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Améliorer la protection de l'œil


Protection de l'oeilOn connaît depuis plusieurs années les effets bénéfiques de la lutéine, de la zéaxanthine et de la mésozéaxanthine sur la santé de l'œil. Elles protègent les tissus de la rétine et du cristallin, aidant ainsi à prévenir les cataractes et les dégénérescences maculaires liées à l'âge.
Des chercheurs ont récemment découvert que des flavonoïdes comme la cyanidine-3-glycoside (ou C3G), que l'on trouve dans des baies ou le riz noir, améliorent la vue et renforcent la vision nocturne. Ils interfèrent de façon bénéfique avec des processus moléculaires qui accélèrent la restauration de la rhodopsine, le pigment présent dans les cellules photoréceptrices de l'œil. La rhodopsine est responsable de la sensibilité de l'œil à la lumière et, par suite, est indispensable à une bonne vision nocturne.
L'astaxanthine, quant à elle, soulage la fatigue oculaire et apporte une protection complémentaire contre les modifications inflammatoires susceptibles d'aggraver la dégénérescence maculaire ainsi que contre les effets néfastes d'une pression oculaire élevée.

La cyanidine-3-glycoside améliore la vision nocturne


La rhodopsine, ou pourpre rétinienne, est un pigment photosensible présent dans les cellules photoréceptrices (les cônes et les bâtonnets) de la rétine. Elle est responsable de la sensibilité de l'œil à la lumière, donc de la vision nocturne. Avec les années, la capacité de la rhodopsine à se régénérer diminue, avec pour résultat final une perte progressive de la vision nocturne.
Dans des conditions normales de vision, nous percevons la lumière lorsque des photons, des particules de lumière, traversent la lentille de l'œil, le cristallin, et tombent sur la rétine. L'œil est conçu pour recevoir et transformer la lumière en images à travers les cônes et les bâtonnets. Les cônes perçoivent la lumière et les bâtonnets sont très sensibles à l'obscurité. La rhodopsine est essentiellement utilisée par les bâtonnets.
La rhodopsine est formée d'une protéine, l'opsine, sur laquelle est fixé le rétinène ou rétinal (un aldéhyde de la vitamine A). Le processus de la vision consiste en la réception d'un photon d'énergie appropriée par une molécule de rhodopsine qui, en provoquant la scission des deux molécules dont elle est formée, déclenche une réaction envoyant au centre de la vision du cerveau un signal qui permet de fabriquer des images dans le noir. Ensuite, le rétinal et l'opsine se recombinent en rhodopsine.
La scission de la rhodopsine en rétinal et en opsine est pratiquement instantanée. Mais, il peut se passer des dizaines de minutes avant que l'opsine et le rétinal reconstituent la rhodopsine et la restaurent à un niveau optimal. Pendant cette période, la capacité à voir dans le noir est perturbée. Le vieillissement est directement lié à une réduction de la capacité de la rhodopsine à se régénérer.
La cyanidine-3-glycoside (C3G) est un pigment pourpre de la famille des flavonoïdes. Comme la plupart des flavonoïdes, c'est un puissant antioxydant qui constitue, dans l'environnement à haute énergie de la rétine livré aux attaques virulentes des radicaux libres, un facteur de protection très important.
Des chercheurs japonais ont découvert que la C3G stimulait la régénération de la rhodopsine dans des cellules animales de rétine 1. D'autres travaux ont montré que la C3G se lie directement à la rhodopsine, créant une modification de sa structure moléculaire qui accélère sa régénération 2. Une étude sur des volontaires sains a indiqué que la C3G aidait des personnes âgées à mieux voir dans le noir, trente minutes seulement après sa prise 3.
La C3G, grâce notamment à ses propriétés antioxydantes, a de nombreux autres effets bénéfiques et elle participe, aux côtés d'autres nutriments, à la protection de l'œil contre les attaques radicalaires.

La lutéine, la zéaxanthine et la mésozéaxanthine protègent la rétine

La lutéine, la zéaxanthine et la mésozéaxanthine, trois caroténoïdes xanthophylles, constituent le pigment maculaire. Le pigment maculaire est une couche protectrice qui absorbe la lumière bleue et les rayons ultraviolets.
La lumière bleue possède une énergie extrêmement élevée, capable de provoquer des lésions photo-oxydatives puis une oxydation des lipides dangereuse pour la rétine et le cristallin. Lorsqu'elle lèse la macula et les cellules photoréceptrices de l'œil, une dégénérescence maculaire liée à l'âge se développe ; quand elle s'attaque au cristallin, c'est une cataracte qui apparaît.
La lutéine et la zéaxanthine sont présentes dans les cellules photoréceptrices, dans les segments extérieurs des bâtonnets responsables de la détection des radiations lumineuses. Leur membrane extérieure étant riche en acides gras polyinsaturés, les bâtonnets sont particulièrement sensibles aux attaques radicalaires. La lutéine et la zéaxanthine leur apportent une protection efficace.
Ces trois caroténoïdes sont également de puissants antioxydants qui peuvent neutraliser les radicaux libres destructeurs qui sont libérés lorsque l'énergie lumineuse interagit avec les fragiles tissus de l'œil. Lorsque le pigment maculaire a une densité suffisante, il est capable de neutraliser la photooxydation en filtrant la lumière bleue, mais aussi de réduire l'éblouissement et l'aberration chromatique ainsi que d'améliorer le contraste et l'acuité visuelle.
La densité du pigment maculaire diminue avec les années. Des études ont montré qu'une supplémentation en lutéine, zéaxanthine et mésozéaxanthine permettait de renforcer l'épaisseur du pigment maculaire, apportant une protection contre la DMLA 4.
LutéineLa cataracte est une autre cause majeure de cécité. L'oxydation des protéines du cristallin joue un rôle crucial dans le développement de cette maladie. Des études ont montré que la lutéine et la zéaxanthine protègent les cellules du cristallin des dommages provoqués par la lumière ultraviolette, un facteur important dans le développement de la cataracte. Elles suggèrent que la lutéine et la zéaxanthine protègent de la cataracte en prévenant le stress oxydatif provoqué dans l'œil par la lumière du soleil 5.
Agissant pour les yeux comme une sorte de filtre solaire, la lutéine et la zéaxanthine améliorent les réactions de l'œil à l'éblouissement 6.


L'astaxanthine aide à soulager la fatigue oculaire


Même dans des conditions ergonomiques optimales d'éclairage et de correction visuelle, une semaine de travail passée sur un terminal d'ordinateur pèse lourdement sur les muscles oculaires, qui se fatiguent et s'affaiblissent avec le temps.

Zeaxanthine

Au cours du travail sur ordinateur, les yeux sont bombardés en permanence de lumière vive et de stimulations visuelles provenant d'une courte distance. Cela a pour résultat une augmentation de la durée d'accommodation qui entraîne une fatigue oculaire.
La fatigue oculaire, ou asthénopie, se caractérise notamment par une faiblesse oculaire, une irritation des yeux et des difficultés d'accommodation. L'accommodation est le temps nécessaire pour changer la mise au point lorsque l'on passe d'un travail à faible distance à une distance plus éloignée et réciproquement.
La sensibilité à l'éblouissement peut également être plus importante et la perception de la profondeur perturbée. D'autres symptômes peuvent aussi apparaître et s'aggraver entre le matin et le soir, surtout chez des personnes passant de quatre à sept heures d'affilée à travailler face à un écran d'ordinateur.
L'astaxanthine est un caroténoïde que l'on trouve dans des algues et qui s'accumule dans les tissus des saumons, des truites, des crevettes et d'autres poissons et fruits de mer, leur donnant leur coloration rose. Des études indiquent qu'une supplémentation en astaxanthine prévient en partie l'augmentation de la durée d'accommodation, aidant ainsi à diminuer la fatigue des yeux. L'astaxanthine améliore également le flux sanguin dans la rétine 7.
L'astaxanthine a une forte solubilité dans les graisses, ce qui lui donne une grande affinité pour la membrane cellulaire riche en lipides, vitale pour la santé de l'œil et le fonctionnement cellulaire dans son ensemble. Par ailleurs, ses puissantes propriétés antioxydantes aident à protéger, en association avec la lutéine et la zéaxanthine, les tissus du cristallin contre les effets néfastes des radicaux libres.
Des modifications inflammatoires contribuent également à des lésions à long terme sur la rétine, essentiellement par leur impact sur la santé des petits vaisseaux sanguins des yeux. L'astaxanthine réduit l'inflammation des yeux en :
 • réprimant les signaux pro-inflammatoires de l'oxyde nitrique synthétase, de la prosta-glandine E2 et du TNF-alpha 8,
 • régulant à la baisse la très importante voie de signalisation très contrôlée par le facteur nucléaire kappaB qui régit la réponse cellulaire à l'inflammation 9,
 • protégeant l'ADN des dommages provoqués par des espèces nitrogène réactives10.
AstaxanthineLes effets anti-inflammatoires de l'astaxanthine exercent également une protection des tissus de la rétine contre ce que l'on appelle la dégénérescence maculaire liée à l'âge « humide » ou exsudative, en réduisant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins observée dans le stade avancé de cette maladie. Enfin, l'astaxanthine s'oppose à la destruction des cellules de la rétine lorsque la pression intra-oculaire augmente, une caractéristique du glaucome, une autre cause de cécité chez les personnes âgées.

 

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Références :

1. Matsumoto H. et al., Stimutalory effect of cyanidin-3-glycosides on the regeneration of rhodopsin. J. Agric. Food. Chem. 2003 Jun. 4 ; 51(12) : 3560-3.
2. Tirupula K. C. et al., pH-dependent interaction of rhodopsin with cyanidin-3-glucoside. Structural aspects. Photochem. Photobiol. 2009 Mar.-Apr. ;85(2) : 463-70.
3. Nakaishi H. et al., Effects of black current anthocyanoside intake on dark adaptation and VDRT work-induced transient refractive alteration in healthy humans, Alt. Med. Rev. 2000 Dec. ; 5(6) : 553-62.
4. SanGiovanni J. P. et al., The relationship of dietary carotenoid and vitamin A, E et C intake with age-related macular degeneration in a case-control study, AREDS report n° 22, Arch. Ophtalm., 2007 Sept., 125(9):1225-32.
5. Chitchumroonchokchai C. et al., Xantophylls and alpha-tocopherol decrease UVB-induced lipid peroxidation and stress signaling in human lens epithelial cells, J. Nutr., 2004 Dec., 134(12):3225-32.
6. Stringham J. M. et al., Macular pigment and visual performance under glare conditions, Optom. Vis. Sci., 2008 Feb., 85(2):82-8.
7. Takahashi Nanako et al., Effects of astaxanthin on accommodative recovery, Journal of Clinical Therapeutics & Medicines, 2005, 21(4):431-436.
8. Ohgami K. et al., Effects of astaxanthin on lipopolysaccharide-induced inflammation in vitro and in vivo. Invest. Ophtalmol. Vis. Sci. 2003 Jun. ; 44(6):2694-701.
9. Suzuki Y. et al., Suppressive effects of astaxanthin against rat endotoxin-induced uveitis by inhibiting the NF-kappa B signaling pathway. Exp. Eye Res. 2006 Feb. ;82(2):275-81.
10. Santocono M. et al., Lutein, zeaxanthin and astaxanthin protect against DNA damage in SK-N-SH human neuroblastoma cells induced by reactive nitrogen species. J. Photochem. Photobiol. B 2007 Jul. 27 ; 88(1):1-10.

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