Science, Nutrition, Prévention et Santé
Partenaires

Entretien avec le Dr Corinne Skorupka, médecin, praticien du DAN et présidente de l'association Ariane*

01-07-2004

Comment définit-on l'autisme ?

Dr Corinne Skorupka : L'autisme est un trouble du développement, qui se manifeste dès les premières années de la vie de l'enfant. Les signes sont divers et d'intensité variable d'un enfant à l'autre. Il se caractérise par un retard ou une absence de langage, un trouble de la communication. L'enfant est indifférent aux autres, il évite le regard et ne joue pas avec les autres enfants…
Aujourd'hui, derrière le mot autisme se cachent beaucoup de troubles : des retards de développement ou de langage, des dysphasies, …

C'est génétique ?

Dr Corinne Skorupka : Il y a un terrain génétique, c'est sûr. On rencontre parfois des jumeaux autistes, des familles dans lesquelles il y a plusieurs autistes, des schizophrènes et d'autres pathologies liées, comme l'Alzheimer.

Mais on assiste à une explosion de ce problème. Le nombre d'enfants diagnostiqués autistes ou hyperactifs (c'est un peu dans le même registre) a augmenté de 500 % au cours de ces dix dernières années, ce qui oriente de plus en plus de chercheurs vers des causes environnementales, approches jusqu'à présent négligées en France.

L'hyperactivité n'est pas de l'autisme, mais une défense contre lui. Très souvent, lorsque l'on traite un enfant contre l'autisme, il devient hyperactif. On retrouve les mêmes facteurs environnementaux dans les deux pathologies.

Dont nutritionnelles ?

Dr Corinne Skorupka : Nutritionnelles, métaux lourds et hormonales. Un retard du développement, du langage pourrait être lié à une carence nutritionnelle. Mais je pense que l'autisme d'il y a cinquante ans n'est pas l'autisme d'aujourd'hui. C'est pour cela qu'il est très difficile de le définir. Au lieu du mot autiste, je préfère utiliser l'expression de trouble envahissant du développement.

Développement psychologique et moteur ?

Dr Corinne Skorupka : Sur le plan moteur, les enfants peuvent avoir des crampes, des retards moteurs, des crispations et une mauvaise coordination des mouvements, d'autres ne seront touchés que sur le plan psychologique.

Normalement dans l'autisme, il n'y a qu'un trouble psychologique. On va avoir cette absence de contact visuel, cette fuite du regard, cet enfant qui joue tout seul dans son coin, qui n'aime pas qu'on le touche, … Ce sont des signes caractéristiques d'un enfant autiste. Des signes que l'on ne va peut-être pas toujours rencontrer chez un enfant que l'on voit en consultation.

C'est réversible ?

Dr Corinne Skorupka : Oui, c'est réversible si on s'y prend très tôt. Si l'on pense qu'il y a derrière l'autisme des troubles
environnementaux et nutritionnels et qu'ils sont pris suffisamment tôt, c'est possible. Durant le développement du système neurologique, il y a acquisition de la marche et du langage … À deux ans, tout cela peut encore être récupéré s'il n'existe pas de lésion cérébrale. Un enfant qui, à huit ans, n'a jamais parlé, je ne pense pas qu'on le fera entrer en sixième dans deux ans.

C'est facile de déceler un autisme, pour les parents ?

Dr Corinne Skorupka : Le problème, si vous avez un enfant qui ne parle pas à deux ans, c'est que vous êtes entouré de parents qui vont dire ce n'est pas grave, il est en retard, cela va venir, …
À trois ans, on commence à se poser des questions et à consulter à droite, à gauche. On attend six mois un rendez-vous à l'hôpital Robert-Debré. Les résultats arrivent trois à quatre mois après. Lorsque l'enfant a entre trois ans et demi et quatre ans, on commence à faire un diagnostic. C'est du temps de perdu.
Aux États-Unis, on fait des diagnostics à dix-huit mois. 

Quels déficits nutritionnels retrouve-t-on chez ces enfants ?

Dr Corinne Skorupka : Je pense que l'on peut dire que l'autisme de l'enfant, c'est l'Alzheimer de l'adulte. On va rencontrer une intolérance gluten/caséine, un problème de perméabilité intestinale, une intoxication aux métaux lourds.

Au départ, il y a un gros problème d'intestin. Et tout peut être lié. Une intolérance au gluten et à la caséine va générer une dysbiose (Candida albicans) pouvant entraîner des otites à répétitions traitées abusivement par des antibiotiques, … avec pour résultats le développement de candidoses, de parasitoses et d'autres perturbations au niveau de la flore intestinale. À la longue, cela provoque un problème de perméabilité intestinale et une mauvaise absorption de tous les nutriments.

Avec en premier les oméga-3. Quand on dose les oméga-3 d'un enfant autiste, les taux d'EPA et DHA sont anormalement bas.

Donc la première chose, c'est de les supplémenter en oméga-3 ?

Dr Corinne Skorupka : La première chose, c'est traiter l'intestin. Il faut avant tout nettoyer la dysbiose. Au départ, je donne de l'allopathie parce qu'ils sont parfois trop infestés. Et, après, il est possible de donner de l'ail, de l'acide caprylique, de l'extrait de pépin de pamplemousse, enfin tous les produits qui vont traiter le Candida albicans. Il ne faut pas négliger les probiotiques ni la glutamine pour restaurer la perméabilité intestinale. Avec les probiotiques, il faut faire attention qu'ils ne contiennent pas de lactose car il existe souvent une intolérance au lait. Il faut aussi des enzymes digestives. La mauvaise digestion du gluten et de la caséine entraîne la formation des peptides opioïdes non digérés qui vont être éliminés par l'urine. Le test des peptides urinaires va permettre de diagnostiquer cette intolérance. Celle-ci n'est pas spécifique de l'autisme.

Une fois que l'on a mis les enfants au régime et que l'on a traité l'intestin, on peut supplémenter. Sinon, les nutriments ne seront pas absorbés.

Parmi les carences que l'on va surtout trouver, il y a donc principalement les oméga-3. Il faut les donner à très haute dose, entre 1 g et 1,5 g d'EPA/DHA.

Quel rapport EPA/DHA ?

Dr Corinne Skorupka : On ne supplémente pas un enfant à l'aveugle, il faut pratiquer un dosage des acides gras de la membrane, mais en règle générale l'enfant à de gros besoins en DHA. Les oméga-3 vont améliorer l'inflammation intestinale.
Après, il y a la vitamine A. Elle pourrait rétablir les branchements des récepteurs de l'acide rétinoïque qui sont essentiels à la perception sensorielle, au langage et à l'attention. En effet l'autisme pourrait être lié à la rupture d'une protéine G-alpha, ce qui entraîne des conséquences sur les récepteurs de l'acide rétinoïque dans le cerveau. En fait, 50 000 UI de vitamine A sont quelquefois nécessaires. Mais la vitamine A peut être toxique à haute dose et ne doit jamais être administrée sans surveillance médicale à doses importantes.

Vous ne pouvez pas utiliser des précurseurs ?

Dr Corinne Skorupka : Le problème, c'est qu'avec les précurseurs de vitamine A, la transformation en vitamine A est très mauvaise. Les caroténoïdes sont également très bas, mais c'est lié au fait que ces enfants ne mangent pas ou très peu de légumes. Le fait de donner uniquement des caroténoïdes améliore le taux de caroténoïdes mais la vitamine A, elle, reste basse.

À partir du moment où vous donnez beaucoup d'oméga-3, il faut aussi de la vitamine E, pour qu'ils ne s'oxydent pas. Je donnais 400 UI, ce que je trouvais énorme pour un enfant de 20 kg. Après dosages, je peux quelques fois monter les doses jusqu'à 1 000 UI.

Vous la donnez sous quelle forme ?

Dr Corinne Skorupka : Naturelle. Vous percez la gélule et vous la mettez dans l'alimentation de l'enfant. Ils ont besoin aussi de CoQ10 à haute dose. Lorsque l'on fait un bilan, on constate un déficit très important en CoQ10. Par son action au niveau de la mitochondrie, elle relance l'énergie et joue donc un rôle très important.

En fait, ils ont besoin de beaucoup d'antioxydants ?

Oui, d'un maximum parce qu'il y a un stress oxydant très important avec accumulation des dérivés de la glycation.

À quoi cela est-il dû ?

Dr Corinne Skorupka : Peut-être aux métaux lourds. Et, aussi, il y a un problème hormonal chez ces enfants. L'autisme pourrait être lié à une masculinisation du cerveau durant la vie fœtale dont la cause pourrait être un excès de testostérone dans le liquide amniotique de la mère en rapport avec une hyperandrogénie. Les symptômes sont l'acné et l'hyperpilosité. Cela a pour conséquence un développement trop important du cerveau droit et insuffisant du cerveau gauche qui est celui du langage et de la communication. L'association Ariane prépare une étude à ce sujet.

Est-ce cet excès hormonal, ces métaux lourds, les intolérances alimentaires ou la mauvaise absorption ?

C'est multifactoriel !

On constate très souvent une intoxication aux métaux lourds. À quoi est-elle liée ? Est-elle due aux amalgames dentaires de la mère, certains auteurs parlent du thiémorésal contenu dans certains vaccins ou une insuffisance hépatique ?

On ne le sais pas encore.
Oméga-3, vitamines A et E font partie des nutriments essentiels, mais cela ne suffit pas. Ces enfants sont tous carencés en fer, puis il y a tous les oligo-éléments, le zinc, le magnésium, le calcium. Ce dernier est essentiel car on va souvent supprimer les produits laitiers. Il faut aussi du sélénium - quand on le dose il est très bas, certainement à cause de l'intoxication aux métaux lourds -, … des vitamines B. Il ne faut donner ces dernières que lorsque la dysbiose est traitée, parce qu'elles peuvent raviver les candidoses.

Parmi les vitamines B, les plus importantes sont la vitamine B6 et les folates qui sont donnés à un taux très important. Les folates et la B12 sont les vitamines de la cognition et de la mémoire, mais aussi celles de la méthylation. Il y a aussi un problème de détoxification chez ces enfants. S'il y a autant de métaux lourds, c'est en partie parce qu'ils ne détoxiquent pas. Donc, toutes les vitamines et les nutriments de la détoxication leur sont donnés. Et puis, tous les produits hépatoprotecteurs et, en particulier, la silymarine. Après, le MSM (méthyle sulfonyl méthane) pour la sulfoconjugaison, ainsi que la taurine. Mais, le plus important, surtout quand il y a des métaux lourds, c'est le glutathion.

Il y a malgré tout un petit problème d'absorption et j'ai plutôt tendance à donner chez les enfants le glutathion en lotion.

Et les précurseurs de glutathion ?

Dr Corinne Skorupka : Il faut faire très attention à la cystéine, chez les enfants, parce qu'elle va réactiver les dysbioses. Par contre, ce que l'on peut faire, c'est prendre du glutathion et le faire préparer en spray nasal. Ainsi, vous avez une voie d'absorption nettement supérieure et cela va directement au cerveau.

Ensuite, tous les produits de la méthylation. Je vous ai dit les vitamines B6, B9, B12, mais, comme on va très souvent retrouver une homocystéine élevée, on va utiliser la DMG, la TMG et, surtout, la SAMe.

La carnitine est, elle aussi, donnée chez ces enfants à très haute dose.

Il ne faut jamais oublier l'acide alpha-lipoïque qui, en plus de toutes ses qualités antioxydantes, est un nutriment avec deux fonctions soufrées au niveau de sa structure qui lui permettent de capter le mercure qui, lui aussi, a deux pôles thiols. En plus, il est liposoluble et hydrosoluble et va directement au cerveau. C'est l'un des produits que l'on associe au DMSA pour détoxiquer.

Le DMSA ne doit être donné que quand la dysbiose est traitée, que l'enfant est supplémenté, rechargé oméga-3, en vitamines A et E, en oligo-éléments, … Il ne faut pas oublier que c'est un chélateur et qu'il peut être hépatotoxique. On ne peut le donner que chez un enfant complètement supplémenté avec le foie en parfait état.

Dans le temps, comment se répartit ce programme de supplémentation ?

Dr Corinne Skorupka : D'abord, on commence par donner, pratiquement chez tous les enfants, un régime sans gluten et sans caséine.

Pendant les trois premiers mois, régime sans gluten et sans caséine, traitement de la dysbiose, sans avoir peur d'utiliser l'allopathie dans ces cas-là. Quand vous avez une candidose chronique, sans antifongiques, on ne peut l'éradiquer. Puis les probiotiques. Mais tout cela peut aller très vite. Si vous donnez huit jours d'antifongiques avec des probiotiques, l'intestin commence déjà à fonctionner. Après, il faut traiter la perméabilité intestinale, avec des
probiotiques, et la glutamine. Et, ensuite, c'est la supplémentation en oméga-3, en vitamine A et en vitamine E, en magnésium, zinc, … Tous ces enfants sont carencés en fer. Il y a certainement une mauvaise absorption du fer par l'intestin. Donc fer et zinc, à ne pas donner en même temps, au niveau de l'absorption. Il faut faire attention de ne pas donner les minéraux en même temps pour qu'il y ait une bonne absorption. Idem pour calcium et magnésium.

Dans un deuxième temps, c'est le traitement de la détoxication hépatique.
On utilise le glutathion, la taurine, le MSM, … Et on commence déjà à détoxiquer le mercure. Une fois que l'intestin est propre et le foie en état, que le corps est totalement supplémenté, à ce moment là, on peut passer à la détoxication au DMSA.

Et tout cela prend en moyenne combien de temps ?

Dr Corinne Skorupka : Entre un an et deux ans.

Et avec quels résultats ?

Dr Corinne Skorupka : Plus on s'y prend tôt, mieux c'est.

Mais, concrètement, qu'est-ce que cela apporte à l'enfant ?

Dr Corinne Skorupka : En deux ou trois ans, une guérison totale. Si c'est un problème nutritionnel, c'est total et très rapide. Vous mettez en place un régime, vous supplémentez et c'est immédiat. S'il y a une intoxication aux métaux lourds, il faut attendre, bien sûr, d'avoir fait la détoxication.
Tous les enfants ne sont pas les mêmes. Tout dépend de ce que l'on va trouver au niveau du bilan nutritionnel. Plus il est perturbé et plus cela ira vite. Après, il y a des cas plus ou moins compliqués. Chez un enfant qui a un simple retard de langage, cela va aller très vite. Quand vous le prenez à trois ou quatre ans, on peut, avec énormément d'efforts de la part des parents, d'orthophonie, de techniques éducatives, … le rattraper complètement et le mettre en CP deux ans après.

 

J'imagine que la nutrition ne suffit pas.

Dr Corinne Skorupka : Non, bien sûr.
Il faut de l'orthophonie, de la psychomotricité et des techniques éducatives qui sont malheureusement très peu utilisées en France. On connaît très bien, aux États-Unis, dans les pays anglo-saxons et dans le monde entier, des techniques éducatives pour leur apprendre à parler, à compter, à écrire avec leur système à eux. Parce qu'avec le même bilan biologique, vous pouvez être autiste, asperger ou hyperactif ou, encore, enfant précoce.

   
C'est quoi asperger ?

Dr Corinne Skorupka : C'est une autre forme d'autisme. Les enfants ont le langage, ont tout, ils sont extrêmement intelligents, peut-être avec une précocité, mais ils ont un problème de communication majeur et ne savent pas s'intégrer dans un groupe ni pratiquement pas dans une école, sauf s'ils sont bien entourés. Ils vont avoir un don, uniquement dans un domaine. Einstein n'a parlé qu'à cinq ans et n'a eu qu'une seule passion dans sa vie, les maths ou la physique. Il n'a pas pu s'intégrer dans autre chose. Au niveau émotionnel, cela a été une catastrophe pendant toute sa vie. Souvent les génies, les Einstein, les Newton, sont des autistes aspergers, avec énormément de problèmes de communication. Ils restent enfermés dans leur monde et uniquement axés sur un seul domaine.

Beaucoup de praticiens sont-ils conscients de l'importance de la nutrition ?

Dr Corinne Skorupka : Cela commence. Il faut d'abord que la maladie soit reconnue comme maladie génétique, nutritionnelle et environnementale, sinon on ne peut pas faire grand-chose. Il y a des pédiatres qui sont complètement dépassés. Après, quand quelqu'un commence à y croire, il faut qu'il connaisse la nutrition. Et cela demande du temps. On ne devient pas nutrithérapeute du jour au lendemain. Et, sans cela, il ne comprend rien à ce qu'on lui raconte. Lorsqu'on parle d'oméga-3, il ne sait pas ce que c'est parce qu'il n'a pas eu de formation. Après, il faut donner la bonne formation. Est-ce que cela existe aujourd'hui, je ne sais pas.

Ensuite, vous avez quelqu'un qui connaît un peu la nutrition mais qui a peur des enfants autistes. Ce n'est pas du tout son truc et puis, en plus, il faut gérer les parents derrière. Donc, psychologiquement, cela ne lui convient pas.

Pour les prendre en charge, il faut connaître la nutrition et la psychologie, ce n'est pas simple.

De toute façon, on ne guérit pas tous les enfants. S'ils sont pris très tôt, on peut avoir une guérison. À partir de quatre, cinq ans, on les améliore et on peut espérer une scolarité à peu près normale.

On peut espérer qu'il aura une vie que l'on puisse qualifier de normale ?

Dr Corinne Skorupka : Que l'on puisse qualifier de normale, c'est-à-dire les amener au maximum d'un système scolaire normal. Quand on les traite, ils deviennent plus ou moins asperger et vont avoir, vraiment, un attrait pour un domaine. C'est le cas d'un petit garçon. La seule chose qui l'intéresse, ce sont les dinosaures. Il a une passion pour les dinosaures. La mère n'entend plus parler que de cela. Il en connaît plus sur les dinosaures que tous les paléontologues de la terre. Tout est à base de dinosaures. Sa mère lui a appris à compter avec les dinosaures. Elle fait deux plus deux, il ne sait pas ce que cela veut dire. Deux dinosaures plus deux dinosaures, il sait que cela fait quatre dinosaures ! Ces enfants ont un attrait et il faut les aider à le développer. C'est le domaine des parents.

Malheureusement, quand ils sont grands, à cause d'un problème hormonal et d'une masculinisation du cerveau, ils ont une adolescence très difficile et beaucoup de schizophrénies explosent à cette période. Il y a souvent automutilation, agressivité … C'est très dur.

Un enfant pris à vingt ans ne fera pas Polytechnique demain, c'est sûr. Avec nos traitements, il va commencer à dire des mots, à s'exprimer, à demander ce qu'il veut par un mot. Il est plus calme à table et arrive à rester assis à une table pour dîner sans tout casser. Pour un parent qui a vécu l'enfer, pendant des années, c'est important.

Comment en êtes-vous venue là ?

Dr Corinne Skorupka : Je suis psychiatre de formation. Je suis partie en courant de l'hôpital psychiatrique et, à ce moment-là, j'ai connu l'homéopathie, la nutrithérapie. J'ai commencé à faire de la nutrition et à m'y intéresser. J'ai pratiqué la médecine générale et la nutrithérapie. Bien sûr, je n'ai pas fait que de la psychiatrie, j'ai géré des dépressions mais aussi des arthroses, des fatigues chroniques, du vieillissement, les problèmes de ménopause… tout ce que l'on a dans cette clientèle. Et puis, un beau jour, le premier enfant autiste est arrivé au cabinet pour un problème de dysbiose que personne n'arrivait à traiter. Souvent, on ne veut pas la traiter ou on le fait avec de l'homéopathie. J'ai bien traité sa dysbiose. Il était déjà au régime sans gluten et sans caséine et la mère m'a expliqué tout ce qu'elle faisait pour lui. Je voyais un petit enfant autiste qui allait entrer en CP et qui parlait très bien. La mère l'avait traité toute seule, notamment, avec un régime. J'ai très bien soigné son enfant et comme elle connaissait d'autres parents, le bouche à oreille a fonctionné.

Et puis, après, je suis allée aux États-Unis. Le régime sans gluten, sans caséine, je ne connaissais pas très bien. La nutrithérapie, je la maîtrisais. Je suis allée aux États-Unis me former au DAN ! Le DAN, ou Defeat autism now !, dépend de l'Autism Research Institute. Ils forment les médecins à traiter ce type de problèmes et c'est là que j'ai appris tous ces protocoles de chélation et comment traiter les enfants intoxiqués aux métaux lourds. Après ce parcours, j'ai créé ma propre association en France, Ariane, pour une meilleure information de cette approche trop souvent négligée en France.


*Association Ariane
BP104; 19 av Mal Foch
77906 CHELLES Cedex
Tèl : 01 60 36 46 02 Fax : 01 60 36 46 03
email : ariane.ted@wanadoo.fr
® 1997-2014 Fondation pour le Libre Choix
Tous droits de reproduction réservés