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La Glycation est le troisième et le moins connu des mécanismes fondamentaux du vieillissement après l’oxydation et le déclin hormonal. Nous ne sommes pas seulement menacés par la rouille, le rancissement et l’atrophie glandulaire, mais aussi par l’insidieuse caramélisation de nos protéines résultant de niveaux chroniquement élevés de glucose sanguin. La glycation ou glycosylation non enzymatique a fait son entrée discrète, dans le monde médical grâce aux tests évaluant le niveau d’hémoglobine glyquée (HbA1c), utilisés en routine comme marqueurs de l’hyperglycémie dans le cadre de la surveillance de l’équilibre du diabète. Des travaux de ces 20 dernières années montrent que les protéines glyquées, appelées aussi produits de glycation avancée ou AGE (Advanced Glycosylation End products), ont un rôle important dans le déterminisme des lésions cellulaires et tissulaires du diabète, du vieillissement vasculaire et de l’insuffisance rénale. Des suppléments nutritionnels, notamment à base de carnosine, peuvent aider à prévenir ce phénomène. |
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Biochimie de la glycation |
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Il s’agit d’une classe chimique à part, résultant de la fixation d’un sucre réducteur (glucose ou fructose) ou d’un aldéhyde sur les résidus aminés de la protéine principalement la lysine et la fonction amine N-terminale (le radical NH2). Cette réaction, très dépendante du temps d’exposition au sucre et de la concentration sanguine en glucose, se déroule sans participation enzymatique et forme un produit appelé base de Schiff. |
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La glycation, un phénomène culinaire La vitesse de réaction est d’autant plus élevée que la température et la quantité de produits d’Amadori formés augmentent. Lors du chauffage des aliments à haute température (> 100°C mais surtout > 180°C), de la cuisson au four ou à la poêle, on parle de dégradation de Strecker. C’est une destruction autocatalytique des protéines glyquées aboutissant aux produits de Maillard qui donnent l’aspect bruni et odorant à l’aliment. Les parties brunies ne devraient pas être consommées, car elles polluent l’organisme qui ne peut pas plus s’en débarrasser qu’il ne peut éliminer les méfaits du tabac. La consommation d’un steak de viande bien grillé équivaut, en terme de toxicité, pratiquement à celle de la consommation de 1000 cigarettes. Il n’est donc pas étonnant que la fréquence des cancers digestifs soit corrélée à celle de la consommation de viande grillée. Les végétaux grillés sont moins toxiques mais restent néanmoins à éviter. Les conséquences de la glycation Les conséquences de la glycation des protéines sont multiples. Glyquées, les protéines perdent certaines de leurs propriétés. Cette modification a des conséquences importantes sur le métabolisme et les fonctions cellulaires. Les protéines plasmatiques circulantes peuvent être glyquées. La glycation touche surtout l’albumine, l’insuline et les immunoglobulines. |
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Effets généraux des produits de glycation Au niveau du macrophage, des cellules endothéliales, des fibres musculaires lisses et des fibroblastes (cellules fibreuses), il existe un récepteur spécifique des produits terminaux de glycation (AGE) appelé RAGE (Receptor.of Advanced Glycosylation End products). Il est distinct des récepteurs scavengers (captant les LDL oxydées). Son expression est inhibée par l’insuline et augmentée par le TNF (Tumor Necrosis Factor). La liaison des AGEs au récepteur RAGE des cellules conduit à des états cellulaires dits « activés » : elle provoque la formation de radicaux libres, de puissants oxydants responsables de très nombreux effets délétères ; elle stimule l’expression des molécules d’adhésion et enclenche une activité procoagulante ; elle induit la sécrétion de messagers extracellulaires, notamment des cytokines (TNF alpha , Interleukine 1, interféron) et des facteurs de croissance (PDGF, IGF-1, VEGF) ; La sécrétion exagérée du facteur de croissance vasculaire, le VEGF (Vascular Endothelium Groth Factor) est d’ailleurs considérée comme responsable de la rétinopathie diabétique. Tous ces messagers peuvent être le point de départ non seulement d’une réaction inflammatoire mais aussi d’une détérioration vasculaire et neuronale. |
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L’aminoguanidine L’aminoguanidine est une substance pharmaceutique dérivée de la guanidine commercialisée depuis une dizaine d’années. Elle se lie aux produits précoces de glycation en formant un composé aréactif, inapte à la réticulation.L’aminoguanidine, au niveau de la rétine, prévient la formation des AGEs dans les microvaisseaux, la formation des microanévrismes et inhibe le développement de la rétinopathie diabétique. Au niveau du rein, elle prévient la formation des AGEs dans les glomérules et réduit de 90% l’excrétion de l’albumine chez le diabétique. Au niveau des neurones, elle prévient l’apparition de la neuropathie diabétique en prévenant la réduction de la vitesse de conduction de l’influx nerveux, en normalisant l’amplitude du potentiel d’action de cet influx et en normalisant le flux sanguin arrivant aux nerfs périphériques. Enfin, l’aminoguanidine améliore l’élasticité des artères. La carnosine La carnosine (ou L-carnosine) est connue depuis plus d’un siècle. Ses propriétés de prévention du vieillissement ont été récemment démontrées. La Carnosine est le dipeptide bêta-alanyl-L-histidine (combinaison de deux acides aminés). C’est une molécule naturelle trouvée dans le muscle squelettique et dans le cerveau. Elle se forme sous l’action de la carnosine synthétase qui réalise un pont entre les deux acides aminés alanine et histidine. Sa concentration dans les tissus résulte de l’équilibre entre sa synthèse par la carnosine synthétase et son inactivation par la carnisinase. Des taux élevés de carnosine sont présents dans les cellules à longue durée de vie (telles que les neurones). La concentration de carnosine musculaire est corrélée positivement avec la longévité, ce qui en fait un bio-marqueur potentiel du vieillissement. Elle est élevée dans les muscles se contractant activement et bas dans certains cas de maladies musculaires telle que la Maladie de Duchenne. Sa concentration musculaire diminue avec l’âge, ce qui est fortement en faveur d’une supplémentation en carnosine au cours du vieillissement. Dans des cas de cataractes chez l’animal, la concentration en carnosine dans le cristallin était réduite. La diminution de la concentration en carnosine était corrélée avec la sévérité de la cataracte. Des lapins, suivant un régime riche en cholestérol, étaient protégés de la formation de plaques d’athérome et de la cataracte si on leur administrait un supplément de carnosine. La prise de ce supplément par des rats diabétiques et par des chiens a réduit la formation de la cataracte. L’activité de la carnosine a été montrée équivalente à celle de l’aminoguanidine, vue précédemment. |
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Conclusion
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Références WAUTIER Jean-Luc. Les produits de glycations avancée ou produits de Maillard. La Revue du Praticien 1998, 48 BENHAMOU Pierre-Yves. Biochimie des Complications Vasculaires du Diabète. Synthèse du 14ème Congrès de l’IDF, Washington DC, juin 1991. http://www-sante.ujf-grenoble.fr/SANTE/Serveur-diabèto/Complications/microangiopathie-2.html BROWNLEE Michael. Advanced Protein Glycosylation in diabetes and Aging. Ann Rev Med. 1995, 46 : 223-234 TRIGG Tim. Carnosine – Novel strategies to prevent the formation of Advanced Glycation End Productis using Carnosine and Carnosine Stabilizers. http://www.peptech.com/ncs-carn.htm |