| La curcumine aide à prévenir la croissance des tumeurs
Selon de récents travaux de recherches, la curcumine possède différentes qualités pouvant en faire un agent anticancéreux important7. La plus importante de ces qualités est sa capacité antioxydante de neutraliser les radicaux libres. Les radicaux libres peuvent léser différents composants des cellules y compris l’ADN. L’effet protecteur de la curcumine contre les dommages radicalaires sur les lipides de l’ADN peuvent servir de mécanisme significatif pour aider à réduire le risque de cancer chez certains individus. Un certain nombre de données montrent que la curcumine pourrait inhiber l’incidence et la progression de tumeurs du sein. Dans une expérience, 54 rats ont été soumis à des radiations pour induire le développement d’un cancer. Un groupe d’animaux a reçu ensuite de la curcumine alors que l’autre groupe ne recevait rien. Les résultats ont montré une incidence de tumeurs mammaires beaucoup plus faible (18,5%) chez les animaux supplémentés que dans le groupe témoin (70,3%). De plus, le développement de la tumeur était retardée de six mois dans le groupe ayant reçu de la curcumine. De surcroît, la proportion d’adénocarcinomes était moitié moins importante dans ce groupe que dans le groupe témoin8. Des chercheurs ont suggéré que la curcumine inhibe la croissance des cellules tumorales par des moyens provoquant l’apoptose ou mort cellulaire et que les gènes associés à la prolifération cellulaire et à l’apoptose pourraient avoir une action chimiopréventive9. D’autres travaux émettent l’hypothèse que la capacité de la curcumine à neutraliser les radicaux libres et à inhiber l’oxyde nitrique (un composé impliqué à la fois dans l’inflammation et dans le cancer) pourrait expliquer ses activités. Dans une étude, on a montré que la curcumine neutralise directement l’oxyde nitrique et diminue les quantités de nitrate formé par réaction entre l’oxygène et l’oxyde nitrique10. De façon contradictoire, d’autres chercheurs indiquent que l’action de la curcumine ne semble pas liée à l’apoptose ni à aucun changement dans l’expression des gènes reliés à l’apoptose. Par ailleurs, des chercheurs de l’Université du Texas on démontré que l’inhibition de la tumeur semble corrélée à celle de l’activité de l’ornithine décarboxylase par la curcumine, la sur-expression de l’ornithine décarboxylase étant impliquée dans le cancer. Mais les effets anti-cancer de la curcumine ne sont pas limités au cancer du sein. Dans deux études récentes, des chercheurs de l’Université Columbia de New York ont examiné les qualités thérapeutiques potentielles de la curcumine contre le cancer de la prostate. Les chercheurs avaient découvert que la curcumine avait une forte capacité à inhiber in vitro la prolifération de cellules cancéreuses de prostates en interférant avec l’activité des protéines de signalisation, caractéristique des processus de croissance11. Plus récemment, les chercheurs ont étendu leurs travaux pour savoir s’ils pouvaient obtenir des résultats similaires sur un modèle animal. Les chercheurs ont constaté que les cellules cancéreuses de prostate injectées de façon sous-cutanée dans des souris nourries pendant six semaines avec une alimentation contenant 2% de curcumine, étaient incapables de se développer largement et subissaient une nette apoptose. La capacité de la curcumine à inhiber la carcinogenèse chimique pourrait également servir à réduire la croissance tumorale. Les carcinogènes sont des produits chimiques qui transportent un risque élevé de produire des lésions tissulaires pouvant conduire à un cancer. Dans une étude animale, on a montré que la curcumine pouvait inactiver toute une série de ces carcinogènes chimiques avant qu’ils ne causent des dommages cellulaires. Cette expérience a également démontré qu’une supplémentation avec de la curcumine peut jouer un rôle protecteur contre la formation de tumeurs. Pour évaluer l’efficacité de la curcumine comme agent anti-carcinogène, son effet a été comparé à celui d’autres composants et extraits de plantes sur le carcinome buccal squameux12. Des lignées cellulaires ont été cultivées pendant 72 heures. Ensuite, le nombre de cellules a été compté pour déterminer leur prolifération et leur croissance. Les chercheurs ont constaté que la curcumine était considérablement plus puissante que la génistéine ou la quercétine pour inhiber ce type de cancer. Seule, la cisplatine, une substance à base de platine également testée dans cette étude, s’est révélée plus efficace.
|