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DHEA l'hormone du mieux-vivre...

DHEA l'hormone du mieux-vivre Ce que votre médecin ne vous a pas dit.


Cet ouvrage fait le point sur l'état de la recherche, et répond aux questions que vous vous posez sur les réels pouvoirs de la DHEA et son action sur l'organisme. Il insiste également sur les interactions hormonales, car la DHEA n'est pas la plus importante des hormones, un chef d'orchestre, mais elle fait partie de l'ensemble des molécules qui assurent l'harmonie du fonctionnement de l'organisme.

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Ce nouvel ouvrage sur la DHEA est, comme l'écrivent leurs auteurs, un livre de bon sens. Après l'avoir parcouru vous devriez en savoir plus sur la DHEA et, entre espoirs et certitudes, mieux percevoir ce que cette intéressante hormone peut apporter à votre santé.
Après avoir expliqué ce qu'est la DHEA, fait la part entre le vrai et le faux, passé en revue les bénéfices et les risques d'une supplémentation, le livre «DHEA, l'hormone du mieux vivre», aborde l'inéluctabilité de la déficience en DHEA et décrit les bonnes actions de la DHEA et son intérêt dans la prévention et le traitement de quelques grandes affections comme l'obésité, le diabète, le rhumatisme ou les cancers.
Il évoque enfin, le manque de DHEA, son diagnostic et son traitement. Pour vous donner envie d'aller plus loin dans ce livre plein d'enseignements et d'informations bien documentées, Nutranews est heureux d'en publier quelques bonnes feuilles.
La prise de DHEA constitue souvent un des premiers pas d'un homme ou d'une femme vers le monde des thérapies anti-âge à l'efficacité reconnue. Celles qui permettent de vieillir mieux, de jouir d'une meilleure qualité de vie, de moins souffrir de maladies liées à l'âge et de préserver son apparence physique et ses facultés mentales. Bien sûr, la prise de vitamines et d'oligo-éléments, le culte de la diététique, l'activité sportive, les thérapies psychologiques comme la pensée positive ou la gestion du stress, la lutte contre la pollution environnementale ont le même objectif… Chacune de ces « approches de vie » est importante et mérite d'être mise en pratique dans un programme large de prévention du vieillissement. Mais aucune n'offre autant de garanties d'efficacité réelle, pour ralentir ou prévenir le vieillissement tel que nous le connaissons à l'heure actuelle, que les thérapies hormonales de substitution qui corrigent les manques hormonaux.
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Chapitre II Vrai ou faux ?

Evoquer la DHEA au cours d'une conversation, c'est inciter chacun à donner son avis, souvent forgé à partir d'articles glanés dans les journaux ou d'informations recueillies au cours de débats télévisés. Méfiance ! Il se dit beaucoup de choses justes mais aussi beaucoup de contrevérités sur celle que les journalistes, souvent avides de sensationnel ont appelée, peut être justement mais en tout cas de façon prématurée, “la pilule de jouvence”. Voici quelques vérités bonnes à connaître

1 - La DHEA est la plus puissante des hormones de jeunesse

Faux. Ce n'est pas la plus puissante. En matière de traitements hormonaux, certaines hormones sont plus efficaces et apportent plus d'améliorations au patient déficient. Dans le tableau suivant, nous avons dressé un classement relativement approximatif, des hormones, par ordre décroissant d'efficacité.

Efficacité des traitements hormonaux

Action sur le mental

Action sur le physique

Hormones thyroïdiennes* Hormone de croissance
Cortisol* Hormones féminines (œstrogènes, progestérone)
Hormone de croissance Hormones mâles (testostérone)
Hormones féminines (œstrogènes, progestérone) Insuline
Hormones mâles (testostérone) Hormones thyroïdiennes*
Insuline Cortisol*
Mélatonine DHEA
Aldostérone Aldostérone
DHEA Mélatonine
Pregnénolone Vasopressine
Vasopressine Pregnénolone
Ce tableau est basé sur notre propre expérience clinique et non sur une étude spécifique sur le sujet qui, à notre connaissance, reste à entreprendre.
* Les hormones thyroïdiennes et le cortisol sont malaisés à bien situer dans la hiérarchie. Ces deux hormones sont vitales pour la survie et l'apparence physique. Le cortisol, par exemple, est indispensable à la vie et mérite donc la première place dans la hiérarchie des hormones. Mais la production de cortisol diminue moins avec l'âge et un supplément de cortisol pour corriger une carence généralement modérée est souvent faiblement dosé. La supplémentation en cortisol aux doses utilisées dans la médecine anti-âge ne modifie donc pas énormément la physionomie. Pour les hormones thyroïdiennes, la situation est à peu près identique encore que la survie en cas d'absence d'hormones thyroïdiennes est plus longue (de plusieurs semaines) et que le dégonflement entraîné par la correction d'une insuffisance thyroïdienne est en général bien visible.
2 - La DHEA peut tout faire

Faux. La DHEA joue un rôle double dans l'organisme. D'une part elle exprime des effets propres avec des récepteurs propres à certaines cellules1, et d'autre part se convertit en d'autres hormones plus puissantes tels l'œstradiol, la testostérone ou l'androstènediol2, et ainsi exprime d'autres effets encore. Les effets bénéfiques directs et indirects de la DHEA même utilisée à fortes doses, ne permettent malheureusement pas de rester éternellement jeune et en bonne santé.
Pourtant, la DHEA a sa place dans la médecine, même si l'expérimentation est loin d'être terminée, et si certains de ses effets bénéfiques restent encore à mieux préciser.

3 - L'Ordre des Médecins a interdit la prescription de DHEA

Faux. L'Ordre des Médecins, n'a jamais interdit la DHEA mais a adressé une mise en garde aux praticiens pour qu'ils soient conscients qu'ils engagent leur responsabilité en prescrivant de la DHEA3. Une mise en garde qui peut paraître superflue dans la mesure où la responsabilité d'un médecin est de toute façon engagée à chaque fois qu'il prescrit un traitement. Elle est pourtant utile car la relative sécurité de la DHEA pourrait inciter certains médecins à négliger de s'informer et les empêcher d'acquérir les connaissances nécessaires pour bien prescrire un traitement à la DHEA .

4 - L'Ordre des Pharmaciens a interdit la délivrance de DHEA aux patients

Faux. Les commentaires pour la mise en garde de l'Ordre des Médecins valent pour celle de l'Ordre des Pharmaciens. Il n'y a jamais eu d'interdiction. En revanche, il existe depuis le mois de juin 2001, venant du ministère de la Santé, un décret autorisant officiellement les pharmaciens à délivrer la DHEA sous prescription médicale.

5 - La DHEA est dangereuse

Faux et vrai. Il n'y a pas plus de risques - et même apparemment moins - à prendre de la DHEA que pour la plupart des autres hormones. Des doses plus élevées sur des périodes beaucoup plus longues sont généralement nécessaires pour voir apparaître un net effet de surdosage. Ces effets sont en général “bénins” et réversibles, ce qui n'est pas le cas pour ceux provoqués par les hormones thyroïdiennes, par exemple. Une apparition d'acné, des cheveux plus gras, etc. doivent inciter à diminuer la dose mais non à arrêter le traitement.
Chez des jeunes hommes, d'énormes surdosages (de l'ordre de 1600 mg/jour soit trente fois la dose maximale que nous préconisons chez un sujet âgé carencé en DHEA) ont été brièvement utilisés sans que les auteurs de l'étude rapportent l'apparition d'effets secondaires dangereux notables4. Cependant, nous conseillons aux médecins et aux patients de rester prudents et de n'utiliser que des doses physiologiques (50 mg/j maximum).
Cependant, n'hésitons pas à le répéter, le traitement à la DHEA exige d'être suivi par un médecin. Il peut induire un moins bon équilibre entre hormones masculines et féminines et, si la DHEA est prise par la bouche, des (rares) troubles du foie chez les personnes à foie fragile, atteintes de cirrhose, par exemple. Chez les rongeurs, l'administration sur de longues durées de doses très élevées (comparables à la prise de plus de 2000 mg/jour pour un homme) ont induit des tumeurs malignes du foie5. A contrario, des doses physiologiques ou modérément plus élevées ont permis de protéger le foie de tumeurs bénignes ou malignes induites par des cancérigènes6.
Ces données confortent notre recommandation : il ne faut viser qu'à combler un déficit en DHEA et éviter de créer une situation d'excès. Sauf exceptions, dans le cas d'un important catabolisme comme l'amaigrissement de patients cancéreux ou les syndromes de malabsorption majeurs.

6 - La DHEA provoque le cancer

Faux à doses physiologiques et en équilibre avec d'autres hormones. Toutes les données de la littérature scientifique tendent à montrer que les doses normalement produites dans le corps d'un sujet jeune non seulement ne provoquent pas de cancer, mais peuvent probablement offrir une certaine protection contre diverses formes de la maladie par stimulation des défenses immunitaires. Chez l'animal, la DHEA s'est avérée protectrice contre divers cancers induits par des substances cancérigènes : colon, thyroïde, peau, foie, sein et prostate.
Vrai à doses très élevées pour le cancer du foie chez le rongeur. L'induction par la DHEA de ce type de cancer suppose l'administration de doses énormes d'hormone (voir chapitre sur la DHEA et le cancer)5,7.

7 - La DHEA est mauvaise pour le cœur et les vaisseaux

Faux. La DHEA semble protéger les artères et le cœur contre l'athérosclérose, surtout chez l'homme (voir chapitre sur la DHEA et le cœur et vaisseaux) . Quelques rares études suggèrent un lien entre un taux de DHEA sulfate plus élevé et l'incidence de maladies cardiovasculaires chez les femmes8, mais des études encore plus nombreuses ont montré exactement le contraire (voir plus loin). L'explication des études défavorables pourrait être le manque d'œstrogènes que présentent généralement les femmes productrices d'un surplus d'hormones mâles. La légère augmentation de risque cardiovasculaire serait due en réalité à ce manque d'œstrogène relatif à la DHEA.

8 - La DHEA est inscrite sur la liste des produits dopants

Vrai. Depuis février 20009, la DHEA est sur la liste des produits dopants du Comité Olympique de même que les hormones thyroïdiennes, l'hormone de croissance, les hormones mâles, l'érythropoïétine (EPO), etc. Rappelons qu'il y a dopage lors de l'utilisation à doses excessives de ces hormones.

9 - La DHEA est-elle une hormone de longue vie ?

C'est LA question à laquelle il est encore impossible de donner une réponse claire et définitive. Il n'existe en effet aucune preuve formelle que la DHEA puisse faire vivre plus longtemps. Impossible toutefois de ne pas aborder le sujet.
L'accroissement rapide de la longévité observé depuis le début du siècle dernier est essentiellement dû aux progrès de la médecine en termes de prévention et de traitement des maladies. Or il ressort d'une littérature scientifique de plus en plus prolifique, que le traitement à la DHEA peut réellement maintenir la santé à un meilleur niveau. Il paraît donc logique de penser qu'elle influence, même de façon modeste, la longévité.
Sachez d'emblée, qu'une prise quotidienne de DHEA ne préserve ni ne restaure la jeunesse d'un individu de façon “éternelle” ou parfaite. Elle ne constitue qu'une de ces nombreuses substances précieuses du corps humain qui se raréfient avec l'âge. Sa prise, même à un dosage énorme, par une personne vieillie et ridée ne lui rendra pas son apparence juvénile. Par ailleurs, et pour

compliquer le travail des scientifiques, l'expérience révèle que certains effets très prisés de la DHEA ne s'expriment que si d'autres substances sont en quantités suffisantes dans le corps. Et plus particulièrement certaines hormones dont la sécrétion se tarit irréversiblement avec l'âge. Croire que la prise seule de DHEA rajeunit complètement est donc une illusion.
Cependant, la DHEA peut réellement apporter une amélioration au fonctionnement de certains organes détériorés par les années. Il est également probable qu'elle ralentisse certains effets du vieillissement, comme l'ostéoporose ou l'athérosclérose. Ce « coup de frein » équivaut donc à un rajeunissement partiel, modéré, mais souvent perceptible.
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La DHEA dans le concert des hormones

Non, la DHEA n'est pas l'hormone principale, mais elle a une importance non négligeable. Elle n'est pas le chef de l'orchestre, mais elle en fait partie, jouant sa partition dans le concert de la vie physiologique. Les synergies sont nombreuses avec les autres hormones. Essayons de démêler l'écheveau des interactions. Et de résoudre une étrange équation : en matière d'hormones, 1 + 1 font souvent 3 !
Chez la femme : la DHEA et les traitements hormonaux de substitution lors de la ménopause.
L'œstradiol est l'hormone de la féminité. Elle est à l'origine de la formation des seins, de l'appareil génital et de son fonctionnement. L'œstradiol donne aussi de l'énergie et améliore l'humeur.
La DHEA peut se transformer en testostérone11. Celle-ci devient ensuite de l'œstradiol11 et augmente ainsi le niveau de cette hormone et son activité comme celle de ses dérivés estrogènes dans le corps. C'est pourquoi certaines femmes qui prennent trop de DHEA peuvent souffrir de douleurs aux seins avant leurs règles et, qu'à doses nettement plus élevées, les règles peuvent réapparaître chez certaines femmes qui n'en avaient plus.
Le tout se complique lorsque la prise de suppléments d'œstradiol et de ses dérivés œstrogènes augmente à son tour le taux de DHEA et de DHEA sulfate12.
Mais ceci ne signifie pas que la prise de DHEA puisse remplacer le traitement hormonal de substitution aux œstrogènes et à la progestérone lors de la ménopause. C'est un traitement complémentaire.

Chez l'homme : la DHEA et la testostérone.
Sans testostérone, pas (ou presque pas) d'amour, car la testostérone est probablement l'hormone qui excite le plus le désir sexuel13. Par ailleurs, la testostérone développe les muscles14 et les os15 et a son importance pour le système cardiovasculaire16,17 et la puissance sexuelle (érections, éjaculations)18.
La DHEA peut se transformer en testostérone11 et ainsi augmenter son niveau d'activité et celui de ses dérivés androgènes dans le corps.
La testostérone et son dérivé le plus virilisant, la dihydrotestostérone, peuvent à leur tour stimuler les glandes surrénales dans la production de DHEA 19,21. Les taux de DHEA et DHEA sulfate en sont à leur tour d'autant augmentés et leur activité améliorée.

Chez la femme et chez l'homme : la DHEA et l'hormone de croissance
L'hormone de croissance est une hormone de première importance, même pour l'adulte. Elle renforce la densité des os22, muscle le corps et diminue la graisse23. Elle aide aussi de nombreux organes à garder leur volume et leur tonicité.
Psychiquement, elle permet de mieux récupérer, peut apporter une certaine sérénité et aide à conserver intactes ses facultés mentales dans des moments difficiles. Une grande partie de l'activité de l'hormone de croissance est due à la production par le foie, sous son impulsion, d'une autre hormone, la somatomédine C24.
La DHEA peut faire croître le taux de somatomédine C de 15 à 30 % environ et ainsi augmenter l'activité de l'hormone de croissance10. L'effet, exprimé en % de la sécrétion initiale, est le plus évident chez les personnes âgées présentant initialement un taux bas en somatomédine C.
L'inverse est vrai aussi. Un traitement à l'hormone de croissance peut augmenter l'efficacité d'un traitement à la DHEA. Comment ? Une grande partie des effets de la DHEA sont des effets “androgéniques” obtenus après sa conversion en androgènes. L'hormone de croissance améliore la disponibilité des androgènes du plasma aux cellules-cibles: moins de testostérone dans le sang, plus dans les cellules. Et plus d'activité androgène globalement25.
Bref, la DHEA et l'hormone de croissance se potentialisent mutuellement.
Des informations plus complètes sur ces interactions ainsi que sur d'autres traitements hormonaux sont développés de manière
approfondie dans notre livre “Comment rester jeune plus longtemps” paru aux éditions Albin -Michel.

Le manque survient, tôt ou tard

L'ensemble du réseau de tissus et des actions et réactions menant à la DHEA ne restent pas intacts tout au long de la vie. Toutes sortes d'agressions - infections, traumatismes, stress, petits saignements, diminution de l'apport de sang, toxines, etc. - affaiblissent graduellement et inexorablement les tissus de l'axe qui permet à la DHEA d'être produite. Nul n'y échappe. Tôt ou tard, tout être humain manquera de DHEA.
L'usure qui s'empare progressivement du corps avec le temps et qui conduit à des signes de manque en DHEA naît notamment dans le cerveau et les autres glandes.

Le cerveau se divise en diverses régions qui émettent des signaux ou fabriquent des substances qui incitent directement ou indirectement nos glandes surrénales à former de la DHEA. Si ces structures faiblissent, la production de DHEA et d'autres hormones diminuera. En médecine, on parle d'une “insuffisance surrénalienne centrale” ou “d'origine centrale” c'est-à-dire dont la cause se situe dans le cerveau.
Ces altérations peuvent apparaître partout dans le cerveau, notamment dans le cortex cérébral (la couche du cerveau située à la surface). C'est dans cette zone que nos pensées prennent naissance. Le cortex s'atrophie, perd de l'eau, reçoit moins de sang, se cicatrise, perd des neurones et des cellules entretenant les filaments nerveux responsables des influx nerveux. En réalité, ne noircissons pas trop le tableau, la perte de neurones n'est pas si importante avec l'âge : 3 à 10 % selon les estimations4,6. Ce qui cause plus de troubles, en réalité, c'est la forte diminution du nombre de connexions entre les cellules cérébrales (aux alentours de 70 %)7,11 et l'encrassement des cellules par des déchets de plus en plus mal évacués. Ces modifications expliquent la mauvaise mémoire, la lenteur de la pensée, les troubles de l'orientation et la concentration difficile pour aboutir, souvent, à la confusion qui est le lot des personnes âgées. Les influx nerveux qui doivent passer du cerveau à l'hypothalamus n'arrivent pas, ou plus que très partiellement, dans le grand âge. Résultat : un affaiblissement de tout l'axe vers les glandes surrénales.
C'est dans l'hypothalamus, une zone centrale et stratégique du cerveau, que s'élaborent les émotions. Situé juste au-dessus de la glande hypophyse, il produit également diverses hormones qui vont stimuler tous les grands axes hormonaux. En vieillissant, ce précieux centre cérébral se fatigue aussi et produit de moins en moins de substance, stimulant la glande hypophyse et lui permettant de gérer une fabrication optimale de DHEA12.
La glande hypophyse, comme les autres, subit avec l'âge une profonde usure sous forme d'atrophie (jusqu'à 40 % de diminution de volume)13, de fibrose14 (remplacement du tissu actif qui sécrète des hormones par du tissu de remplissage), de petites destructions diverses, de diminution du fonctionnement des cellules. L'hypophyse va donc sécréter moins d'hormones et en particulier moins d'ACTH, même si cette dernière se maintient plutôt mieux que la plupart des autres hormones. La diminution de sécrétion de ces autres hormones va également peser défavorablement de tout son poids sur la production de DHEA par les glandes surrénales en une sorte d'effet boule de neige.
D'autres glandes, qui stimulent la sécrétion de DHEA, dépérissent. Sans entrer plus dans le détail, citons la glande thyroïde 15, 16 et les glandes sexuelles 17, 18.
Le sang transporte les hormones qui stimulent la sécrétion de la DHEA vers les glandes surrénales pour qu'elles exercent leur effet. Or le sang d'une personne âgée est de moins bonne qualité : il est moins fluide et les artères sont partiellement obstruées, il souffre d'un excès de protéines transporteuses d'hormones qui captent et séquestrent les hormones.
Plus que les autres couches du cortex des glandes surrénales, la zone réticulaire de production de la DHEA s'atrophie19,20. Résultat : un déclin important et rapide du taux de DHEA.
Les tissus-cibles pour la DHEA réagissent de moins en moins bien : les cellules sont plus paresseuses, encombrées de déchets mal évacués (comme des dépôts de lipofuchsine et des enzymes endommagés), manquent de récepteurs pour la DHEA ou les hormones puissantes dérivées21-23. Ce qui explique pourquoi certaines personnes âgées réagissent peu à la prise de DHEA à petites doses alors qu'aux mêmes doses, des personnes plus jeunes et souffrant initialement du même degré de carence en DHEA jouissent d'une amélioration plus sensible. Cette diminution de l'utilisation de la DHEA par les tissus-cibles se confirme par une chute importante de l'excrétion de ses métabolites 17-cétostéroïdes dans les urines24 (voir graphiques 2 et 3)25. Les métabolites de la DHEA sont des traces de l'activité métabolique réelle de la DHEA.
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Ce que la prise de DHEA peut apporter à votre peau

Les études le montrent, des doses physiologiques de DHEA améliorent l'état de la peau de manière plus évidente chez les femmes. Cet effet sera plus significatif encore chez celles qui présentaient, à l'origine, la plus grande déficience en DHEA. Ajoutons que les changements prennent du temps : trois mois au moins sont nécessaires pour une amélioration visible.


Mécanismes et physiologie : comment la DHEA agit sur la peau ?

Les observations suivantes sont basées sur des études scientifiques et permettent de mieux juger ce que la prise de DHEA peut apporter à la peau.
La DHEA peut rendre la peau plus douce en augmentant son contenu en eau (meilleure hydratation - la DHEA peut retenir le sel et l'eau) et la rendre mieux huilée (la DHEA augmente la production de sébum de la peau1. Cet effet est dû à sa transformation en hormone mâle2). Il faut de 3 à 6 mois pour que l'augmentation de sécrétion de sébum par prise journalière de DHEA se stabilise à un niveau plus élevé3.
La peau devient plus souple lors de la prise de DHEA parce que le contenu en lipides de l'épiderme augmente également sous le traitement4.
La peau peut devenir plus solide parce que les cellules de kératine (kératinocytes) qui déterminent la solidité de la peau sont renforcées par la DHEA et contiennent plus de petits organes tels que les kératinosomes et les granules de kératohyalin5.
La peau peut s'épaissir légèrement parce que la DHEA peut augmenter le tissu collagène de la peau (production augmentée de composants de collagène comme le alpha-1-[I] procollagen) et inhiber partiellement la production du collagénase, l'enzyme qui métabolise le collagène4.
Un traitement à la DHEA peut rendre la peau moins sensible à certaines allergies de contact, au DNCA par exemple6, par un mécanisme encore mal élucidé mais qui consiste probablement à freiner la libération d'histamine par les cellules immunitaires.
La peau peut mieux se réparer et cicatriser (surtout en application locale ou en injection sous la peau) parce que la DHEA préserve mieux les structures de la peau, parmi lesquels les minuscules vaisseaux et capillaires qui apportent le sang et favorise les processus de réparation7.
La meilleure pigmentation de la peau des volontaires de l'étude DHEAge du Professeur Baulieu1, peut être due à une stimulation de la production de mélanine, ce pigment qui fonce la peau et lui donne une belle teinte brune. Cet effet pourrait être obtenu après conversion de la DHEA en androgènes. Les androgènes colorent la peau, d'où la différence de teint fréquente des hommes et des femmes jeunes lorsqu'il sont soumis à une exposition au soleil comparable.
La peau devient “plus sexuelle” sous DHEA. Elle produit en quelque sorte un parfum sexuel composé de substances odoriférantes appelées phéromones. Ces phéromones proviennent principalement de métabolites de la DHEA et de ses dérivés. Un des ses métabolites les plus odoriférants, l'androstérone, peut même être senti par 80 % des patients anosmiques qui, normalement, n'ont pas ou n'ont plus d'odorat8,9. La concentration de DHEA dans la sueur du creux axillaire, connue pour son caractère hautement sexuel, est impressionnante : 1000 fois supérieur au taux de testostérone10.
Sous DHEA, la peau peut mieux résister aux infections parce qu'elle augmente le nombre de cellules de Langerhans, les cellules immunitaires de la peau, et stimule leur activité6.
Le traitement à la DHEA peut potentiellement protéger la peau contre le cancer en bloquant le glucos-6-phosphate dehydrogénase, un enzyme lié à des processus cancéreux, et en freinant l'incorporation de substances nécessaires pour la multiplication de cellules malignes (stimulées par des cancérigènes comme le TPA, par exemple)11,12.
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6 - La DHEA et l'ostéoporose

Sous le poids des années, les os deviennent moins solides. L'intérieur des os se vide. Les os perdent du calcium, mais aussi des cellules, des fibres et des protéines. Lorsque la consistance des os (vérifiable par ostéodensitométrie, en mesurant la densité des os par radiographie) a diminué au point de passer en dessous d'un seuil appelé “seuil de fracture”, on parle d'ostéoporose. Le patient présente alors un haut risque de fractures, même lors de chocs légers ou de petites chutes.
Les conséquences de l'ostéoporose sont importantes. Se fracturer les os facilement exige souvent des plâtrages et un arrêt de toute activité physique importante comme le sport pendant quelques semaines, et nécessite parfois même un alitement prolongé. Les tassements vertébraux (des fractures de vertèbres qui s'écrasent les unes contre les autres) raccourcissent le dos du patient et lui donnent une courbure appelée cyphose, l'obligeant parfois à se traîner plié en deux. Regarder la terre plutôt que devant soi limite fortement le champ de vision, sans parler des douleurs lancinantes qui souvent accompagnent les tassements, et qui sont causées par la compression des nerfs qui sortent de la moelle épinière à ce niveau. Enfin, certaines fractures comme celle de la hanche sont grevées d'un degré de mortalité non négligeable par surinfection ou nécroses de la zone de fracture.
Pour conserver de bons os, il faut retirer suffisamment de calcium et de protéines de son alimentation, mais aussi fabriquer des hormones. Parmi les hormones qui préservent les os, la DHEA n'a pas la place la plus importante, mais ses effets ne sont pas négligeables, surtout chez la femme.
Le Professeur Baulieu fut à l'origine d'un scoop médiatique, il y a quelques années, lorsqu'il fit appel à des volontaires, par presse interposée, pour étudier l'effet de la DHEA sur divers paramètres du vieillissement. C'était le lancement de la fameuse étude DHEAge dont les premiers résultats ont été publiés après un an.
Les premiers effets de la DHEA sur les os des femmes âgées se révélèrent positifs. Un an après le début du traitement, la densité osseuse moyenne était augmentée de 2 % environ : 1,8 % au niveau des vertèbres de la colonne lombaire et 2,1 % au niveau de la hanche. Pendant la même période, les femmes traitées par placebo perdirent de la densité osseuse !1

Ce que la prise de DHEA apporte aux os


Prendre de la DHEA peut donc freiner la fragilisation osseuse qui survient avec l'âge. A condition toutefois que la quantité d'hormone soit suffisante (50 mg/jour de DHEA pris par la bouche chez les femmes âgées ; 75 à 100 mg/jour chez les hommes âgés)1.

Mécanismes et physiologie : comment la DHEA peut-elle agir sur les os ?
Les mécanismes de l'effet bénéfique de la DHEA sur l'os n'ont pas encore fait l'objet de nombreuses études. On sait cependant que c'est principalement après s'être convertie en hormones sexuelles que la DHEA agit dans les os. Elle peut stimuler simultanément la formation d'os nouveau (effet androgénique) et ralentir la résorption de l'os existant (effet partiellement œstrogénique).

L'augmentation de la production de matière osseuse sous DHEA est confirmée par une augmentation de divers taux dans le sang (110 % pour l'ostéocalcine, 20 % pour les phosphatases alcalines et forme active de la 1,25 vitamine D).
La diminution de la résorption d'os sous DHEA s'analyse par diminution de divers taux dans les urines dont l'hydroxyproline, (un composant de l'os dont la perte est due à la résorption osseuse) -28 %, et le calcium (voir graphique 24)2.
Comment agissent ces hormones sexuelles sur l'os ? Les œstrogènes (hormones féminines) obtenues à partir de la DHEA grâce à un enzyme appelé aromatase qui est présent dans les ostéoblastes (les cellules qui forment de l'os nouveau) et dans les ostéoclastes (les cellules qui évacuent les déchets osseux), ralentissent surtout l'activité de ces dernières.
Mais il semble que la plus grosse partie de la DHEA agirait de façon différente, après s'être convertie en hormones mâles.
Le blocage de la conversion de DHEA en hormones mâles ou de l'activité androgénique par un anti-androgène est nettement plus délétère pour l'os que le blocage de la production de DHEA en œstrogènes3,4.
Les hormones mâles agissent principalement en stimulant la formation d'os nouveau. L'enzyme 5-alpha-réductase est présent dans les ostéoblastes, les cellules responsables de la formation d'os nouveau. Cet enzyme convertit la DHEA en dihydrotestostérone en passant par une conversion d'abord en testostérone.
Pour agir la DHEA a besoin de vitamine D3 (1,25-dihydroxy-vitamine D3, la forme active de la vit. D3)5. La vitamine D3 peut stimuler l'aromatase qui convertit la DHEA en estrone, en passant par l'androstènedione.
7 - La DHEA et l'immunité

Dès 40 ans les défenses immunitaires commencent à faiblir. Un rhume traîne plus longtemps, une grippe se complique plus vite en bronchite, un mal de gorge revient un peu trop souvent. Nous vivons entourés de germes infectieux : virus, bactéries, parasites. Tant que nos défenses sont bonnes, le système immunitaire s'occupe de tout, neutralisant tous les pathogènes. Mais avec l'âge, ce précieux système se dégrade. Parfois prématurément dans le cas d'une maladie comme le Sida. Le système immunitaire peut même se retourner contre son propre corps en produisant des auto-anticorps, donnant naissance aux maladies auto-immunitaires.
Il existe deux grands systèmes de défense immunitaires : l'immunité cellulaire et l'immunité humorale.
Les cellules de l'immunité cellulaire (aussi appelée immunité T), les lymphocytes T et les macrophages, se déplacent jusqu'au foyer de l'infection et s'attaquent directement aux microbes qui s'y trouvent .
Les cellules de l'immunité humorale (aussi appelée immunité B) travaillent à distance en lâchant diverses substances, en particulier des anticorps, sortes de grosses molécules, qui vont s'attaquer au germe infectieux là où il se trouve après un passage dans le sang.
Une grande partie des études scientifiques sur la DHEA, sont des recherches qui ont étudié les effets de la DHEA sur l'immunité et tentent de répondre à la question : Que peut la DHEA contre le déclin de l'immunité survenant avec l'âge ?



Mécanismes et physiologie : comment la DHEA peut-elle aider à résister aux infections ?


En stimulant les deux grands systèmes de défense immunitaires : cellulaire et humoral. La DHEA stimule la multiplication et l'activité des cellules de l'immunité cellulaire qui s'attaquent directement aux microbes dans le foyer d'infection même. Elle augmente le nombre et la réactivité des macrophages et des lymphocytes T1,2 dont les “natural killer cells”3,4. Sur les lymphocytes T, il existe un type de récepteur spécifique pour la DHEA, peu ou pas sensible à d'autres hormones (même structurellement semblables)5.
La DHEA peut protéger les cellules du thymus (la glande principale de l'immunité cellulaire) contre l'apoptose6 (la mort cellulaire programmée) et le thymus lui-même contre l'atrophie causé par un excès relatif en cortisol ou en l'un de ses dérivés, ce qui peut survenir lors de stress chronique7.
Certains effets stimulateurs de la DHEA sur l'immunité n'apparaîtraient qu'après sa conversion en œstradiol8.
La DHEA renforce l'immunité humorale (le système qui relâche à distance des anticorps contre les microbes). Le traitement à la DHEA
tend à augmenter la production d'anticorps tant des IgM que des IgG, chez le rongeur du moins (voir graphique 26)9.
Elle minimise la production de ces anticorps que le corps fabrique contre ses propres tissus et qui sont dus à une
mauvais fonctionnement de l'immunité humorale10 (causant les maladies auto-immunitaires).
Bref, la DHEA inverse des processus typiquement liés au vieillissement de l'immunité.

NABET Jules-Jacques (Dr)

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