fed rabbits, Circ Res 1999; 84:13-19.4 Bednarek-tupikowska G et al, Influence of DHEA on platelet aggregation, superoxide dismutase activity and serum lipid peroxide concentration in rabbits with induced hypercholesterolemia, 2000, Med Sci Monit; 6:40-455 1996 , Brain Research, August 166 Murialdo G et al, Hippocampal perfusion and pituitary-adrenal axis in Alzheimer's disease, 2000, Neuropsychobiology, 42:51-57.7 Straub RH et al. Replacement therapy with DHEA plus corticosteroids in patients with chronic inflammatory diseases- substitutes of adrenal and sex hormones. 2000, Rheumatol; 59 supplement 2:108-18.8 Cutolo M. Sex hormone adjuvant therapy in rheumatoid arthritis. 2000, Rheum Dis Clin North Am;26:881-959 Jakubowicz D et al, Effect of DHEA on cyclic-guanosine monophosphate in aged-advanced men, 1995 Ann NY Acad Scien 774 : 312-15.10 Diamond P et al, Metabolic effects of 12-month percutaneous DHEA replacement therapy in postmenopausal women, 1996, J. Endocrinol 150:S43-S5 1611 Greendale GA et al, Endogenous sex steroids and bone mineral density in older women and men, 1997, J. Bone Miner Res; 11:1833-1843.
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