Science, Nutrition, Prévention et Santé
Partenaires

La fatigue surrénale, une épidémie très discrète

01-01-2002

Si vous vous sentez fatigué sans raison, que vous avez besoin de litres de café pour tenir tout au long de la journée, si vous vous sentez dépassé et stressé et que vous vous débattez désespérément contre les exigences de la vie quotidienne, si quelques exercices de gymnastique suffisent à vous épuiser pour plusieurs jours et si le moindre incident vous irrite, vous déprime ou vous épuise,… vous souffrez peut-être de fatigue surrénale. Un certain nombre de plantes et de suppléments nutritionnels peuvent aider à surmonter cette fatigue.

Si vous vous sentez fatigué sans raison, que vous avez besoin de litres de café pour tenir tout au long de la journée, si vous vous sentez dépassé et stressé et que vous vous débattez désespérément contre les exigences de la vie quotidienne, si quelques exercices de gymnastique suffisent à vous épuiser pour plusieurs jours et si le moindre incident vous irrite, vous déprime ou vous épuise,… vous souffrez peut-être de fatigue surrénale. Un certain nombre de plantes et de suppléments nutritionnels peuvent aider à surmonter cette fatigue.
Les surrénales sont deux petites glandes en forme de croissant qui coiffent le pôle supérieur de chaque rein. Chacune d'elle est composée de couches internes qui produisent différentes substances. La partie intérieure ou médullosurrénale sécrète l'adrénaline et la noradrénaline. La libération de ces hormones augmente le rythme cardiaque et la pression sanguine et détourne davantage de sang vers le cerveau, le cœur, les muscles squelettiques.

La corticosurrénale, située à l'extérieur de la médullosurrénale, réagit à différents types de stress. C'est là que sont produites les hormones stéroïdes comme la cortisone, l'hydrocortisone, la testostérone, les oestrogènes, la 17-hydroxy-ketostéroïde, la DHEA, le sulfate de DHEA, la pregnénolone, l'aldostérone, l'androsténédione, la progestérone et d'autres hormones, produits intermédiaires dans la synthèse. Un grand nombre de ces hormones sont également fabriquées dans d'autres parties de l'organisme, mais l'aldostérone, la cortisone et l'hydrocortisone sont uniquement sécrétées par les glandes surrénales.
L'hormone aldostérone, de concert avec les reins, régule l'équilibre du sodium et du potassium dans le corps. Cette régulation est très importante pour de nombreuses fonctions physiologiques incluant la capacité à réagir au stress et le maintien de l'équilibre hydrique. Elle contribue même au maintien de la pression sanguine.

Tout commence avec le stress…

Face à un stress, l'organisme active une réaction d'alerte et libère de l'adrénaline, de la noradrénaline et du cortisol. Ces hormones expédient le sang du centre du corps vers les muscles et les membres pour préparer l'organisme à faire face à une éventuelle attaque. Des réponses physiologiques complémentaires assurent une réaction rapide à la menace :les pupilles se dilatent, la conscience s'intensifie, le pouls s'accélère. Lorsque la perception de la menace disparaît, le corps revient à son homéostasie physiologique, interrompant la libération des hormones jusqu'à ce que la prochaine menace apparaisse.
Ce mécanisme convenait parfaitement à nos ancêtres et leur survie en dépendait.Mais, dans notre monde moderne, notre
organisme réagit par cette réponse aussi bien face à l'irritation provoquée par le fait que quelqu'un ait pris notre place de parking que face à un réel danger mettant notre vie en jeu. Elle ne constitue en fait que la première étape de l'adaptation au stress.
La seconde est celle de la résistance où nous apprenons, à notre propre détriment, à nous occuper efficacement de notre stress. Elle peut durer des mois. Au cours de cette étape, les récepteurs hypothalamiques au cortisol deviennent moins sensibles à l'inhibition réactive avec pour résultat une augmentation de la production de cortisol. Une production excessive de cortisol est associée à un grand nombre de désordres métaboliques de l'axe hypothalamo-hypophyso-surénalien incluant une insulino-résistance, une obésité, une augmentation de la pression sanguine, une immuno-suppression ou la perturbation de la guérison des blessures. En fait, une élévation excessive prolongée de cortisol peut conduire à des signes et symptômes ressemblant à la maladie de Cushing. La troisième et dernière étape de la réaction au stress est l'épuisement des surrénales qui implique une déplétion des réserves d'énergie et une perte de résistance physique conduisant à la fatigue, à l'étouffement du système immunitaire et à une cohorte d'autres symptômes systémiques incluant des pathologies neurologiques telles que la maladie d'Alzheimer ou la dépression.

Qu'est-ce que la fatigue surrénale ?

La fatigue surrénale se définit par toute diminution de la capacité des glandes surrénales à fonctionner normalement. Cela se produit lorsque l'organisme est submergé, quand le stress sur-accroît sa capacité à compenser et à récupérer. Les surrénales se fatiguent alors et deviennent incapables de continuer à répondre de façon appropriée à de nouveaux stress.

A ce stade, la plupart des gens entrent dans un cercle vicieux et s'en remettent au café, au coca cola et à d'autres excitants pour lutter contre la sensation de fatigue et tenir tout au long de la journée. Ils trouvent éventuellement un second souffle et finissent de travailler très tard dans la nuit. Il leur devient alors de plus en plus difficile de commencer le matin et ils boivent davantage de caféine, perpétuant ainsi le cycle.

Mais ce n'est que le commencement. La fatigue surrénale se manifeste par toute une batterie de signes et de symptômes dont le plus important est la fatigue. D'autres pathologies peuvent apparaître y compris des affections respiratoires, de l'asthme, des allergies, un syndrome de fatigue chronique, une fibromyalgie ou d'autres désordres immunitaires.

Le traitement de la fatigue surrénale

Pour que les glandes surrénales puissent travailler efficacement, il faut les soutenir nutritionnellement. Des modifications du style de vie accompagnées de suppléments nutritionnels facilitent grandement le rétablissement. Les règles sont simples et similaires aux principes généraux pour rester en bonne santé. Un style de vie modéré avec des aliments de haute qualité, la pratique régulière d'exercices physiques, beaucoup de repos conjugués avec une attitude mentale saine doivent concourir à conserver des glandes surrénales fortes et résistantes. Cependant, le stress de la vie moderne fait que certains suppléments nutritionnels peuvent également être nécessaires pour maintenir les glandes surrénales en bonne santé tout comme pour aider des glandes surrénales épuisées à retrouver un fonctionnement normal.
Dans le cas de la fatigue surrénale, l'un des objectifs donnés aux suppléments nutritionnels est d'aider à restaurer une libération diurne de niveaux normaux de cortisol. La théorie veut que si l'on apporte à l'organisme de petites quantités de substances ressemblant au cortisol, les glandes surrénales prennent du repos et ont la possibilité de se régénérer. Ensuite, une production normale de cortisol sera rétablie.

* L'extrait de réglisse (Glycyrrhiza glabra) mime les effets du cortisol

On sait depuis longtemps qu'une consommation modérée de réglisse peut avoir des effets positifs dans un grand nombre de maladies incluant les allergies, l'asthme, la fatigue chronique, des pathologies inflammatoires et d'autres symptômes que l'on peut retrouver chez des sujets atteints de fatigue surrénale. La Glycyrrhiza glabra, extraite de la réglisse, permet de bénéficier des propriétés de guérison des ulcères sans se préoccuper des dangers d'un excès de cortisone. C'est aussi un principe actif qui imite les effets de la cortisone.
A doses modérées, il peut avoir de nombreux effets bénéfiques mais une consommation excessive ou prolongée peut entraîner l'apparition de certains effets secondaires incluant maux de tête, léthargie, rétention de sel et d'eau, perte excessive de potassium et hypertension artérielle. 25 à 100 mg par jour de glycyrrhiza semblent apporter une amélioration significative des symptômes de fatigue chronique, de fibromyalgie et d'autres maladies liées à la fatigue surrénale. Elle ne doit pas être utilisée plus de 6 à 8 semaines d'affilée. Pour imiter le rythme normal du cortisol de l'organisme, la glycyrrhiza doit être prise le matin, environ une demi-heure avant le petit déjeuner et avant le déjeuner (généralement à dose plus faible que le matin).

La phosphatidylsérine (PS)

La phosphatidylsérine est un phospholipide naturellement présent dans toutes les membranes cellulaires et dans les tissus du cerveau. Une étude italienne contrôlée contre
placebo portant sur 8 hommes en bonne santé a montré qu'une supplémentation avec 800 mg quotidiens de phosphatidylsérine s'opposait à la production de cortisol induite par le stress. Dans un autre essai contrôlé contre placebo, 300 mg par jour de PS ont amélioré l'état dépressif, la mémoire et la sensation de bien-être de femmes âgées. Plusieurs études ont montré que la PS diminuait la production de cortisol entraînée par le stress que font naître des exercices physiques intensifs.

* Les adaptogènes

l'Eleuthéroccocus ou Ginseng sibérien, le Schisandra ou le Tribulus terrestris aident à restaurer la sensibilité des récepteurs hypothalamiques et périphériques aux effets du cortisol et d'autres hormones surrénales. De cette manière, les adaptogènes aident l'organisme à construire une réponse adaptée au stress avec des quantités de cortisol plus faibles que celles qui seraient nécessaires sans leur utilisation. Ils facilitent ainsi un retour à la normale plus rapide des surrénales. Des cliniciens ont montré que ces adaptogènes peuvent agir de façon synergique.

- Eleutherococcus ou Ginseng sibérien,
Des études conduites par des chercheurs soviétiques ont montré que l'Eleuthérococcus a des propriétés anti-fatigue encore plus efficaces que celles du Panax ginseng. Leurs travaux ont été réalisés dans le cadre d'un programme massif de tests avec des études cliniques réalisées à travers toute l'ancienne URSS sur des ouvriers d'usines, des conducteurs de camions, des marins au long cours et des personnels militaires soumis à des stress très importants. Ces études sur le stress ont révélé que l'Eleutherococcus améliore la résistance, augmente la consommation d'oxygène, renforce l'énergie physique et la performance et réduit la pression sanguine. En 1962, l'Eleutherococcus a été déclaré par le Ministre de la Santé de l'URSS médicament officiel de phytothérapie et inclus dans le guide national des médicaments, la pharmacopée soviétique. L'Eleutherococcus a rapidement été largement disponible et patients, athlètes, cosmonautes et soldats l'ont régulièrement utilisé comme fortifiant.


- Le Schisandra
Le Schisandra est une herbe largement utilisée dans la Chine ancienne et contemporaine pour traiter un grand nombre de maladies. C'est un puissant antioxydant et un agent anabolisant. Le Schisandra favorise également la glycogenèse, le processus qui convertit les hydrates de carbone en glycogène. Le glycogène est stocké dans le foie et les muscles jusqu'à ce qu'il soit utilisé et converti en glucose. Ce processus aide à produire l'énergie nécessaire à la revitalisation des cellules «stressées».
Les recherches indiquent que le Schisandra stimule le système nerveux central, probablement en augmentant la dopamine et ses métabolites dans le striatum et l'hypothalamus. La dopamine, une catécholamine sécrétée par les glandes surrénales, est un précurseur immédiat dans la synthèse de la noradrénaline qui joue un rôle pivot en aidant l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien à s'adapter au stress.


- Le Tribulus terrestris
Dans une étude, des hommes en bonne santé ont reçu 750 mg de Tribulus terrestris quotidiennement pendant 5 jours. Leurs niveaux d'hormone lutéinisante (LH) ont augmenté de 72% et ceux de testostérone de 40%. Produite par les glandes surrénales chez les hommes comme chez les femmes, la testostérone est une importante hormone anabolisante anti-stress. Elle accélère la croissance dans les tissus, stimule le flux sanguin et affecte un grand nombred'activités métaboliques.

- Ashwagandha
L'Ashwagandha est une plante originaire de l'Inde particulièrement utile dans le traitement de la fatigue surrénale. Elle est également considérée comme une substance adaptogène qui normalise les fonctions de l'organisme et l'aide à s'adapter à toute une série de situations stressantes. Des études ont montré que l'Ashwagandha est capable de normaliser les niveaux de cortisol. Ses propriétés anti-inflammatoires permettent de traiter les inflammations des articulations ou les douleurs rhumatismales que l'on voit couramment chez les sujets souffrant de fatigue surrénale.


D'autres suppléments nutritionnels sont utiles à la santé des glandes surrénales et/ou pour s'opposer à une surproduction de cortisol.

La prégnénolone est convertie en hormones anti-âge comme la DHEA, les oestrogènes, la progestérone et la testostérone. Des supplémentations en prégnénolone peuvent aider à rectifier le déséquilibre hormonal produit par l'insuffisance surrénale liée à l'âge. Elles peuvent également s'opposer à une surproduction de cortisol tout comme peut le faire la vitamine C.


Adrenal fatigue : the 21st Century stress syndrome, Wilson James L, Smart publications, novembre 2001
Comparative study of the effectiveness of Eleutherococcus and other plant adaptogens as remedies for increasing the work capacity of flight personnel. New data on Elotherococcus : Proceedings of the 2nd international on Eleutherococcus (Moscow 1984). Vladivostok. Far east Academy of Sciences of the URSS, Asano K et al, 1986,166.
New substances of plant origin which increase non specific resistance. Brekhman II et al., Annual review of Pharmacology, v9,1969.
Pharmacological actions and clinical use of fructus Schizandrae, Liu GT, Chin. Med J, 1989;102(10):740-749.
Withania somnifera (ashwagandha), a rejuvenating herbal drug which enhances survival during stress (an adaptogen), Singh N et al, Int J Crude Drug Res, 1982;20:29-35.
Evaluation of antistress (adaptogen) activity of Withania somnifera (ashwagandha), Dadkar VN, Indian J Clin Biochem, 1987;2:101-108.
Hormonal effects of phosphatidylserine during 2 weeks of intense training. Fahey TD, Abstract presented at : National meeting of the American College of Sports medicine, 1998, Orlando, USA
Blunting by chronic phosphatidylserine administration of the stress-induced activation of the hypothalamo-pituitary-adrenal axis in health men, Monteoleone P et al
Télécharger le pdf contenant cet article

Commander le nutriment évoqué dans cet article
® 1997-2014 Fondation pour le Libre Choix
Tous droits de reproduction réservés