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Cancer - Le noni, son utilisation traditionnelle validée par la recherche

Le noni, son utilisation traditionnelle validée par la recherche (1er avril 2007)

Le noni, Morinda citrifolia, est utilisé comme remède traditionnel en Polynésie depuis plus de 2 000 ans. Les Kahunas, les guérisseurs polynésiens, lui attribuent de très nombreux effets thérapeutiques, incluant des actions antibactériennes, antivirale, antifungique, antitumorale, vermifuge, analgésique, hypotensive, anti-inflammatoire et immuno-stimulante.
Des travaux scientifiques viennent peu à peu confirmer l’intérêt de son usage issu de la tradition. Ils soutiennent entre autres sa capacité à agir comme immunostimulant, à inhiber la croissance de certaines tumeurs, à accroître et normaliser le fonctionnement cellulaire et la régénération des tissus. Un certain nombre de ses vertus sont attribuées à la présence, dans le fruit du noni, de principes actifs comme la xéronine ou la morindine.


Le noni est un arbuste qui pousse principalement dans les îles du Pacifique et de la Polynésie française. On pense que les ancêtres des Polynésiens ont apporté de nombreuses plantes avec eux lorsqu’ils ont émigré du sud-est asiatique il y a 2 000 ans. Parmi les douze principales plantes médicinales les plus courantes, le noni était la seconde en termes de popularité et utilisée comme herbe médicinale pour traiter toute une variété de maladies fréquentes et maintenir en bonne santé.
Les Polynésiens utilisaient toute la plante pour leurs remèdes médicinaux. Les racines, les tiges, l’écorce, les feuilles et les fruits sont intégrés en diverses combinaisons dans plus de 40 remèdes connus de phytothérapie.
De plus, les racines étaient utilisées pour produire une teinture jaune ou rouge pour certains de leurs vêtements traditionnels et le fruit était consommé comme aliment et comme médicament. De nombreuses histoires polynésiennes parlent de héros et d’héroïnes sauvés de la famine par le noni.
Papa Kalua Kaiahua, un guérisseur polynésien contemporain, a écrit « J’ai utilisé le noni pour aider des personnes avec un cancer, des problèmes rénaux, un diabète, des tumeurs… Pour moi, le noni est la plante la plus importante utilisée en médecine1.


La xéronine, un rôle essentiel au bon fonctionnement des protéines

La xéronine est un alcaloïde métabolisé par nos cellules qui entre dans les processus de régulation de nombreuses fonctions physiologiques. Selon les recherches du Dr Ralph Heinicke qui a consacré plus de 40 ans de sa vie à travailler sur le Morinda citrifolia et ses principes actifs, la xéronine aide à élargir les pores dans les parois cellulaires, permettant aux nutriments de pénétrer plus facilement dans les cellules. En fait, elle améliore la capacité de l’organisme à utiliser les nutriments qu’il consomme.
La xéronine régule la conformation spatiale des protéines, leur repliement et le maintien de leur intégrité. Lorsqu’une protéine, comme une enzyme, un récepteur ou un transducteur de signaux, n’a pas une conformation adaptée, elle travaille mal. Dans ce cas, la xéronine va interagir avec la protéine pour la faire se plier en une conformation adéquate avec pour résultat une amélioration de son efficacité. Sans un apport suffisant en xéronine, les protéines seraient incapables de remplir convenablement leurs multiples missions vitales.

Une activité anticancéreuse

Une étude conduite en 1994 cite l’activité anticancéreuse du Morinda citrifolia sur le cancer des poumons. Une équipe de chercheurs de l’université d’Hawaii a utilisé des souris de laboratoire pour tester les propriétés médicinales du fruit sur des carcinomes Lewis du poumon artificiellement transférés dans leurs tissus pulmonaires. Les souris qui n’ont pas été traitées sont mortes en 9 à 12 jours. Celles qui ont reçu du jus de noni en doses quotidiennes consistantes ont vu leur durée de vie prolongée de plus de 50 jours2. Les chercheurs en ont tiré la conclusion que des constituants chimiques du jus agissaient indirectement en renforçant la capacité du système immunitaire à faire face à l’invasion maligne en stimulant l’activité des macrophages ou des lymphocytes. D’autres évaluations ont émis l’hypothèse que les constituants du Morinda citrifolia initiaient une stimulation de l’activité des lymphocytes T, une réaction susceptible d’expliquer la capacité du noni à traiter toute une variété de maladies infectieuses3.

La xéronine peut également être impliquée par le fait qu’elle aide à normaliser la façon dont les cellules malignes se comportent. Alors qu’elles sont toujours techniquement des cellules cancéreuses, elles ne fonctionnent plus comme des cellules à la croissance incontrôlée. Le système immunitaire de l’organisme pourrait alors être capable d’éradiquer à temps ces cellules.
Le jus de noni a montré un effet cytotoxique sur des lignées de cellules de leucémie en culture. Cet effet dose-dépendant induisait, à faible dose, l’apoptose des cellules cancéreuses et, à dose importante, leur nécrose.
Des travaux ont examiné l’effet potentiellement préventif du Morinda citrifolia au stade d’initiation de la carcinogenèse. Ils ont montré que l’ajout d’extrait de noni à l’eau de boisson d’animaux pendant une semaine prévenait la formation de lésions induites par le DMBA sur l’ADN. On sait que les dommages oxydatifs induits par les radicaux libres sont impliqués dans le développement de cancers. Les chercheurs ont comparé le pouvoir antioxydant du jus de noni à celui de la vitamine C, d’extrait de pépins de raisin et de pycnogénol. La capacité antioxydante du jus de noni était 2,8 fois plus forte que celle de la vitamine C, 1,4 fois plus importante que celle du pycnogénol et 1,1 fois plus grande que celle de l’extrait de pépins de raisin. Les résultats ont suggéré que la prévention de la formation des lésions induites par le DMBA sur l’ADN et l’activité antioxydante du jus de noni contribuent à son action préventive du cancer4.
L’effet préventif du jus de noni a été étudié sur des femelles de rats Sprague-Dawley. L’expérience a commencé 35 jours après la naissance des animaux qui ont reçu de l’eau de boisson ou de l’eau additionnée de jus de noni. Un carcinogène, du DMBA, a été administré par voie orale le 50e jour aux animaux des deux groupes. Le jus de noni a été donné pendant encore 90 jours après l’administration du DMBA. Les animaux ont ensuite été sacrifiés pour examiner les modifications pathologiques. Par rapport aux animaux témoins, ceux traités avec seulement du DMBA montraient toute une variété de lésions, incluant des hyperplasies épithéliales, des tumeurs bénignes et des carcinomes in situ. Dans le groupe ayant reçu du jus de noni, aucune tumeur bénigne ni carcinome n’ont été observés. Ces animaux avaient une histologie normale ou une légère hyperplasie. Ces résultats indiquent que le jus de noni pourrait prévenir le cancer du sein à un stade d’initiation d’une carcinogenèse chimique5.
Des effets synergiques du jus de noni avec les traitements anticancéreux ont également été mis en évidence : associé à la prednisolone, il induit l’apoptose des cellules cancéreuses. La dose de prednisolone restant inchangée, une augmentation de celle de noni provoquait un accroissement significatif de l’apoptose, suggérant que le noni peut renforcer l’efficacité des traitements anticancéreux. Lorsqu’une dose unique de Taxol induit un plus faible pourcentage d’apoptose des cellules leucémiques, le noni augmente le taux de 100 %. Cette propriété du noni à renforcer l’efficacité des médicaments anticancéreux pourrait permettre de diminuer les doses de ces derniers et d’augmenter ainsi la tolérance des patients au traitement tout en stimulant le système immunitaire.

Stimule le système immunitaire

La xéronine et d’autres composants chimiques trouvés dans le noni ont démontré leur capacité à contrôler ou détruire plus de six souches infectieuses bactériennes incluant Escherichia coli, Salmonella typhi (et d’autres types) et Staphylococcus aureus. Les composants bioactifs de la plante entière ou de portions de celle-ci ont démontré leur capacité à inhiber différentes souches de bactéries. Des rapports anecdotiques font penser que cette action du noni est particulièrement efficace à réduire la durée de certains types d’infections. Cela explique qu’il soit couramment utilisé pour traiter rhumes et grippes.
Les alcaloïdes que l’on trouve dans le noni sont capables de stimuler la phagocytose, le processus par lequel les macrophages, des globules blancs, attaquent et digèrent littéralement les organismes infectieux.
On a montré que différentes concentrations d’un extrait alcoolique de fruit de noni inhibaient la production du facteur alpha nécrosant des tumeurs, un promoteur endogène des tumeurs.
Des chercheurs du collège de médecine de l’université de l’Illinois ont observé que le thymus d’animaux traités avec du jus de noni était hypertrophié. Après que les animaux ont bu de l’eau additionnée de 10 % de jus de noni pendant 7 jours, le poids sec de leur thymus était 1,7 fois plus important que celui des animaux témoins. Dans le système immunitaire, le thymus joue un rôle particulièrement important puisqu’il génère les cellules T impliquées dans le processus de vieillissement et les cellules immunitaires. Le jus de noni pourrait renforcer la fonction immunitaire en stimulant la croissance du thymus et ainsi affecter les activités antivieillissement et anticancéreuses, et protéger d’autres maladies dégénératives.

Une activité antalgique et anti-inflammatoire

Une équipe de chercheurs français a évalué les effets antalgiques et sédatifs d’extraits de Morinda citrifolia. Sur des souris, l’extrait a montré une activité antalgique centrale dose-dépendante. Sa force est comparable à 75 % de celle de la morphine mais sans ses effets secondaires ni les risques d’accoutumance 6.
Une autre équipe a examiné ces propriétés également sur des souris : les animaux ont été répartis en quatre groupes (un groupe témoin et trois groupes recevant 5, 10 ou 20 % de jus de fruit ajoutés à leur eau de boisson pendant 10 jours). Un produit chimique a été injecté dans la hanche des animaux provoquant des tortillements dus à la douleur. Pour évaluer le degré de cette dernière, le nombre de tortillements a été enregistré pendant les 15 premières minutes qui ont suivi l’injection et a été comparé entre les quatre groupes d’animaux. Par rapport au groupe témoin, le nombre de tortillements a été réduit de 82,30 %, 74,53 % et 64,29 % dans les groupes prenant respectivement 20 %, 10 % et 5 % de jus de noni, soulignant une action antalgique nettement dose-dépendante.
Une étude a regardé l’effet d’extrait de jus de noni sur les muqueuses buccales enflammées de rats Wistar. Deux animaux ont servi de témoin et n’ont pas été traités. Les quatre autres ont été traités pendant trois jours avec l’extrait de Morinda citrifolia. Les résultats ont montré que l’extrait agissait comme un agent anti-inflammatoire7.

Utile pour le diabète

Une étude a évalué l’activité du jus de noni sur la cicatrisation de plaie chez des rats avec un diabète induit par de la streptozotocine. Les animaux ont été répartis en trois groupes : un a servi de témoin, un diabète a été induit chez les animaux des deux autres groupes. Tous les animaux ont été anesthésiés et une blessure leur a été faite. Les animaux du troisième groupe ont reçu dans leur eau de boisson du jus de noni. Des mesures de la surface de la blessure ont été prises les jours 1, 5 et 11. Des échantillons de sang ont été prélevés en même temps pour mesurer le glucose sanguin. Les résultats ont montré que le jus de noni réduisait de façon significative les niveaux de sucre dans le sang et accélérait la guérison des blessures chez des rats diabétiques8.


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1. McClatchey W., Integrative cancer therapy, 1(2), 2002 : 110-120.
2. Hirazumi A. et al., Anti cancer activity of Morinda citrifolia on intraperitoneally implanted Lewis lang carcinoma in syngenic mice, Pharmacol. Soc., 1994, 37 : 145-146.
3. Hokama Y., The effect of Noni fruit extract on thymocytes of BABB/e mouse, FASEB J., 1993, 7 : A866.
4. Wang M.Y. et al., Cancer preventive effect of Morinda citrifolia (Noni), Annals of the New York Academy of Sciences, 952(1), 161-168, doi ; 10.1111/j.1749-6632.2001.tb02737.x
5. Wang M.Y. et al., Preventive effect of Morinda citrifolia (Noni) at the initiation stage of mammary breast cancer induced by DMBA in female Sprague-Dawley rats, The proceedings of the Frontiers in Cancer prevention research, AACR, Boston, 2002 Oct 17.
6. Younos A. et al., Analgesic and behavioral effects of morinda citrifolia, Planta medica, 56 (1990) 430-434.
7. Andajani T.W. et al., The effect of Morinda citrifolia infusum on Wistar rat – IADR/ADDR/CADR 85th Session and exhibition, March 21-24 2007, New Orleans.
8. Nayak B.S. et al., Wound-healing activity of morinda citrifolia fruit juice on diabetes-induced rats, J. Wound Care, 2007 Feb, 16(2) : 83-6.