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13-03-2019

Des probiotiques contre la mauvaise humeur et la déprime : le nouveau traitement qui cartonne

​probiotiques contre la mauvaise humeur

Des probiotiques pour lutter contre les troubles de l’humeur, vous n’y croyez pas ? Vous avez tort ! Une toute nouvelle étude vient de démontrer que la flore intestinale communiquait avec le cerveau dans un langage qu’on ne soupçonnait pas. Jusqu’à présent, on savait que les bactéries étaient capables de dialoguer avec le cerveau en fabriquant les mêmes neurotransmetteurs que lui. Désormais, on sait aussi qu’elles contrôlent l’expression de nombreux gènes humains par le biais d’un autre messager bien connu : l’oxyde nitrique.

Cette découverte confirme le potentiel immense des probiotiques pour s’opposer aux troubles dépressifs dont le nombre de victimes est en constante augmentation depuis plusieurs décennies. Elle confirme également le statut de « précurseur » de Supersmart, qui propose depuis plusieurs mois une formule probiotique appelée Lactoxira destinée à lutter contre la dépression et à améliorer la santé mentale.

Comment les bactéries intestinales « bénéfiques » peuvent-elles lutter contre la dépression ?

Les bactéries intestinales sont des micro-organismes qui vivent dans notre tube digestif. Elles seraient plus de 100 000 milliards à s’y épanouir pour un poids total plus lourd que notre cerveau ! Au début, les chercheurs pensaient qu’elles nous aidaient simplement à mieux digérer. Ils ont compris assez rapidement qu’elles se nourrissaient des particules alimentaires que nous ne pouvions pas digérer et qu’elles produisaient en retour des molécules bénéfiques. Mais ils ne sont pas allés assez loin. En réalité, l’homme et son microbiote vivent en symbiose totale, au point de former un être hybride humain-microbes où chacun est indispensable à l’autre.

La communauté scientifique a ainsi découvert que la flore bactérienne prenait en charge une partie de la maturation de notre système immunitaire en apprenant à l’organisme à réagir de façon appropriée face à des molécules étrangères. Ainsi, l’essor des maladies auto-immunes au cours des dernières décennies serait directement lié à une dégradation de notre microbiote, et du même coup, à une mauvaise maturation de notre système immunitaire.
Mais le meilleure restait à venir. Ces dernières années, plusieurs équipes de chercheurs ont découvert que les bactéries de notre système digestif étaient capables d’envoyer des messages au cerveau. Des messages susceptibles d’influer sur des mécanismes psychologiques très variés et impliqués dans plusieurs troubles mentaux comme l’anxiété chronique, la dépression ou les troubles de l’humeur. Trois modes de communication ont été mis en évidence :

La production de neurotransmetteurs.

Les neurotransmetteurs sont des composés chimiques habituellement libérés par les neurones, et capables d’agir s’autres neurones. Il se trouve que les bactéries intestinales et certains probiotiques sont capables de sécréter les mêmes neurotransmetteurs et de les transmettre jusqu’au cerveau par l’intermédiaire du nerf vague (on parle d’axe microbiome-intestin-cerveau) (1).

Plusieurs souches de Lactobacilli et Bifidobacteria sécrètent par exemple du GABA (2), un neurotransmetteur inhibiteur dont la production est considérablement ralentie en cas de dépression et d’anxiété (3). D’autres espèces bactériennes fabriquent également de l’acétylcholine (un neurotransmetteur impliqué dans la mémoire, la concentration et l’humeur) (4) et de la sérotonine (un métabolite du tryptophane impliqué dans la modulation de l’humeur) (5).

Ainsi, des travaux ont montré que l’utilisation de probiotiques augmentait les niveaux de certains neurotransmetteurs dans le cortex frontal, réduisant ainsi les symptômes de la dépression (6).

La réduction de la neuro-inflammation.

Une étude préliminaire (7) parue en décembre 2018 a montré que l’administration de probiotiques pendant 6 mois a permis d’améliorer la condition de personnes souffrant de troubles bipolaires. Cet effet bénéfique a été renforcé chez les personnes dont les taux d’inflammation étaient les plus élevés. Les chercheurs n’ont pas été surpris : de précédents travaux ont montré que les probiotiques agissaient contre l’inflammation en limitant l’expansion des bactéries pathogènes dans le petit intestin, en renforçant la barrière intestinale, en réduisant la translocation bactérienne (8) et en diminuant le nombre de cytokines inflammatoires et de substances toxiques qui circulent dans l’organisme.

Or, il est bien connu que la neuro-inflammation est très étroitement liée aux troubles de l’humeur (9-11).

Le contrôle de nos gènes.

L’étude date du 21 février 2019 (12). Elle a montré que les bactéries intestinales étaient capables de contrôler nos gènes par l’intermédiaire d’un messager utilisé également par nos cellules : l’oxyde nitrique (NO).
Les chercheurs à l’origine de cette découverte fantastique ont traqué les molécules de NO sécrétées par la flore intestinale d’un organisme animal et se sont rendus compte qu’elles changeaient complètement la façon de réguler l’expression des gènes de l’animal. Ils se sont aperçus que plus les bactéries intestinales produisaient du NO, plus la santé de l’hôte se dégradait.

Pour rétablir l’équilibre, il faut donc que l’animal privilégie les bactéries qui ne secrètent pas naturellement beaucoup de NO. Soit en modifiant son alimentation et en choisissant des aliments spécifiques qui vont nourrir les bonnes bactéries, comme les fibres chez l’être humain, soit en ingérant directement des bactéries, par le biais des compléments probiotiques par exemple.


Depuis plusieurs années, les découvertes au sujet de la flore intestinale se succèdent à un rythme vertigineux. Mais il semble que nous ne soyons pas au bout de nos surprises, tant les interactions entre nos cellules et les bactéries symbiotiques semblent complexes. Quelle sera la prochaine voie de communication découverte par la communauté ? Pourra-t-on un jour mesurer précisément l’impact de notre flore intestinale sur notre santé et nos comportements ? En attendant, les formules probiotiques font un véritable carton. A l’heure où les traitements médicamenteux contre le stress et la dépression font polémique, elles représentent une alternative inespérée…


Bibliographie


Plus d’informations sur les probiotiques et les troubles de l’humeur :

Cepeda, M. S., Katz, E. G., & Blacketer, C. (2017). Microbiome-Gut-Brain Axis: Probiotics and Their Association With Depression. The Journal of Neuropsychiatry and Clinical Neurosciences, 29(1), 39–44. doi:10.1176/appi.neuropsych.15120410

França, K., & Lotti, T. (2017). The gut-brain connection and the use of probiotics for the treatment of depression, anxiety and obsessive-compulsive disorders in dermatology. Dermatologic Therapy, 30(5), e12506. doi:10.1111/dth.12506


Références

  1. Dash S, Clarke G, Berk M, et al: The gut microbiome and diet in psychiatry: focus on depression. Curr Opin Psychiatry 2015; 28:1–6
  2. Dinan TG, Stanton C, Cryan JF (2013) Psychobiotics: a novel class of psychotropic. Biol Psychiatry 74(10):720–726
  3. Schousboe A, Waagepetersen HS (2007) GABA: homeostatic and pharmacological aspects. In: Tepper JM, Abercrombie ED, Bolam JP (eds) GABA and the basal ganglia: from molecules to systems, vol 9–19. Elsevier Science B, Amsterdam
  4. Roshchina VV (2010) Evolutionary considerations of neurotransmitters in microbial, plant, and animal cells. In: Lyte M, Freestone PPE (eds) Microbial endocrinology: interkingdom signaling in infectious disease and health. Springer, New York, pp 17–52
  5. Collins SM, Bercik P (2009) The relationship between intestinal microbiota and the central nervous system in normal gastrointestinal function and disease. Gastroenterology 136:2003–2014
  6. Desbonnet L., Garrett L., Clarke G., Bienenstock J., Dinan T.G. The probiotic Bifidobacteria infantis: An assessment of potential antidepressant properties in the rat. J. Psychiatr. Res. 2008;43:164–174. doi: 10.1016/j.jpsychires.2008.03.009.
  7. American College of Neuropsychopharmacology. "Probiotics could help millions of patients suffering from bipolar disorder." ScienceDaily. ScienceDaily, 13 December 2018. .
  8. Maes M, Kubera M, Leunis JC et al (2013) In depression, bacterial translocation may drive inflammatory responses, oxidative and nitrosative stress (O&NS), and autoimmune responses directed against O&NS-damaged neoepitopes. Acta Psychiatr Scand 127(5):344–354
  9. Wium-Andersen MK, Ørsted DD, Nielsen SF, et al: Elevated C-reactive protein levels, psychological distress, and depression in 73,131 individuals. JAMA Psychiatry 2013; 70:176–184
  10. Cepeda MS, Makadia R: Depression is associated with high levels of C reactive protein and low levels of exhaled nitric oxide: results from the 2007–2012 National Health and Nutrition Examination Surveys. J Clin Psychiatry (Epub ahead of print, June 21, 2016)
  11. Berk M, Williams LJ, Jacka FN, et al: So depression is an inflammatory disease, but where does the inflammation come from? BMC Med 2013; 11:200
  12. 1. Puneet Seth, Paishiun N. Hsieh, Suhib Jamal, Liwen Wang, Steven P. Gygi, Mukesh K. Jain, Jeff Coller, Jonathan S. Stamler. Regulation of MicroRNA Machinery and Development by Interspecies S-Nitrosylation. Cell, Feb. 21, 2019; DOI: 10.1016/j.cell.2019.01.037
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